Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : hors-série n°3 – Silkpunk, Arcanepunk et LitRPG

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ApophisJe réactive (provisoirement), avec cet article, la série destinée à vous aider à mieux comprendre les littératures de l’imaginaire, afin de vous parler de trois sous-genres en pleine émergence ou ré-émergence, le Silkpunk, l’Arcanepunk et la LitRPG. En effet, comme je vous l’ai expliqué lorsque j’ai mis ce concept en pause, de nouvelles subdivisions taxonomiques émergent sans cesse, et certains courants jusque là tout à fait mineurs sont susceptibles de gagner en importance ou en notoriété. Il est donc probable que des hors-séries de ce type vous soient proposés régulièrement, ainsi que des mises à jour des articles existants.

Les trois sous-genres dont je vais vous parler aujourd’hui sont extrêmement différents : deux d’entre eux rassemblent des œuvres novatrices et / ou émanant d’écrivains au statut ou au potentiel reconnu, tandis que le troisième subit un nombre faramineux de critiques; deux sont d’émergence récente, tandis que le troisième n’est qu’une demi-nouveauté; enfin, si l’un est, à mon avis, appelé à se développer, un autre va vivoter (sauf grosse surprise), tandis que le dernier va, à mon sens, rapidement devenir encore plus anecdotique qu’il ne l’est déjà. 

Je vous rappelle que comme chaque article de cette série, celui-ci reflète ma conception personnelle de la taxonomie de la SFFF, et ne correspondra donc pas forcément à celles que vous pouvez trouver par ailleurs sur le net ou dans des ouvrages spécialisés.

Silkpunk

Ce terme et ce sous-genre dérivé (de loin) du Steampunk a été créé par Ken Liu en personne, dans le cadre de son premier roman proprement dit, The grace of kings. Les anglophones pourront trouver beaucoup plus de détails au sujet de sa démarche créatrice dans cet article.

Pour résumer, le (la ?) Silkpunk reprend la logique de la Gaslamp Fantasy, à savoir le recyclage de certains codes du Steampunk dans un monde secondaire / une variation uchronique du nôtre et dans une optique Fantasy, avec magie et / ou créatures – races fantastiques PLUS de la science (rétrofuturiste ou pas). Le Silkpunk, cependant, substitue à l’inspiration Victorienne de la Gaslamp un cadre sinisant (d’où le « Silk » – soie en anglais-). De plus, comme l’explique Liu, alors que les autres sous-genres en -punk dérivés du Steampunk (voir mon article si besoin) sont tous basés sur une source d’énergie particulière (vapeur, diesel, atomique, etc), le Silkpunk, lui, est basé sur une esthétique, des matériaux (le bambou ou la soie, par exemple, associés aux civilisations asiatiques).

Pour l’instant, le Silkpunk est un sous-genre encore balbutiant, principalement incarné par les romans de Fantasy de Ken Liu, même si d’autres auteurs commencent timidement à pointer le bout de leur nez. Je ne suis pas persuadé qu’il va prendre beaucoup d’extension (la Fantasy asiatique n’est, notamment, pas populaire en France, encore moins que l’arabisante), mais il pourrait constituer une alternative à la très dynamique Gaslamp Fantasy une fois qu’auteurs, éditeurs et lecteurs se seront lassés du cadre Victorien. De plus, il est tout à fait possible que le Silkpunk ouvre la porte à d’autres sous-genres mélangeant certains codes du Steampunk à ceux de la Fantasy dans des cadres exotiques (= non inspirés par l’Europe médiévale) : imaginez, par exemple, le potentiel d’une Fantasy Maya / Inca / Aztèque mêlant magie, technologie à vapeur, gadgets rétrofuturistes et armes à feu…

Donc, histoire de synthétiser, le Silkpunk est :

  • Un dérivé du Steampunk, ou plus précisément d’une de ses variantes, la Gaslamp Fantasy.
  • Pour autant, dans la taxonomie des littératures de l’imaginaire, il est plus proche de la Fantasy que du Steampunk proprement dit (qui, selon les conceptions, dérive de la SF ou est un genre à part entière -c’est mon approche-). J’ai choisi, comme pour la Gaslamp, d’en faire un sous-genre de la Fantasy, personnellement.
  • Il reprend les mêmes codes que la Gaslamp, à deux différences près : l’inspiration n’est pas Victorienne mais chinoise, et la technologie n’est pas forcément ou entièrement basée sur la vapeur.

Quelques auteurs ou œuvres emblématiques : Ken Liu (cycle The Dandelion dynasty), Jy Yang (cycle Tensorate), Zhang Ran (The snow of Jinyang), Richard Garfinkle (Celestial matters).

Arcanepunk

L’Arcanepunk me pose un problème en terme de classification : jusqu’ici, je n’en faisais qu’une variante de la Science-Fantasy (un des genres des littératures de l’imaginaire que j’apprécie le moins), mais une lecture récente m’a conduit à reconsidérer ma position : la situation est sans doute plus complexe que je ne l’avais cru de prime abord. En effet, ce sous-genre aux limites floues (tout comme la Science-Fantasy, au passage), rassemble des romans très différents, dont certains (et j’insiste sur ce mot) peuvent au contraire être considérés comme des évolutions de la Flintlock ou de la Gaslamp Fantasy.

Mais d’abord, tentons de définir ce sous-genre : selon les spécialistes anglo-saxons, les romans d’Arcanepunk sont caractérisés par un contexte où la magie ET la technologie co-existent, et surtout (c’est le point important) où la société en est au moins à l’ère industrielle.

Jusqu’ici, les choses sont claires : elles se compliquent lorsqu’on sait que ces livres peuvent concerner une uchronie du monde réel ou un monde secondaire, et un niveau de technologie type XIXe siècle, XXe, XXIe, voire encore plus futuriste. Si je prends les deux exemples les plus emblématiques du genre, Shadowrun (qui se passe dans une uchronie mêlant magie, créatures / races fantastiques et cybertechnologie du XXIe siècle) et le cycle The craft sequence de Max Gladstone (qui se déroule dans un monde secondaire), vous vous rendez facilement compte que la même étiquette (Arcanepunk) peut être attribuée à des contextes qui, au final, sont profondément différents.

Tout se complique encore lorsqu’on tente, outre ses limites, de retracer les origines du genre (c’est un des gros intérêts de la taxonomie des littératures de l’imaginaire, au passage) : le suffixe -punk tendrait à en faire un dérivé du Steampunk, mais avec une technologie (éventuellement) plus avancée (et la présence de magie pour les gens qui, comme moi, ont tendance à exclure la sorcellerie du Steampunk pur et dur -pour plutôt la placer dans la Gaslamp Fantasy-), ce qui permet d’ailleurs de différencier les livres relevant de l’un ou de l’autre (en plus de la présence non-obligatoire du cadre victorien en Arcanepunk). Cependant, une autre approche est possible : certains spécialistes anglo-saxons parlent d’Arcanepunk Fantasy, ce qui ferait donc de ce courant un dérivé (éventuellement) plus avancé technologiquement (et de cadre pas obligatoirement Victorien) de la Gaslamp Fantasy, et donc un sous-genre de la Fantasy et pas du Steampunk ou de la Science-Fantasy. C’est encore l’approche qui me convient le plus, personnellement. Au final, si l’Arcanepunk peut relever de la Science-Fantasy (même si toute Science-Fantasy n’est évidemment pas de l’Arcanepunk), voire du Steampunk, c’est encore, à mon sens, en tant que déclinaison de la Fantasy (évolution technologique de la Flintlock ou la Gaslamp) qu’il trouve le mieux sa place sur le plan taxonomique.

Deux caractéristiques sont à retenir : un côté « utilitaire » de la magie, très intégrée à la vie quotidienne ou aux processus de l’entreprise ou des industries, et surtout une atmosphère très noire, parfois même dystopique. Cette présence particulièrement visible de la sorcellerie est ce qui différencie l’Arcanepunk de l’Urban Fantasy (avec laquelle il partage certaines caractéristiques), où créatures et phénomènes surnaturels sont cachés au commun des mortels.

Contrairement à ce que l’émergence récente de Max Gladstone (qui, au passage, qualifiait, à sa sortie, le premier roman de son cycle de « Steampunk-Urban Fantasy ») peut laisser penser, l’Arcanepunk est beaucoup plus ancien qu’on ne le croit : Shadowrun, par exemple, a été pour la première fois publié en… 1989. Il est très probable qu’avec l’essor actuel de la Fantasy postmédiévale (au moins dans l’édition et le lectorat anglo-saxon…), ce sous-genre soit appelé à se développer, que ce soit en terme de nombre d’auteurs, de ventes ou de notoriété, dans les toutes prochaines années.

En résumé, l’Arcanepunk est : 

  • un sous-genre de la SFFF qui peut être rattaché au Steampunk, à la Science-Fantasy ou (c’est mon approche) à la Fantasy (en tant que dérivé plus avancé technologiquement et non-obligatoirement victorien de la Gaslamp Fantasy).
  • un sous-genre qui mêle magie et technologie dans la vie de tous les jours, ce qui le différencie de l’Urban Fantasy où le surnaturel est inconnu du commun des mortels.
  • caractérisé par un degré de développement de type révolution industrielle ou parfois supérieur (jusqu’aux implants cybernétiques et autres technologies futuristes type Cyberpunk).
  • un courant littéraire dont l’univers peut être une variation uchronique du nôtre ou bien un monde secondaire.
  • un sous-genre très noir, parfois quasiment dystopique.

Quelques auteurs ou œuvres emblématiques : Shadowrun, cycle The craft sequence (Max Gladstone), cycle de Bas-Lag (China Miéville).

LitRPG

Le terme LitRPG (en anglais Literature Role Playing Game) est accolé à un mouvement littéraire apparu il y a une dizaine d’années, qui mêle les codes de la Fantasy et / ou de la SF à ceux des jeux massivement multijoueurs en ligne, les fameux MMORPG. Ce sous-genre émergent est très compliqué à définir avec précision, car diverses conceptions plus ou moins différentes sont regroupées sous la même bannière. D’ailleurs, même ses spécialistes ne sont pas d’accord entre eux. Néanmoins, une caractéristique fait consensus : l’intrigue doit se dérouler, au moins partiellement, dans un monde où les caractéristiques des personnages sont affichées explicitement et sont en progression constante.

Vous n’y comprenez rien ? Pas de panique, je vais vous expliquer tout cela. Si vous êtes rôliste, papier ou vidéo, vous saisissez déjà en partie ce dont je veux parler. Sinon, sachez que dans les RPG (jeux de rôle), les personnages ont des caractéristiques, qui détaillent ce qu’ils sont capables de faire ou pas, et avec quel degré d’efficacité. Les plus fréquentes mélangent des attributs physiques (force, agilité, dextérité, endurance, constitution, etc) et mentaux ou assimilés (intelligence, sagesse, etc). Les possibilités du personnage sont aussi quantifiées par ses points de vie (la quantité de dégâts qu’il peut subir avant de mourir), de magie (nécessaires au lancement des sortilèges), d’expérience (gagnés en tuant des monstres ou en accomplissant des quêtes) et par son niveau (directement fonction du total de points d’expérience). De plus, chaque personnage choisit une classe, une profession lui donnant accès à certains pouvoirs et lui fermant la porte d’autres. Classe et niveau déterminent la puissance des sorts ou des techniques de combat que le personnage peut employer, à quelle fréquence, avec quelle puissance, etc.

En LitRPG, ces mécanismes apparaissent de façon explicite : si un personnage de roman de Fantasy normal tue un monstre, il ne se passe rien de spécial ; en revanche, dans un roman de LitRPG, l’auteur va indiquer en toutes lettres le nombre de points d’expérience gagnés, les trésors lâchés par le cadavre, l’éventuel passage de niveau, etc. Et ce, parfois, jusqu’à l’absurde ou quasiment : si vous connaissez un peu le chat combat d’un MMORPG, imaginez un peu qu’un « auteur » le balance tel quel dans son roman, et vous aurez une petite idée du massacre que cela peut donner. Du genre un texte qui ressemble à « Bidule inflige 227 points de dommage à l’aide de -épée longue- à : zombie putride ; zombie putride tire un 19 -échec critique- sur son jet de dé et rate son attaque -griffes- ; Bidule fait un 1 sur son jet de dé au tour 2.1 -réussite critique- ; table des coups critiques -épée longue-, résultat du lancer « 15 », donne le résultat suivant : éviscération, mort immédiate ; Bidule remporte un trésor de classe H, 22 Xp, et passe de ce fait au niveau 3, classe guerrier ; il peut désormais arborer le titre suivant : « Myrmidon » ; +1 à la Force, +20 Points de vie, 1 point de maîtrise d’armes -au choix-« .  Vous croyez que j’exagère ou affabule ? Pas du tout. Il y a vraiment des zozos qui (auto-)publient de la prose dans ce genre…

Attention, toutefois, à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, parce que certains écrivaillons font n’importe quoi : la LitRPG comprend des univers très différents, dont certains sont potentiellement intéressants. Dans certains cas, les personnages vivent dans un monde secondaire qui a les caractéristiques des MMO que je viens de décrire ; dans d’autres, ce sont des personnages de notre monde qui jouent dans un MMORPG en réalité virtuelle (voire sont coincés dedans, comme dans le célèbre Sword Art Online) ou simulée ; dans certains autres romans, c’est le monde réel qui commence à afficher des caractéristiques de jeu vidéo ; enfin, certains livres (probablement les plus réussis dans le genre) sont une variante de la Portal Fantasy qui conduit des personnages bien de chez nous dans un monde secondaire (en général Fantasy) ayant certaines caractéristiques de RPG.

Dans certains contextes, les protagonistes savent qu’ils sont dans un jeu, brisant ainsi le quatrième mur. Il est aussi courant, dans ce cas, qu’on nous montre à la fois des scènes dans le jeu et dans le monde réel, comme dans la franchise transmedia Noob, par exemple.

Le très gros problème de la LitRPG est qu’elle est née au Japon et en Russie (les américains ne s’y sont mis que bien après), sous la plume d’auteurs (très) amateurs qui, en plus, ont été épouvantablement mal traduits en anglais dans un nombre effrayant de cas. Si vous ajoutez à cela l’aridité de certains « dialogues » (tel que celui que j’ai simulé plus haut), vous vous retrouvez très souvent avec une littérature de l’imaginaire très, très bas de gamme, ce que n’ont pas manqué de souligner avec véhémence certains critiques (ou clients). Il existe bien quelques exceptions (les deux romans du cycle World of prime de M.C. Planck, par exemple, atteignent 3.91 et 4.10 sur Goodreads -il est vrai sur un assez faible nombre de notes-), et au moins un roman (un light novel,  pour être précis) relevant de ce sous-genre a généré plusieurs dizaines de millions de ventes : je veux bien entendu parler de Sword Art Online (SAO).  Chez nous, les romans et light novels rattachés au cycle Noob semblent aussi bénéficier de ventes correctes (grâce à une communauté très fidèle -mais sans atteindre des millions d’exemplaires, hein !-), même si le niveau d’écriture ne dépasse guère celui d’un honnête Young Adult (et c’est déjà pas mal par rapport à la moyenne des livres LitRPG…).

Autant dire que, à part quelques exceptions comme SAO ou Noob chez nous, il est extrêmement probable que ce sous-genre soit condamné à vivoter, voire purement et simplement disparaître, et que ses auteurs les plus « doués » se tournent vers des déclinaisons plus classiques de la SFFF.

En résumé, la LitRPG est : 

  • Un sous-genre des littératures de l’imaginaire mêlant les codes de la SF et / ou de la Fantasy avec ceux des jeux de rôle, particulièrement les jeux vidéos type MMORPG.
  • L’action peut se passer dans le monde réel, dans le monde réel et un jeu en réalité virtuelle, dans un monde secondaire, ou bien projeter les personnages issus du monde réel dans un monde fantastique.
  • Dans tous les cas, les mécanismes de type Jeu de rôle apparaissent explicitement dans le roman (points d’expérience, passage de niveaux, etc).
  • Ce genre littéraire est un des rares qui ne soit pas d’origine anglo-saxonne ou française : il a été créé par les japonais et les russes il y a une dizaine d’années, puis a connu une déclinaison chez les américains.

Quelques auteurs ou œuvres emblématiques : Reki Kawahara, M.C. Planck, Fabien Fournier, Aleron Kong, Vasily Mahanenko, Travis Bagwell, Shemer Kuznits, Eric Nylund, Luke Chmilenko, Robert Bevan, James Hunter, D. Rus, Andrey Vasilyev, Darren Pillsbury, Michael Chatfield, Arthur Stone, Michael Atamanov, Andrew Novak, Harmon Cooper, Skyler Grant, Alexei Osadchuk.

Etant donné que je possède Sword of the bright lady de M.C. Planck, il est probable que je vous en propose une critique un jour (lointain), même si, pour être honnête, la LitRPG ne m’attire pas, mais alors pas du tout.

 

 

 

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23 réflexions sur “Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : hors-série n°3 – Silkpunk, Arcanepunk et LitRPG

  1. Hoho, quand tu parles de Mythologie Maya/inca/Aztèque associée à la magie et un coté retro futuriste je pense directement au second tome de Craft Sequence qui était totalement dans ce thème et que j’ai adoré ^^

    Chaque tome se passe dans une partie du monde différente, du coup les autres parlent d’autres mythologies toujours associé à un monde bizarrement retro et pourtant futuriste avec de la technologie et de la magie à haute dose.
    Cette série est vraiment très difficile à mettre dans un genre particulier tellement elle joue sur plusieurs tableaux. La magie est utilisée pour la technologie mais pas que (dans les 2 sens, car en fait la magie produit du carburant physique/de l’énergie qui est utilisé dans les machines par exemple, la chaleur du dieu dans le premier tome) et chaque tome nous brosse une mythologie très différentes qui ont de nombreuses références très variées.

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  2. Merci pour cette synthèse, pour ma part le Silkpunk me branche bien. Enfin, Le film La Grande Muraille avec Matt Damon est surement ma première approche avec le genre, quel navet mouahahah. Pour le LitRPG, même en étant joueur je ne comprend pas le délire.

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  3. Ouais, je crois que la litRPG ne m’attire pas du tout non plus. Ça me fait penser à la série japonaise .hack//sign et l’univers .hack en général, je crois que c’est le seul truc du genre que j’ai réellement croisé et apprécié (je supporte pas Noob) mais depuis j’ai décroché, c’était y’a facile 15 ans

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    • Noob, c’était marrant au début, mais depuis que Fournier s’est lancé dans son trip Transmedia, c’est juste devenu une pompe à fric bonne à décliner sous tous les supports possibles et imaginables (BD, Light novel, romans, etc). En plus, sorti des trucs qui ont été adaptés au ciné ou en série (Seigneur des anneaux / Harry Potter / Trône de fer) ou de ce qu’il a tiré de la lecture des mangas ou des jeux vidéos style Final Fantasy, il ne connait visiblement pas grand-chose au genre. Difficile donc, pour moi, de lui accorder plus qu’une crédibilité toute relative.

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  4. Pour tout dire, je ne connaissais pas ni le premier, ni le deuxième et pas plus le troisième (sérieux???!!). Je vais commencer par te féliciter comme d’habitude pour à la fois cette totale découverte et la pédagogie/vulgarisation de ces sous-genre. Je sais bien que tu présentes un point de vue tout à fait personnel.
    La silkpunk – je ne crois pas en avoir lu ou alors l’aspect punk était trop léger – telle que tu la décris me séduit d’ores et déjà. J’ai le roman de Ken Liu en VO, du coup il va faire partie de mes prochaine lecture. Effectivement c’est un genre qui semble captivant, créatif, visuel et sans doute très prometteur. Rien que d’imaginer j’ai déjà les papilles en ébullition!!!
    Arcanepunk (tu as vu j’ai évité le saut de ligne!), je n’ai pas vraiment saisi l’intérêt. Cela regroupe des choses qui ont peu de liens entre elles, me semble-t-il. Je prends par exemple un roman où magie et technologie coexistent : Magie Brute de Correia. Cela reste de l’Urban Fantasy. Et comment classer Coeur d’acier de Sanderson ? Bref, je ne comprends pas tellement cette classification, telle que tu l’expliques si, mais en pratique…
    Enfin, le truc hallucinant… je passe, et il y a peu de chance que j’en lise. Je préfère directement vivre l’aventure derrière mes manettes, et pourtant je suis une rôliste en terme de jeux.
    Sorry du pavé!
    AU fait tu l’as lu Grace of Kings ?

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    • Non, il est supposé sortir chez Fleuve éditions, donc je vais attendre la trad’. Par contre, j’ai deux novellas de Silkpunk prévues au programme d’octobre, et la prochaine critique (ou la suivante, je ne sais pas dans quel ordre elles vont sortir, ça dépendra de mes disponibilités) concernera de l’Arcanepunk et te permettra de mieux saisir les limites ou l’intérêt du genre.

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  5. La LitRPG a l’air bien indigeste… J’ai l’impression que l’on invente de plus en plus de sous-genres assez anecdotiques. Je vais en rester aux grands classiques en ce qui me concerne 🙂

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  6. Ce qui est bien, c’est qu’on apprend plein de choses avec toi!
    Je ne savais pas que les compte rendus de partie de jeu de rôle était un genre littéraire. En plus, je ne vois pas l’intérêt, autant jouer en vrai, on se marre plus et on a de vraies émotions.
    Parfois, je me demande si ça a un intérêt de classifier autant, surtout qu’il y a des catégories avec très peu de livres. En tout cas, très beau boulot et explications claires, bravo!

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    • Il y a des catégories avec très peu de livres… pour l’instant. En plus, dans certains cas, les exemples donnés sont trompeurs : par exemple, pour l’Arcanepunk, le cycle The Craft sequence de Max Gladstone compte… six romans, et des novellas vont paraître en plus en 2018. Mine de rien, ça commence à faire pas mal, et ce pour un seul des auteurs classifiés dans le genre, non ?

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  7. Enfin un nouvel article ! Le silkpunk m’a l’air un genre pas mal ; je crois qu’il y a un autre sous-genre en « -punk » se basant sur l’esthétique, le decopunk qui s’inspire des années 30 tout en se rapprochant un peu du diseslpunk… En revanche, je vois mal en quoi l’arcanepunk serait obligé d’être un genre très noir.
    En ce qui concerne la lit-RPG, je vois mal moi aussi comment faire un chef-d’œuvre dans le genre.

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    • Judicieuse remarque à propos du Decopunk. A propos de l’arcanepunk, il est noir comme tous les genres en -punk (ou quasiment, cf le Solarpunk comme contre-exemple), et il est considéré comme noir parce que ses deux œuvres ou cycles emblématiques sont soit dérivées du Cyberpunk, soit ont un aspect roman noir / polar affirmé, ce qui fait que par extension, on considère que tout Arcanepunk devrait adopter ce genre d’atmosphère. Maintenant, effectivement, on peut concevoir de l’arcanepunk qui satisfait la condition science + magie et intégration de la magie dans la vie quotidienne sans forcément une atmosphère très noire. Le problème aussi est de savoir quoi classifier dans l’arcanepunk et quoi mettre sous la bannière science-fantasy plus classique. J’ai déjà vu des romans anciens classifiés a posteriori en Arcanepunk, mais qui pour moi sont « juste » de la science-fantasy. C’est comme pour n’importe quel sous-genre, il ne peut pas y avoir de consensus, les définitions sont trop larges, floues, ou les deux.

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  8. Les dérivés -punk ont un grand intérêt pour moi, mais quand ils font vraiment référence à des aspects punk dans les mondes parallèles utilisés. Dès que ce ne repose uniquement sur une esthétique, pour moi c’est vide de sens. Trop souvent, le steampunk en tête, les auteurs n’en font qu’un environnement vaguement sympathique où on détourne des objets, mais ça n’apporte pas grand-chose à l’histoire. Alors que l’aspect « punk » devrait faire intervenir une philosophie de vie bien particulière, un décalage sociétal intéressant notamment en s’intéressant aux marges. Quand j’en entends certains dire que le steampunk est forcément victorien, ça me navre un peu (beaucoup), car c’est vraiment se concentrer sur un seul aspect très cloisonné.

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    • A la base, le Steampunk est une uchronie rétrofuturiste d’une époque correspondant à la « technologie de la vapeur ». Si le cadre est souvent victorien, certains romans montrent ou parlent d’autres pays que l’Angleterre mais à la même période historique (je pense à La machine à différences, par exemple). Je pense qu’il ne faut pas confondre l’époque victorienne avec un cadre forcément anglais. Maintenant, étant donné l’image raffinée que nous avons de l’époque victorienne, et la très forte stratification sociale qui la caractérise, je pense que le contraste entre la haute société et les marges est potentiellement encore plus violent que dans une société futuriste.

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      • Tout à fait, et justement, les dérivés du steampunk ont tendance à se caler une esthétique qu’on dériverait à l’infini suivant l’époque choisie (le terme de Ken Liu me semble très orienté sur cela), et je trouve ça un peu réducteur. 😦

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  9. Pingback: Three parts dead – Max Gladstone | Le culte d'Apophis

  10. Merci pour c’est sous genre que je ne connaissait pas et commencer à découvrir bientôt avec Three parts dead qui à l’air pas mal . Si ça intéresse quelqu’un pour le LitRPG d’après ce que j’ai compris du genre (si j’ai tord Apophis rectifie moi) on pourrais mettre dedans un manhwa (=manga mais version Corée du sud) qui est excellent et qui s’appelle YUREKA .Je préfère prévenir pour l’acquérir c’est en occasion car les éditeurs sud-coréen sont plus trop chaud pour donner les droits en France des manhwa et les éditeurs français qui développé ça on fermé (Samji et Tokébi)

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  11. Pingback: [Bilan Septembre] C’est le 1er, je balance tout ! – Tanuki no monogatari

  12. Coucou, je découvre ton blog. J’étais curieuse de découvrir les genres et sous-genres dont je n’ai jamais entendu parler (pardon, j’apprends encore). En tout cas, merci beaucoup pour cet article. Du coup, le silkpunk me tente bien. Pour le arcanepunk, j’aimerais bien tenter pour voir.

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  13. Pingback: The black tides of Heaven – Jy Yang | Le culte d'Apophis

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