Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : partie 5 – Autres sous-genres de la Fantasy

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ApophisAvant de nous attaquer à d’autres genres des littératures de l’imaginaire, nous allons finir notre exploration des sous-genres de la Fantasy avec ceux qui ne peuvent être considérés ni comme majeurs (tel que j’ai défini ce terme), ni comme en développement rapide et massif, ni comme constituant probablement les fondamentaux de la Fantasy de demain. Il n’est évidemment pas question d’examiner chacun d’entre eux, car il y en a des dizaines et car il n’est pratiquement pas une année ou même un mois sans qu’une nouvelle sous-classification émerge (ou une variante / redéfinition de la classification précédente…) chez les spécialistes. Je vais juste examiner certains sous-genres intéressants, émergents ou ayant / ayant eu une certaine importance dans l’histoire du genre. 

Je vous rappelle que comme chaque article de cette série, celui-ci reflète ma conception personnelle de la taxonomie de la SFFF, et ne correspondra donc pas forcément à celles que vous pouvez trouver par ailleurs sur le net ou dans des ouvrages spécialisés.

Light Fantasy

La Light Fantasy (ou Comic Fantasy chez les anglo-saxons) est, comme son nom l’indique, caractérisée par son ton léger et humoristique, parfois (mais pas toujours) parodique d’autres sous-genres se prenant plus au sérieux (la High Fantasy en tout premier lieu). Alors attention, la fantasy humoristique a tellement été marquée, dans l’esprit du lecteur français, par l’image de l’univers de Terry Pratchett, qu’il est important de se souvenir que ce dernier n’en constitue qu’un exemple extrême, et qu’il y a tout un spectre de livres pouvant être classifiés en Light Fantasy sans pour autant présenter ce genre de délire.

Ce n’est pas forcément parce qu’il y a deux-trois traits d’humour dans un roman que cela en fait automatiquement un livre de Light Fantasy : il faut vraiment que, sous une forme ou une autre (parodie de la Fantasy plus sérieuse -ou de ses personnages, cf le légendaire Cohen le Barbare chez Pratchett-, ajouts d’éléments ridicules ou complètement loufoques, défauts exagérés des personnages -principaux ou secondaires- qui apportent un élément comique au héros ou à la réalisation de sa quête, etc), le côté humoristique, ne se prenant pas au sérieux et léger prenne le pas sur tout le reste, ou au minimum soit présent de façon très significative, à un point tel qu’il sera automatiquement associé à la présentation de l’oeuvre.

Dans l’esprit des gens, la Light Fantasy se réduit le plus souvent à Terry Pratchett, ce qui revient à oublier qu’il y en a eu bien avant lui (citons Fritz Leiber ou Lyon Sprague de Camp, le grand ami de monsieur Louinet) et qu’on continue à en sortir après son décès (cf le récent Kings of the wyld, opérant dans le registre de la parodie). C’est par exemple faire l’impasse sur Piers Anthony et son (interminable) cycle de Xanth, ou encore sur le très prolifique Tom Holt (alias K.J. Parker).

Notez que certains opposent Light (dans le sens léger) et Dark Fantasy, en faisant des genres irréconciliables, alors que d’autres font remarquer que des livres comme ceux de Joe Abercrombie arrivent à mêler humour et noirceur en un ensemble harmonieux.

Certains d’entre vous risquent de me demander pourquoi, malgré la notoriété et les ventes de Pratchett, je n’ai pas classé la Light Fantasy parmi les sous-genres majeurs : c’est tout simplement dû au fait que malgré cette figure de proue (à laquelle on peut aussi associer Piers Anthony, du moins au sein du lectorat anglo-saxon), la Fantasy humoristique reste, comparativement, un sous-genre marginal par rapport aux masses de livres de High, de Dark ou d’Urban Fantasy publiées chaque année. C’est aussi dû au fait que son influence est restée marginale, en tout cas pas à la hauteur de l’Heroic Fantasy ou de la Sword & Sorcery, qui soit ont inspiré des milliers d’auteurs, soit au contraire ont impulsé un mouvement devant proposer quelque chose de radicalement différent (= la High Fantasy, où l’aventure ne se réduit pas à assouvir les désirs égoïstes du héros mais à sauver le monde dans une perspective altruiste).

Colonial Fantasy

Comme son nom l’indique, cette Fantasy est modelée sur la période des empires coloniaux post-1492 et centrée sur… le colonialisme (étonnant, non ?). Elle peut se dérouler dans le cadre historique, réel, ou dans un monde complètement imaginaire. Elle peut se placer du côté des colonisateurs… ou des colonisés.

Vous trouverez deux exemples de livres pouvant (entre autres) être classifiés dans ce sous-genre sur le blog : Les mille noms de Django Wexler et surtout La souveraine des ombres de Chris Evans. Si, dans les deux cas, ces romans sont avant tout de la Flintlock Fantasy et de la Fantasy militaire, cela ne veut en rien dire que la Colonial Fantasy se réduit à ces caractéristiques.

En tout cas, du fait de la profondeur des thèmes forcément abordés (colonialisme, impérialisme, souvent esclavagisme, etc), cette Fantasy s’inscrit dans un certain renouveau du genre qui émerge ces dernières années, et qui consiste à moins se placer dans une optique de divertissement pur et plus dans celle de faire réfléchir, qui était jusque là plus typique de la SF que de la Fantasy. Elle s’inscrit également, de fait, dans le changement de cadre (s’il se place dans les colonies, il sera forcément d’inspiration non-européenne) et d’époque (qui ne sera pas médiévale) qui est un des axes de renouvellement du genre, jusqu’ici ultra-marqué par un cadre de type européen à la technologie et au degré de développement politique et social de type médiéval.

Fantasy Arthurienne

La Fantasy Arthurienne est, comme son nom l’indique, celle qui exploite la légende du Roi Arthur, de Merlin, d’Excalibur, de Guenièvre, Lancelot, etc. Cela peut se faire selon deux perspectives : raconter à nouveau cette histoire mais cette fois vue au travers d’un prisme fantastique, ou s’en inspirer, créant un monde et des personnages qui, en tout sauf en nom, rejoueront une partition identique ou similaire.

De nombreux auteurs et cycles emblématiques opèrent dans ce registre : citons évidemment Marion Zimmer Bradley et son cycle d’Avalon, mais aussi le cycle Les pierres du pouvoir par David Gemmell ou encore le cycle de Pendragon de Stephen Lawhead.

Et puis évidemment, comment ne pas citer notre Kaamelott national, qui mêle aux codes Arthuriens ceux de la Fantasy popularisés par le Jeu de rôle (AD&D et Warhammer en tout premier lieu, avec notamment la mention de Skavens) ?

Fantasy érotique

Il existe de nombreux sous-genres des littératures de l’imaginaire qui se concentrent sur les relations amoureuses (je ne parle pas forcément de relations charnelles, mais plutôt d’un lien de nature romantique entre deux individus), en général entre les protagonistes. Selon la part que prend la romance dans l’intrigue, la nature du monde (imaginaire ou réel, médiéval ou moderne) et le niveau de détails dans la description des relations sexuelles entre les personnages, on distingue la Romantic Fantasy (médiévale-fantastique), la Paranormal Romance (plutôt urbaine et moderne) et la Fantasy érotique. Ce qui différencie cette dernière des deux autres est essentiellement son côté explicite, puisqu’elle décrit avec d’amples détails ce que les autres se contentent de suggérer.

Notez, pour l’anecdote, que certains distinguent la Romantic Fantasy (où les éléments fantastiques sont prédominants) de la Fantasy Romance, où l’emphase est plutôt mise sur la romance que sur ces derniers.

Même à l’intérieur de la Fantasy érotique, il y a des gradations, certains romans étant à la limite du porno, le cadre fantastique, l’intrigue et la caractérisation des personnages y occupant parfois une place très réduite. On pourrait résumer cela en disant que alors que dans un livre de Romantic Fantasy / Paranormal Romance / Erotic Fantasy « normal » il y a un plus ou moins grand nombre de scènes amoureuses plus ou moins explicites insérées dans une intrigue, dans ce genre de porno-fantasy, il y a une très vague intrigue insérée (lorsqu’on y pense) entre une multitude de scènes de sexe ultra-explicites (et pour mon plus grand malheur, j’ai lu un de ces livres, sans avoir pris conscience de ce dans quoi je m’embarquais : il s’agissait du médiocre Fimbulwinter).

On peut lire sur le net que certains spécialistes contestent l’existence de l’Erotic Fantasy en tant que sous-genre à part entière, parlant de « simple étiquette marketing ». Je ne suis pas d’accord avec cette position : je pense, pour ma part, que la Fantasy érotique est en quelque sorte un sous-sous-genre, qui ne saurait à lui seul suffire à classer un roman (qui relèvera donc, à la base, de la Fantasy classique, de l’Urban, etc), mais qui donne une idée claire de son ton, de son ambiance, de ce que le lecteur pourra trouver dedans et du côté explicite ou pas de la chose. On parlera donc, à mon sens, d’ouvrage d’Urban Fantasy ou de Paranormal Romance relevant en plus, du fait de la part des scènes de sexe / érotiques et de leur côté sulfureux ou explicite, de l’Erotic Fantasy.

Il faut aussi prendre en compte le fait que certains livres, et pas des moindres, ne relèvent pas de l’Urban Fantasy ou de la Paranormal Romance (soit parce qu’ils ne se passent pas dans un cadre moderne, soit parce que s’il y a bien du sexe, il n’est nullement question de romance), et peuvent pourtant être classés dans (voire être emblématiques de) l’Erotic Fantasy. Enfin, le nombre de romans pouvant être classés dans ce sous-genre et la notoriété de leurs auteur(e)s fait que, selon ma propre conception, nous avons bel et bien affaire à un sous-(ou sous-sous-)genre à part entière, clairement distinct du reste (de la Fantasy ou même de la Paranormal Romance), et rendant donc cette notion de « simple étiquette marketing » inexacte.

Les trois auteures les plus emblématiques de l’Erotic Fantasy sont Jacqueline Carey (Kushiel), Laurell K. Hamilton (Merry Gentry) et Larissa Ione (Demonica), mais on peut aussi citer Le dernier loup-garou de Glen Duncan ou encore le cycle Les infortunes de la Belle au bois dormant, relecture hardcore (et BDSM) du conte du même nom signée Anne Rice (sous pseudonyme).

Fantasy mythique

Ce sous-genre exploite les codes et les thèmes des mythes, revus selon un prisme Fantasy. La Mythic Fantasy peut utiliser aussi bien des mythes existants que d’autres entièrement créés par un auteur et n’ayant aucune contrepartie historique (c’est ce que l’on appelle la Mythopoeia, du nom d’un poème de J.R.R. Tolkien).

Le plus souvent, l’échelle est épique, et implique le combat de dieux de panthéons différents (ou rivaux au sein d’un même panthéon, ou de leurs champions humains) pour le contrôle / le sort du monde. Un autre thème commun est de répondre aux grandes questions existentielles, du genre d’où venons-nous, qui / que sommes-nous, et ainsi de suite.

Ce sous-genre a donné naissance à certains des livres les plus emblématiques de la Fantasy, comme Le Silmarillion de J.R.R. Tolkien, American Gods de Neil Gaiman ou La forêt des Mythagos de Robert Holdstock, mais aussi à la trilogie de Shiva d’Amish Tripathi dont j’aurai l’occasion de vous reparler en fin d’année.

Fantasy of manners

Ce sous-genre également appelé « Manner Fantasy » dérive de la Comédie de mœurs, non pas sur un éventuel aspect humoristique (qui est loin d’être systématique) mais plutôt sur l’aspect critique sociale, qui est ici bien plus mis en avant. Il se caractérise par un milieu (généralement urbain) à la hiérarchie sociale rigide et complexe, contre laquelle le ou la protagoniste va devoir lutter. Il se caractérise aussi par un style très travaillé, que ce soit par un langage châtié ou au contraire outrancier, et par la place donnée à l’intrigue (dans le sens complot, manigances, etc) dans le scénario. Les éléments de la fantasy classique (magie, créatures extraordinaires, etc) sont peu présents, voire complètement absents. On ne se bat pas tant contre des monstres que contre ses compatriotes, contre le système, et moins à l’aide d’une épée qu’à l’aide de la ruse, de l’intelligence et de l’art de l’intrigue. Bref, c’est de la Fantasy qui doit presque plus à Jane Austen et aux sœurs Brontë qu’à Howard ou Tolkien.

C’est Ellen Kushner, autrice de Thomas le rimeur et de A la pointe de l’épée, qui serait à l’origine du terme. Ce dernier roman est d’ailleurs classé dans ce sous-genre, tout comme Les griffes et les crocs de Jo Walton qui paraîtra le 21 septembre dans la collection Lunes d’encre,  Jonathan Strange et Mr Norrell de Susanna Clarke, Une histoire naturelle des dragons de Marie Brennan ou L’alchimie de la pierre d’Ekaterina Sedia.

Gaslamp Fantasy

Contrairement aux âneries que l’on peut lire sur le net, la Gaslamp n’est pas un sous-genre ou une variante du Fantastique (cela n’aurait strictement aucun sens lorsqu’on connaît la ou plutôt les définitions possibles de ce dernier) mais bel et bien de la Fantasy. Elle adopte ce que l’on pourrait appeler une esthétique steampunk (et Victorienne / Edwardienne, ou parfois liée à la Régence -l’anglaise-) sans forcément que l’action se déroule dans notre monde (mais plutôt dans un univers imaginaire), sans qu’il y ait toujours un aspect uchronique, ni obligatoirement de science rétrofuturiste. Par contre, les aspects fantastiques (magie, créatures et races extraordinaires, etc) sont beaucoup plus présents que dans le Steampunk. La difficulté à distinguer, parfois, les deux vient du fait que bien des précurseurs du Steampunk laissaient une place beaucoup plus importante au surnaturel que les livres modernes relevant de ce genre ne le font (le plus souvent). Certains distinguent les deux par le fait que les livres de Gaslamp Fantasy ne comprennent pas (ou très peu) d’élément « punk », à savoir nihiliste, cynique, dystopique, lugubre, etc. Enfin, ce sous-genre présente des caractéristiques communes avec le roman gothique.

Un excellent exemple de Gaslamp Fantasy est Brother’s Ruin d’Emma Newman, mais on peut aussi citer L’alchimie de la pierre d’Ekaterina Sedia, le cycle de Téméraire de Naomi Novik ou celui de Lady Trent de Marie Brennan.

Space Fantasy

La space fantasy résulte d’un mélange entre les codes du Space Opera (sous-genre de la Science-fiction) et ceux de la Fantasy. Cela peut se faire de deux façons : soit les personnages d’un monde de fantasy classique voyagent dans l’espace par des moyens qui ne relèvent pas de la technologie mais de la magie (c’est par exemple le cas dans Spelljammer, supplément au jeu de rôle AD&D2 exploitant un contexte dérivé de l’éther et des sphères de cristal de Ptolémée), soit, dans un contexte a priori SF, la présence de pouvoirs surnaturels (typiquement psi / mentaux ou assimilés) et de codes typiques de la fantasy (aspect initiatique, influence des mythes, etc) rapproche l’oeuvre de cette dernière. Dans ce dernier cas (applicable à Star Wars, par exemple), j’aurais cependant plus tendance, personnellement, à classifier ça en Science-Fantasy que dans un autre genre ou sous-genre. Ce sera aussi le cas de cycles comme ceux de Melissa Scott (Empress of Earth) ou de Glynn Stewart (Starship’s Mage).

Pourquoi, dès lors, ne pas classifier aussi la Fantasy « à la Spelljammer » de la même façon ? Mais tout simplement parce que la science ne joue aucun rôle dedans (même pas « esthétique », comme dans Star Wars), et que donc, on ne peut pas parler de science-fantasy : c’est de la Fantasy tout court, mais qui se passe en partie dans l’espace et sur d’autres planètes. Ce n’est donc pas plus Science-Fantasy que de la Portal ou de la Crossworlds Fantasy.

Swashbuckling Fantasy

La Swashbuckling Fantasy (Fantasy de cape & d’épée) est tout simplement un équivalent pouvant comporter des éléments surnaturels (magie, créatures ou races fantastiques) et / ou se passant dans un monde imaginaire (ou pas) des Trois Mousquetaires ou d’œuvres du même genre. Elle ne doit pas être confondue avec la Flintlock Fantasy (dont elle est un des précurseurs ou ancêtres) car cette dernière est inspirée d’une époque ultérieure (début du XIXème siècle au lieu du XVIIème) et car elle laisse une bien plus grande part à l’aspect mousquets, canons et magie à grand spectacle. La Swashbuckling Fantasy est également considérée comme un sous-genre centré sur une période très précise de la Fantasy Historique.

Ce sous-genre s’est révélé assez prolifique et populaire ces dernières années, et a donné naissance à plusieurs excellentes saga. Quelques exemples : cycle des Lames du roi de Dave Duncan, cycle des Lames du Cardinal de Pierre Pevel, cycle des Manteaux de Gloire de Sébastien de Castell. De plus, même si il est classifié en Flintlock Fantasy, le cycle des Poudremages de Brian McClellan est également très inspiré par Alexandre Dumas.

***

Avec cet article, nous en avons terminé avec les sous-genres de la Fantasy : le prochain abordera les genres et sous-genres en -punk (ce qui comprendra donc le Steampunk, ses sous-genres, ainsi que le Cyberpunk et ses dérivés), et le suivant s’attaquera aux sous-genres majeurs de la SF.

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43 réflexions sur “Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : partie 5 – Autres sous-genres de la Fantasy

  1. Article très intéressant comme toujours. La space fantasy me fait penser à un jeu de rôle que j’aimais bien dont j’ai oublié le nom où en gros il y avait tout plein de planètes et de familles régnantes mais où la manière de vivre ressemblait plus à du médiéval.
    Je t’avoue que je ne ne sais pas comment tu fais pour t’y retrouver parfois dans tous ces genres.

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  2. En voilà un beau panorama, merci. J’me pose rarement la question du genre quand je lis (sauf quand le marketing nous prend pour des jambons) mais ce tour d’horizon est fort intéressant.

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  3. Tant que l’on ne dit pas taxidermiste, cela ira! 😉
    Bon, je n’en connais pas la moitié. Pour être plus exacte, je ne connaissais pas la moitié des termes que tu présentes. Tu avais déjà évoqué certains d’entre eux (Gaslamp, Manner,…) mais de là à visualiser de quoi il retourne, il y a avait un long chemin.

    Une question ce terme de light fantasy est-il utilisé uniquement pour la fantasy tournée vers l’humour ? Qu’en est-il des romans de fantasy à la mgie ou aux éléments surnaturels des plus légers?
    J’avoue que j’utilise le même terme pour les 2…. (rire interdit! :8 )

    Space fantasy ?… et le science fantasy ne sont pas la même chose, ok, ok.

    Je peux te donner plein de fantasy arthurienne notamment Jean Markale et son cycle du Graal (qui vaut bien Zimmer Bradley) il y en a certes d’autres (Brooks, Fetjaine, Holdstock).
    Miles Cameron incarne un renouveau dans ce genre là, et c’est aussi rafraîchissante de bousculer tout cela! 5je ne le dis pas pour souligner des absences ou autre chose, uniquement pour ramener ma fraise… là, je maîtrise un peu!!! 😉 )

    J’admire tout ce soin apporté à être précis dans tes chroniques, ainsi que la pédagogie de tes articles. Je ne me vois pas adopter la même rigueur, essentiellement en raison de mon manque e maîtrise, mais je te remercie car je savourerai mes lectures différemment.

    Très bel article.

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    • Merci 🙂

      En fait, les anglo-saxons parlent plutôt de Comic Fantasy, parfois de Low Fantasy (pour la distinguer du ton sérieux de la High Fantasy). Le souci, c’est que le même terme (Low Fantasy) est aussi utilisé dans d’autres contextes : pour certains, il distingue la fantasy qui se passe dans le monde réel, par opposition à celle qui se passe dans un monde secondaire / imaginaire (= High) ; pour d’autres, la High désigne celle à forts éléments fantastiques, tandis que la Low signe celle où ils sont peu présents (comme dans Un pont sur la brume de Kij Johnson, par exemple). Donc, par souci de simplicité, chez nous, on parle de Light (= léger) Fantasy pour l’humoristique, et on utilise le terme « Low » pour ce que je viens de décrire.

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  4. Je ne vais pas être original en te disant : très bon article, comme d’habitude !
    Sur cette question du terme « light fantasy » soulevée plus haut par Lutin, je me permets d’apporter mon grain de sel : personnellement c’est une appellation que je n’aime pas du tout. Je n’ai jamais déclaré écrire et publier de la « light fantasy ». Car si je n’ai rien contre les termes anglo-saxons quand ils sont évidents et transparents, pour le coup il suffit de parler de « fantasy humoristique » pour savoir tout de suite à quoi l’on a affaire, alors que « light » n’est pas clair du tout. Non seulement on peut le confondre avec la « low fantasy », qui effectivement n’a rien à voir, et puis en quoi l’humour serait-il forcément associé à l’idée de légèreté ? Un humour lourdingue à la « Lord of the ringards » n’a rien de « light » !

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    • Ce n’est pas une question d’humour subtil ou lourdingue, c’est le fait de ne pas se prendre au sérieux du tout, surtout par rapport à la High Fantasy qui traite tout de même d’élus, de prophéties, de sort du monde, de Mal absolu, etc. C’est une question de ton, grave dans la High, léger dans la Fantasy humoristique.

      Mais bon, on peut polémiquer longtemps, de toute façon aucun terme ou quasiment ne fait consensus : cf High ou Low Fantasy, par exemple, qui ont plusieurs sens différents selon les gens (comme expliqué un peu plus haut dans le fil) qui se sont penchés sur la classification des sous-genres de la SFFF. Comme je l’explique en introduction, c’est ma conception personnelle de la Taxonomie des littératures de l’imaginaire, je ne m’attends pas à ce qu’elle soit partagée par tout le monde, y compris au niveau des termes choisis.

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      • Pas de souci, il n’y a pas de volonté polémique de ma part ! « Light fantasy » est une appellation qui personnellement ne me plait pas et que je n’utiliserai pas pour qualifier mes propres écrits (ni mes lectures, par exemple pour parler de Pratchett) mais elle n’en demeure pas moins tout à fait légitime et tu as raison de l’intégrer telle quelle à ta taxonomie.
        En y regardant de plus près, on peut voir que certaines appellations restent en anglais (colonial fantasy, gaslamp fantasy, silk road fantasy…) tandis que d’autres sont francisées (fantasy érotique, fantasy mythique, fantasy arthurienne)… Pourquoi pas « fantasy coloniale » ou « erotic fantasy » ? As-tu une explication sur le pourquoi du comment ?

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        • Oui, c’est juste moi qui ai, sans y réfléchir, adopté la formulation anglo-saxonne dans certains cas et la française dans d’autres. J’aurais pu tout aussi bien écrire Arthurian Fantasy ou Mythic Fantasy. Encore que, je dis ça, mais il n’existe pas, à ma connaissance, d’équivalent français de Gaslamp Fantasy, par exemple.

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  5. Article comme toujours très intéressant 🙂 J’ai lu pas mal de romans des catégories que tu cites mais j’avoue que je n’avais jamais entendu parler de certaines qui m’intriguent pas mal. C’est une très bonne idée de mettre des exemples pour chaque sous-genre différent, ça me fait pas mal de pistes à explorer 🙂

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    • Merci. Les exemples me paraissaient en effet indispensables, ne serait-ce que pour aider ceux qui ont lu ou entendu parler des livres en question à mieux visualiser encore l’ambiance et les codes du sous-genre en question.

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  6. Merci pour cette typologie intéressante, ce ne sont pas des sous-genres qui m’intéressent réellement, mais je suis curieux de lire de la colonial fantasy ou de la Space fantasy, pourquoi pas.

    Sinon j’attend avec impatience les sous-genres majeurs de la SF ! 🙂

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    • Le prochain article mêlera les genres et sous-genres en -punk, ce qui comprendra le cyberpunk / postcyberpunk / biopunk / nanopunk / Solarpunk, mais aussi le Steampunk et certains de ses dérivés (Atompunk, Clockpunk, Dieselpunk, etc). Les sous-genres majeurs de la SF, ce sera probablement pour le mois prochain, et ça va être un gros boulot pour synthétiser correctement tout ça.

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  7. Très beau travail encore une fois. C’est chouette d’avoir désormais une série d’articles complets et en VF qui balaye bien tout le paysage du genre.
    Intéressantes aussi les réponses que tu fais en commentaires concernant les sens multiples que peut parfois revêtir une même appellation. Je comprends que tu n’en aies pas trop parlé dans le corps de l’article pour ne pas ajouter de la confusion à ta taxonomie « perso », mais c’est très bien d’avoir ces informations au moins en commentaires (pour la dimension encyclopédique de l’ensemble).
    Merci pour ce gros boulot de synthèse en tout cas, je suis bien content que quelqu’un s’y soit collé 🙂

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    • Merci. La distinction entre les différents sens possibles des termes High et Low Fantasy est aussi présente dans le deuxième article de la série. Si tu veux le consulter, il suffit d’aller dans le nuage de tags, tout en bas de la colonne de droite du blog, et de cliquer sur le tag « Comprendre les littératures de l’imaginaire ».

      Sinon, je compte proposer le même genre d’article pour les sous-genres du Steampunk (c’est en cours d’écriture), de la SF et de l’Uchronie.

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  8. J’avoue qu’un peu plus de Colonial Fantasy ne nous ferait pas de mal.

    Sinon le Space Fantasy m’a toujours intrigué (en parallèle de la Science Fantasy), le comics « Saga » de Vaughan et Staples entre dans cette catégorie, non ?

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  9. Pingback: Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : partie 6 – Genres et sous-genres en -punk | Le culte d'Apophis

  10. Coucou
    J’ai Thomas le rimeur prévu pour le mois prochain, je verrai ce que ça donne
    Kushiel était une excellente lecture, l’intrigue est bien présente entre les scènes explicites 😉
    Plein de références à noter comme toujours

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  11. Pingback: Le sang du dragon – Anthony Ryan | Le culte d'Apophis

  12. Comme toujours, moi qui suis pointilleux, j’ai quelques questions et autres remarques… Doit-on considérer « La Malédiction de la Licorne » ou encore l’ensemble dont elle fait partie, « Le cycle de Phénix », comme de l’erotic fantasy ou de la romance paranormale ? Et « La confrérie de la dague noire » (non lue également), est-ce plus tourné vers ce « paranormal » ou l’érotisme ? Je me sens un peu perdu et n’ai pas spécialement d’éplucher tous ces bouquins olé-olé pour les classifier comme des papillons épinglés. (Cela dit, « Les infortunes de la Belle au bois dormant », j’imagine ce que ça doit donner xD)
    Et puis aussi au niveau de la space fantasy : selon ta définition, il n’y a strictement pas de trace de science. Dans ce cas, c’est plus restreint que la définition plus générale telle que je l’emploie, et ça complique un peu la situation au niveau des sous-sous-genres : La romance de Ténébreuse est de la science fantasy, mais donc ne serait pas de la planet fantasy, contrairement à tel que je la classifie ? Néanmoins, ça se tient, et sous un certain angle c’est assez logique.

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    • Personnellement, je classifie le cycle de Phénix dans la science-fantasy et le post-apocalyptique. Concernant le tome 1, étant donné les pouvoirs psychiques de Dorian et sa romance incestueuse avec sa soeur, oui, on pourrait classifier ça en romance paranormale. Mais certainement pas en Erotic Fantasy : il n’y a aucune scène suffisamment explicite dans ce roman pour cela, et de toute façon pas assez de scènes sexuelles.

      Oui, ma définition de la Space Fantasy est plus restreinte que celle communément adoptée.

      Personnellement, je n’ai aucun problème à classifier un roman dans plusieurs sous-genres, donc pour moi on peut qualifier Ténébreuse à la fois de Science-Fantasy et de Planet Opera. Les anglo-saxons ont même un terme spécifique, un sous-genre de la Science Fantasy appelé Sword and Planet. Pour ce qui est du terme « Planet Fantasy », je ne l’ai jamais rencontré, mais a priori il correspond à la Sword & Planet.

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  13. Pingback: From the editorial page of the Falchester Weekly Review – Marie Brennan | Le culte d'Apophis

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