Le nom du vent – Patrick Rothfuss

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Improbable mais incroyable !

nom_du_ventLe nom du vent est le premier roman de l’auteur américain Patrick Rothfuss, ainsi que le tome inaugural d’une trilogie, Chronique du tueur de roi (et pour une fois, on est certain qu’elle ne se transformera pas en « trilogie en cinq volumes », pour des raisons que je vais vous expliquer plus loin). Il s’agit en fait du début de l’autobiographie de Kvothe, un aventurier, magicien et musicien légendaire devenu aubergiste (si, si). Il fait son récit à un scribe surnommé Chroniqueur, sur trois jours, chacune de ces journées correspondant à un des romans de la trilogie (vous comprenez donc pourquoi il est impossible d’étendre le nombre de volumes, comme c’est devenu l’énervante habitude ces derniers temps. Par contre, nous avons déjà eu droit à un spin-off, La musique du silence). Les tomes 1 et 2 sont d’ores et déjà parus (et traduits), tandis que le troisième se fait désirer.

Ce roman est précédé d’une grosse réputation. Malgré le fait que le palmarès de Patrick Rothfuss reste pour l’instant modeste en terme de prix littéraires prestigieux, son livre a eu un impact assez considérable. Cette aura est-elle justifiée ? Mais carrément, oui !

Genre, ressemblances

Voilà une question assez épineuse. Je le vois souvent classé en High Fantasy, mais même si ce livre relève de certains des codes de ce sous-genre, j’aurais personnellement du mal à l’y caser. Tout simplement parce qu’il relève aussi de certains codes de l’Heroic, voire de la Dark Fantasy (Kvothe et Denna, notamment, ont une moralité plus souple et une psychologie plus complexe qu’un protagoniste ou personnage secondaire de High Fantasy typique, dans son genre tout l’arc dans la ville de Tarbean est plutôt sordide, et enfin, lorsque le héros subit un traumatisme psychologique, il ne met pas trois jours pour s’en remettre mais bien trois ans). Bref, j’ai choisi de le classer simplement en Hard-Fantasy pour le moment (pour la description réaliste du financement des études, ainsi que les parties magiques et techno-magiques de l’univers) pour le moment.

Bien que Le nom du vent ait (paradoxalement -vous allez comprendre pourquoi-) une identité propre assez puissante, il est aussi très inspiré par le cycle de Terremer d’Ursula Le Guin, particulièrement Le sorcier de Terremer et Tehanu. Du second, il garde certains passages assez sordides et coup de poing, plus le fait qu’un très grand personnage de ce monde vive incognito dans un milieu campagnard (cf Tenar et Ged). De plus, il présente de très puissantes ressemblances avec la partie apprentissage de la magie d’Épervier à Roke (y compris un Ambrose qui n’est qu’une copie plus malveillante de Jaspe), ainsi qu’avec le système de magie développé par Ursula Le Guin (je vais y revenir). Même l’écriture a une relative parenté avec celle de l’autrice, notamment dans l’atmosphère douce-amère qui baigne certains passages de la vie de Kvothe.

On peut aussi rapprocher Rothfuss de Guy Gavriel Kay, notamment du fait de la très grosse importance accordée à la musique et aux disciplines artistiques en général (chant, poésie) dans le monde et l’intrigue, mais aussi via le soin apporté aux personnages féminins ou l’absence d’événements épiques au profit d’une histoire moins héroïque, plus tranquille (à part l’épisode avec le dragon, qui, au passage, rappelle aussi les aventures de Ged).

Sur le plan de l’écriture, je rapprocherais Patrick Rothfuss de David Gemmell, à la fois dans le style et l’effet produit sur le lecteur, proche d’un véritable envoûtement. Le bouquin est énorme, mais c’est d’une stupéfiante facilité à lire. Voilà une fois de plus, s’il le fallait, la preuve que les élitistes font fausse route avec leur mépris pour les phrases courtes, le style direct et le vocabulaire à la portée de tous. Car il ne faut pas s’y tromper : il y a une technique et un travail considérables derrière ce style très accessible. La différence, par rapport à un Jaworski par exemple, c’est qu’elle ne vous saute pas à la figure, ce n’est pas la première, voire la seule chose que vous voyez. Demandez à n’importe quel théoricien ou professeur d’écriture : la vraie (bonne) technique ne se voit pas, elle s’efface au profit de l’immersion dans l’univers et l’intrigue, elle se vit. Et ici, comme chez Gemmell, nous sommes très exactement dans ce cas.

Enfin, la magie (du moins l’une des sortes de sorcelleries présentées dans ce livre) rappelle celle, très « scientifique », de K.J. Parker dans Les couleurs de l’acier, ou plus généralement la Fantasy partiellement inspirée par la SF qui est une des pistes de renouvellement du genre et dont je vous parlais dans cet article.

Bref, mélanger Le Guin, Kay et Gemmell tout en conservant une forte identité propre, cela paraît très improbable, mais Patrick Rothfuss l’a fait. Chapeau bas, l’artiste !

Bases de l’intrigue, structure, ambiance(s)

kvotheLa structure de ce roman est très particulière : il commence en nous racontant les derniers événements mystérieux qui se déroulent dans une cambrousse reculée, autour d’un aubergiste apparemment banal nommé Kote (non, ce n’est pas une erreur). En parallèle, on nous montre les mésaventures d’un voyageur, un certain Chroniqueur (c’est un nom de plume). Le chemin de ces deux individus va se croiser, et le second, qui est un célèbre démystificateur (il a notamment, hum, « prouvé » que les dragons n’existaient pas), un grand collecteur de récits et archiviste d’événements, va reconnaître en « Kote » le légendaire héros Kvothe, qui a disparu de la circulation et que beaucoup croient mort. Etant donné que ce dernier a une réputation assez contradictoire (le téléphone arabe n’y est pas étranger, comme c’est prouvé en fin de livre d’une façon assez jouissive), et que certains, avec la distance et l’oubli, commencent à parler d’un assassin plutôt que d’un héros ou même du fait que le personnage n’a, en réalité, jamais existé, les deux hommes conviennent de rétablir la vérité en rédigeant la chronique, l’autobiographie, de Kvothe. D’habitude, un tel exercice ne prend à Chroniqueur qu’un jour, deux au pire. Le héros, lui, en demande trois. Le nom du vent raconte le récit fait lors de la première de ces trois journées.

Vous pourriez donc penser qu’après la partie introductive (assez longue, d’ailleurs) dans le présent, tout le reste du livre se déroule dans le passé. Eh bien non. Il y a plusieurs interludes qui nous ramènent dans le présent, au beau milieu du récit de l’enfance, puis de l’adolescence de Kvothe. Autant le dire tout de suite, pour moi ces interludes sont un des rares points faibles du roman : en effet, ils cassent très brutalement l’immersion, d’autant plus qu’ils ont une désagréable tendance à être situés juste après une scène à très fort potentiel émotionnel.

Le récit de la jeunesse de Kvothe fait alterner des ambiances très différentes : de son enfance, heureuse, au sein du peuple des Edema Ruh (pensez musiciens, jongleurs, chanteurs et comédiens itinérants, mais attention, pas du romano de base, plutôt la crème de la crème du baladin) au début de son adolescence, particulièrement glauque, puis à sa vie à l’Université (comprenez : école de magie), un peu entre les deux, nous suivons un Grand Huit émotionnel qui reste cependant toujours prenant, voire passionnant. L’auteur, malgré le fait qu’il s’agit d’un premier roman, est habile, utilisant avec pertinence des techniques (que, pourtant, d’habitude, je n’apprécie guère) telles que le cliffhanger et le teasing (le fait de faire de l’auto-Nostradamus en disant « mais en fait ça ne s’est pas passé du tout comme je l’avais prévu » ou « si j’avais su ce qui m’attendait », bref d’aiguiser la curiosité du lecteur en lui donnant un avant-goût de ce qui l’attend).

Le plus ahurissant là-dedans, c’est que ce qui est raconté n’était pas fait, à la base, pour me passionner : dans ce roman initiatique, on suit les difficultés d’un ado en galère (il est d’ailleurs remarquable de voir qu’il insiste sur les difficultés du héros à financer ses études de magie, chose qu’on voit très rarement d’habitude, même chez les meilleurs ou les plus connus dans le domaine, comme Le Guin ou Rowling), ses premiers émois amoureux, ses rivalités avec certains camarades de classe, etc. De plus, niveau épique, c’est plutôt maigre, et niveau baston, encore plus. Mais par contre, certaines parties du texte, certains personnages, font preuve de cette nonchalance, de cette tranquillité champêtre, de cette couleur émotionnelle d’une journée d’automne ensoleillée, qui envoûte tant dans la Fantasy de Le Guin ou de Kay. Et puis évidemment, il y a cette écriture qui vous happe et ne vous lâche plus, exactement comme dans un Gemmell. Pour ma part, un livre aussi prenant, que je lis sans effort, avec avidité, j’en croise environ un par an, et encore, les bonnes années…

La temporalité est, comme nous l’avons vu, double : dans le monde du présent, elle correspond à une seule journée, tandis que le récit du passé de Kvothe correspond environ à ses seize premières années d’existence. La narration change également : elle est à la troisième personne dans le présent, à la première (c’est une autobiographie par Kvothe, après tout) dans le passé.

Système(s) de magie

A moins que vous ne soyez un auteur de troisième zone (et une grosse feignasse, qui plus est) ou un lecteur qui ne connaît pas grand-chose à la Fantasy, vous savez, d’expérience, pour en avoir lu des exemples, qu’un système de magie détaillé, décrit avec précision, n’est en rien incompatible avec un sentiment de merveilleux ou d’immersion dans un monde fantastique. De plus, décrire avec minutie un monde imaginaire, ses personnages, ses créatures, ses systèmes politiques, etc, mais pas son élément fondamental, à savoir sa magie, c’est légèrement faire preuve de schizophrénie sur les bords. Bref, les auteurs anglo-saxons l’ont bien compris, et depuis un certain temps, ils rivalisent d’imagination pour inventer un système de magie original. Sauf que Patrick Rothfuss n’a pas décrit un système de magie… mais trois ! (en fait, il y en a même quatre, mais on nous parle très peu d’alchimie dans ce tome 1).

Il me faut cependant nuancer : si le Sympathisme est assez original, en revanche le système de Noms sort tout droit de chez Ursula Le Guin et la Sygaldrie (mage des runes, disons) relève de la tradition magique nordique (ou de L’œil noir ; sans compter qu’on a pu croiser quelque chose d’approchant chez de nombreux auteurs, y compris chez Le Guin). Mais j’ai par contre beaucoup aimé l’idée qu’une rune était du « Sympathisme (= de la magie) solidifé(e). Il n’empêche, j’ai beaucoup apprécié le soin mis à décrire le Sympathisme, ainsi que l’aspect très concret de la fabrication d’objets magiques, des études, du passage des « grades », du financement des sessions et de ses difficultés, et ainsi de suite. Je le disais plus haut, mais le Sympathisme est quasiment scientifique dans la façon dont il est décrit : lorsque Rothfuss parle d' »esprit compartimenté multitâche », ça évoque presque un processeur informatique multicœur traitant les sortilèges (les liaisons sympathiques, ici) comme des équations.

Toutefois, tout ceci est très inspiré, une fois encore, par Ursula Le Guin et Terremer : du nombre de maîtres à certains de leurs titres (neuf, dont un « maître Nommeur »…), du fait que Kvothe soit aussi dangereusement doué, précoce ET irréfléchi que Ged, du professeur qui prend son élève en sympathie et lui fait sauter les étapes à l’élève d’origine noble qui rabaisse systématiquement le héros, en passant par la distinction entre les vrais Mages qui ont reçu un enseignement à l’école de magie et les autres, les points communs sont légion. Au passage, il y en a aussi avec Harry Potter, comme le prof qui prend en grippe Kvothe, les camarades de chambrée inséparables, etc.

Mais au final, ces études et cette école de magie seront, pour moi, une nouvelle référence dans ce domaine, avec Le sorcier de Terremer.

kvothe_auri

Personnages

Il y a beaucoup de points admirables dans Le nom du vent, mais les personnages et leurs péripéties sont sans conteste un des plus importants. Entre les mains d’un écrivain moins doué, ce roman initiatique aurait aisément pu donner une niaiserie Young adult sans grand intérêt, mais Rothfuss a su décrire les problèmes d’un adolescent défavorisé (d’argent, de cœur, etc) sans jamais donner dans le convenu ou le gnan gnan. De même (et c’est là que je ne suis pas tellement d’accord pour classer ce bouquin en High Fantasy), des personnages comme Kvothe ou Denna sont loin d’être parfaits ou monodimensionnels : la jeune fille se « vend » pour s’assurer une existence confortable, ce n’est pas une chaste damoiselle en détresse, et notre héros a un côté realpolitik hérité de ses trois années de galère dans la rue qui l’éloigne carrément du parangon de vertu type Seigneur des anneaux : s’il faut mentir à ses maîtres (ou faire usage de ses dons de comédien), manipuler, crocheter, voler, il le fait, même si, globalement, c’est un type bien avec un vrai code de l’honneur. On fait ce qu’il faut pour survivre ou atteindre ses buts, et personne ne juge personne.

L’auteur brille aussi sur les personnages secondaires, que ce soit les mystérieux Auri ou Elodin, les maîtres, Ben, les parents de Kvothe, les tenanciers de bar, Bast, Chroniqueur ou les énigmatiques Chandrians. Le seul qui m’a laissé un sentiment mitigé est Ambrose, car il est beaucoup trop stéréotypé à mon goût. Et puis aussi le fait que Kvothe soit aussi extraordinairement doué et rapide dans l’assimilation de nouveaux concepts, ça m’a paru, là aussi, convenu. Surtout que sur ce coup là, Rothfuss ne brûle pas les ailes du jeune homme comme Ursula Le Guin l’a fait avec Ged.

La relation Kvothe – Denna… Ah, quel délice ! Rothfuss aurait pu se planter, en faire une amourette larmoyante propre à émouvoir la pisseuse de base, mais non, cette relation est tellement adulte ! La façon dont notre héros décrit la jeune femme à un de ses camarades, qui la croit malfaisante, est un chef-d’oeuvre de subtilité et de construction de personnages (et de la dynamique de leurs relations). Du grand art.

En conclusion

J’ai été happé et enthousiasmé par ce roman, alors que si je l’analyse attentivement, c’était complètement improbable. Le palais construit est certes magnifique, mais si on regarde bien, on s’aperçoit que toutes ses briques sont du déjà-vu ailleurs, que ce soit chez Le Guin (surtout), Kay, Rowling, Gemmell ou d’autres. Et pourtant, au final, la construction a son identité propre, elle ne ressemble plus vraiment à quelque chose d’autre.

Outre le style d’écriture particulièrement fluide et immersif (le roman est énorme mais se lit à une vitesse folle), c’est l’habileté dans la construction des personnages et dans la description des péripéties qui m’a bluffé. Alors qu’il n’y a quasiment rien d’épique et que nous sommes sur du roman initiatique « banal », l’auteur ne sonne jamais Young Adult ou gnan gnan, et rend ses protagonistes particulièrement crédibles (signalons aussi de très beaux personnages féminins). Et au final, on est ferré, avec une seule idée : lire la suite ! Alors certes, il y a bien quelques défauts (notamment les interludes qui cassent l’immersion, et souvent au plus mauvais moment), mais franchement, on s’en fiche, tant Le nom du vent n’est en fait pas un roman mais bel et bien un sortilège, qui va vous envoûter. Il fait partie de ces livres que, même des années après les avoir lus, on ne peut oublier.

Les illustrations sont l’oeuvre de Rynisyou et de Manweri.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle de Boudicca sur le Bibliocosme, de l’Ours inculte, de Lutin sur Albedo, d’Aurélia sur Ma Lecturothèque, de Blackwolf sur Blog-o-livre, de Maned Wolf sur Déjeuner sous la pluie, du Tanuki,

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32 réflexions sur “Le nom du vent – Patrick Rothfuss

  1. C’est un bouquin qui m’est tombé des mains, mais je me suis forcé à en lire un tiers quand même. Ce qui fait tout de même beaucoup de pages… C’est le côté « c’est l’histoire du fils caché de Léonard de Vinci, Paganini, Casanova, et Conan » qui m’a gonflé. Dans ce (très long) premier tiers, je n’ai pas trouvé qu’il s’y passait non plus des choses originales et intéressantes et je me suis lassé d’attendre que ça démarre vraiment. En plus, s’il y a bien un truc qui ne m’intéresse pas c’est la description des systèmes de magie (je suis sorti de mon époque lecture du manuel de Donjons & Dragons depuis longtemps). La magie doit opérer sans qu’on m’explique le « truc ».

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    • Je suis tout à fait d’accord (et je le souligne dans ma critique) sur le fait que faire de Kvothe un tel surdoué est agaçant. et c’est vrai que ce qui se passe n’est pas follement original. Par contre, de mon côté, j’ai vraiment accroché, et c’est le fait qu’on ne m’explique pas la magie qui me sort d’un bouquin.

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    • « Demandez à n’importe quel théoricien ou professeur d’écriture : la vraie (bonne) technique ne se voit pas, elle s’efface au profit de l’immersion dans l’univers et l’intrigue, elle se vit. »
      Dans mes bras ! * petit sanglot d’émotion *

      Sinon tu ne lis ce roman…que maintenant ? o.O
      Ho ho, ha ha…

      Bon, excellent commentaire, très intéressant, riche en références.
      J’ai adoré ce roman, si parfaitement raconté. En revanche la suite, malgré ses évidentes qualités littéraires, m’a beaucoup déçue. Si l’auteur veut ratrapper le coup, il aurait bien intérêt à faire 5 tomes dans sa trilogie ! 😀
      Enfin, sur Amazon.fr je suis la seule de cet avis, alors si tu lis ce tome 2, je serai bien curieuse d’avoir le tien ! 🙂
      (En attendant la suite, pas pressé le barbu, franchement on de demande à quoi occupent leur journées certains auteurs… 3:)

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      • Oui, la High Fantasy n’est pas trop mon truc, et je me méfie des larges consensus, qui signent souvent des romans peu novateurs ou prenant peu de risques. D’où le fait que j’ai laissé de côté Le nom du vent pendant quelques années.

        Le tome 2 est prévu en juin 2018 (si le programme est respecté…).

        C’est vrai qu’il n’est pas particulièrement pressé. En même temps, vu les attentes et l’attente, il n’a pas intérêt à se planter, donc la pression doit être assez énorme.

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  2. Pingback: Le nom du Vent – Patrick Rothfuss – Albédo

  3. Eh bien, que d’éloges ! 🙂
    Ça me donne encore plus envie de le lire, mais… chaque fois, je me souviens que le tome 3 n’est pas là de voir le jour alors je refuse de me laisser tenter :/

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      • Lol c’est un argument ^^ mais j’ai déjà commencé des séries qui n’ont jamais été finies, et ça me frustre considérablement oO ! Lol

        Puis, j’ai une résolution depuis peu : ne pas commencer une série dont je n’ai pas la fin 😀
        Après, les gros pavés ne me font pas peur, donc ^^

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  4. J’en garde un tres bon souvenir, par contre l’attente commence a être longue pour la fin, il nous la joue pire que Martin la, du coup je suis de moins en moins pressé de le voir arrivé.

    Le post de bragelonne pour la série qui remplace le bouquin c’était leur poisson d’avril pas drôle de 2016 il me semble.

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    • Après, s’il nous pète un troisième roman beau à chialer, l’attente aura valu le coup, je pense.

      Pas impossible pour le post de Bragelonne, vu qu’il est daté du 31 mars. Dans le doute, je retire le lien de la critique. Merci 🙂

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  5. tu sais déjà combien je suis d’accord avec toi sur le rapprochement avec Terremer et la magie de Ursula Le Guin. C’est ce qui m’a vraiment frappée, sans que ce soit péjoratif ou que je veuille minimiser Le Nom du Vent, car il a été plus loin encore. C’est vrai pour le parallèle avec Kay et l’importance de la musique et des arts, après la lecture de 2 romans de l’auteur, la comparaison est naturelle.
    En France nous faisons un fixette sur le « style » d’un auteur, mais ce n’est pas approprié à toutes les littératures. ET c’est le travers à mon avis de la fantasy française : les auteurs tentent de nous faire du style au détriment de la poésie intrinsèque à un univers – pu pour ce qui est plus dark, au détriment de toute la complexité et la nuance des mondes construits. Généralement, je les trouve du coup « charmante » mais manquant beaucoup de puissance – évocatrice je dirai. Je te rejoins donc sur le fait qu’une bonne écriture ne se voit pas, elle s’efface (sauf dans le cadre de la poésie).
    Le seul point ou je ne sois pas 100% d’accord avec toi c’est sur Denna – je ne parle pas de l’histoire d’amour en elle-même – que j’ai eu plus de mal à cerner, mais nos points de vue ne sont pas incompatibles. Elle est bien écrite, mais elle m’agace.
    Autrement, oui un super roman et j’ai hâte de lire la suite. Mais, je pense que mon avis avais déjà souligner que j’avais beaucoup aimé.

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    • Complètement d’accord avec toi concernant le « travers » de la Fantasy française. C’est bien pour cela que j’en lis peu et en apprécie encore moins.

      Je ne sais pas trop si on peut dire que Rothfuss est allé plus loin que Le Guin : si les bases sont très similaires, je pense surtout qu’ils en sont partis pour aller dans deux directions différentes, l’une n’étant pas forcément plus élaborée ou intéressante que l’autre. Elles sont, je crois, juste différentes, avec une emphase mise sur des points ou des morales divers(es).

      C’est vrai que j’ai eu du mal à cerner Denna, jusqu’à ce que l’auteur me donne les clefs avec sa comparaison avec une tempête (cruelle dans ses conséquences, mais pas malveillante).

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  6. Je suis contente de voir que tu as aimé, ça fait partie de mes très belles lectures de ces dernières années 🙂 Je te rejoins tout à fait à propos des personnages (et notamment des personnages féminins) et du parallèle avec Kay et Gemmell (je ne connais pas encore assez Le Guin pour juger^^)

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      • Dans quel ordre faut il lire le cycle de Terremer ? Sinon content que tu aies aimé le nom du vebt : ces un de mes plus gros coups de coeur de ma. Ie de lecteur. Mais Rothfuss galère à écrire le dernier tome …peut-être pour 2018 ?

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        • Croisons les doigts pour 2018 !

          L’ordre de lecture tenant compte de la chronologie interne de cet univers le plus logique serait le suivant (nouvelle = texte des Contes de Terremer) :

          Le trouvier (nouvelle) –> Les os de la terre (nouvelle) –> Le sorcier de Terremer –> Les tombeaux d’Atuan –> L’ultime rivage –> Tehanu –> Libellule (nouvelle) –> Le vent d’ailleurs. Les autres nouvelles des Contes de Terremer que les trois citées peuvent être lues un peu n’importe quand. Personnellement, je les ai lues à parution, donc avant Le vent d’ailleurs mais après avoir lu les tomes 1-4.

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  7. Chouette que ce livre t’ait plu autant ! J’ai mis un peu de temps à me mettre dedans mais j’ai vraiment été emportée par la plume et l’histoire, et j’ai hâte de lire la suite 🙂
    Ta chronique me donne encore plus envie de découvrir le Guin, au passage, encore un de ces auteurs auxquels il faut que je m’attaque…
    J’ai beaucoup aimé la relation entre Denna et Kvothe aussi, elle est déroutante mais au moins ça ne tombe pas dans le niais-marshmallow 🙂 et de manière générale, ça n’a rien d’un roman YA effectivement (et c’est très bien comme ça) !
    Il doit avoir une sacrée pression pour le dernier tome, j’espère qu’il ne perdra pas ses moyens ce cher Patoche 😉
    En tout cas super chronique, très complète et intéressante comme d’habitude 🙂

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    • Merci 🙂

      Oui, j’imagine qu’il a la pression, mais bon, il s’est déjà passé 6 ans depuis la sortie en VO du tome 2, et 10 depuis le tome 1… S’il continue comme ça, il va falloir qu’il se rebaptise Patrick R.R. Martin 😀

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      • C’est une des raisons pour lesquelles j’aime lire des séries terminées. Pas pour l’ensemble des auteurs, car nous avons un décalage avec les anglo-saxons et les suites sont souvent écrites ou bien avancées quand c’est traduit chez nous. Et il y a des auteurs fiables également.
        Il y a des séries prometteuses qu’il vaut mieux éviter pour l’instant car l’auteur est en « panne » et être à 2/3 du chemin, c’est ennuyeux et frustrant. J’ai hésité avec Le Nom du Vent, j’espère que ce ne sera pas pour des prunes.

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        • Pour ma part, comme de toute façon il se passe au mieux des mois, voire plus d’un an entre la lecture de deux tomes d’un cycle, je n’attends pas qu’il soit terminé pour le commencer : le temps que j’arrive au point où je suis en mesure de lire le tome suivant, il est le plus souvent paru, au moins en VO. De plus, entre les auteurs qui peuvent décider d’abandonner un cycle, les éditeurs qui peuvent refuser de le continuer parce qu’il n’est pas rentable ou les gens qui meurent en cours de route (ça arrive, malheureusement), il y a une chance non négligeable que n’importe quelle saga ne connaisse jamais de fin, donc autant lire ce qui est disponible.

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          • Je te rassure, je n’attends pas que tout soit terminé! 😉
            Heureusement, mais j’aime beaucoup le fait de pouvoir lire une trilogie dans un temps assez restreint. Pas dans l’optique d’enchainer les tomes les uns à la suite. Mais, ej n’apprécie pas d’attendre 6 à 8 ans entre deux romans. Un an ou quelques mois ne me dérangent pas.

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  8. Sentiment très ambivalent sur ce roman, en ce qui me concerne. Bien d’accord avec toi sur le style : c’est très écrit, travaillé, mais sans jamais devenir surchargé ou assommant, bien au contraire. C’est marrant que tu le compares à Gemmell, je vois pourquoi d’ailleurs, mais pour ma part cet aspect « puissance d’évocation par le mot juste » m’a plutôt fait penser à l’écriture de Robin Hobb (en mieux, ce qui n’est pas un petit compliment dans ma bouche). La traduction est très réussie également, ce qui est heureux, il n’aurait vraiment pas fallu se rater sur ce coup-là.
    Bref c’est carrément beau, on est sous le charme, et même au-delà du style il y a un tas de petits trucs séduisants dans ce roman, qui nous font facilement oublier le manque de fun et d’action. Le problème que j’ai eu avec cet ouvrage, c’est plutôt après la lecture. Contrairement à ce que tu dis dans ta conclusion, je me suis aperçu assez vite qu’il ne m’avait laissé qu’un souvenir superficiel, au point que je me suis senti presque floué. Bizarre et compliqué à expliquer, mais disons que ça m’a légèrement donné l’impression d’être une femme qui aurait eu affaire à un « beau-parleur », charmée sur le moment mais se demandant une semaine plus tard ce qu’elle avait bien pu lui trouver 😀
    D’ailleurs, je trouve toujours une bonne excuse pour repousser la lecture de la suite, pourtant parue depuis des années. Au bout du compte et avec le recul, je dirais que le Nom du Vent me fait l’effet d’un roman peut-être trop apprêté, vaguement superficiel, sans véritable porte d’entrée pour l’implication émotionnelle (ce genre de livre qui donne l’impression étrange de ne pas avoir besoin de son lecteur, si quelqu’un voit ce que je veux dire).

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  9. J’en entends parler depuis tellement longtemps mais je n’ai pas encore franchi le pas… En revanche, le fait que tu le rapproches de Gemmell, je vais reconsidérer la question!

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    • C’est vrai que la taille de ce roman peut le rendre « intimidant » et faire qu’on en repousse sans arrêt la lecture. En tout cas, c’est ce qui m’est arrivé. Mais c’est d’une facilité et d’une fluidité assez stupéfiantes à lire, et c’est probablement moins difficile à digérer que certains livres de 400 pages bien moins intéressants.

      Si tu as aimé Terremer, je pense effectivement que tu vas trouver Le nom du vent extrêmement intéressant. Je suis curieux d’avoir ton avis dessus, donc.

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  10. Pingback: Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : partie 5 – Autres sous-genres de la Fantasy | Le culte d'Apophis

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