Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : partie 6 – Genres et sous-genres en -punk

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ApophisSi vous lisez de la SFFF, il est quasiment certain que vous avez déjà entendu parler de termes comme Cyberpunk ou le très populaire en France ces dernières années Steampunk. Pour autant, vous ne connaissez peut-être pas forcément la signification du -punk, l’historique de ces genres ou sous-genres ou le fait qu’ils ont donné naissance à une galaxie de dérivés. Cet article a pour vocation de vous expliquer tout cela, avant de passer à un très gros morceau dans le suivant : la description des sous-genres majeurs de la Science-Fiction.

Je vous rappelle que comme chaque article de cette série, celui-ci reflète ma conception personnelle de la taxonomie de la SFFF, et ne correspondra donc pas forcément à celles que vous pouvez trouver par ailleurs sur le net ou dans des ouvrages spécialisés.

Le point de départ : le Cyberpunk *

Neuromancer, Billy Idol, 1993.

Certains textes ou auteurs (citons J.G Ballard et Roger Zelazny), allant de la fin des années 60 au milieu de la décennie suivante, firent forte impression sur les jeunes auteurs émergeant dans les années 80, du fait du réalisme de leurs histoires, moins héroïques et marquées par le conservatisme que celles de leurs prédécesseurs, et parlant d’un futur qui ne serait pas forcément glorieux. Les deux textes proto-Cyberpunk ayant eu le plus d’influence sont sans aucun doute Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick (adapté par Ridley Scott au cinéma pour donner le film Blade Runner) et Sur l’onde de choc de l’immense John Brunner. Bref, si on me permet un parallèle avec la Fantasy, le Cyberpunk, par rapport à la SF classique, c’est l’émergence de la Dark Fantasy et de ses antihéros plus sombres, plus complexes, de son ton plus « réaliste », de son ambiance noire, de ses mondes crépusculaires, de son anti-altruisme, en complète opposition par rapport à la High Fantasy qui régnait avant elle.

Le terme Cyberpunk lui-même apparaît en titre d’une nouvelle de Bruce Bethke en 1983, puis sera popularisé par Gardner Dozois (célèbre anthologiste, nouvelliste et surtout rédacteur en chef d’un des plus célèbres magazines de SF américains) l’année suivante. D’ailleurs, 1984 verra la parution d’un des romans emblématiques du genre, Neuromancien de William Gibson (et aussi celle de l’incroyable Dr Adder de K.W Jeter).

Disséquons maintenant ce terme : Cyber- vient de cybernétique, à savoir les implants électroniques que l’homme peut utiliser pour augmenter ses capacités, pilotant par exemple un véhicule « par la pensée » (par liaison directe entre son système nerveux et les systèmes électroniques de l’engin), mais aussi de la place très importante donnée aux réseaux, aux IA et au hacking dans l’univers (cf le livre de Brunner) ; -punk, lui, vient de l’aspect nihiliste et de l’ambiance, d’un contexte dystopique où l’homme a été broyé, déshumanisé (si j’ose dire) par l’émergence brutale d’une technologie à la vitesse d’évolution exponentielle, ainsi que par la prise de pouvoir économique, financière, et parfois politique, voire militaire, des Corporations (dans le sens économique du terme), qui, dans bien des cas, sont bien plus puissantes que les gouvernements officiels fantoches. Le cyberpunk, c’est l’expression la plus ultime et la plus cauchemardesque d’un capitalisme et d’un libéralisme économique débridés, sans contrôle, tout-puissants.

Le futur, invariablement proche (et strictement limité au système solaire, voire même à la seule Terre), des œuvres Cyberpunk (par opposition, à celui, parfois très lointain, décrit dans la SF classique), est à la fois moins positif, moins héroïque et surtout moins conservateur que celui des romans de l’âge d’or. Le protagoniste de Cyberpunk est un anti-héros, quelqu’un à la marge, « courant sur le fil du rasoir » (Blade Runner), un anarchiste (et souvent pirate informatique) luttant contre un pouvoir (corporatiste) dépourvu de toute éthique, un David combattant un Goliath qu’il n’a aucune chance de vaincre et qu’il finit (parfois à son insu) par servir. L’ambiance est noire, dérivée des romans du même nom et du polar (qui marque très fortement de son empreinte certains ouvrages Cyberpunk), lugubre, crépusculaire, le ton cynique, la violence omniprésente. Les personnages se débattent avec de nouveaux modes de vie qui évoluent presque trop vite pour eux (ce qui, d’un autre côté, est une antithèse voulue avec le fort conservatisme de la SF antérieure, où on vit en l’an 25000 comme dans l’Amérique des années 50). Le Cyberpunk dénonce aussi une certaine superficialité, une dictature du paraître, où les jambes de chrome ne sont pas forcément une prothèse pour quelqu’un qui a perdu les siennes ou pour un soldat qui veut améliorer ses capacités au combat, mais un pur accessoire de mode, parce que leur galbe parfait et leur éclat fascinant sont tendance.

D’une façon finalement assez cocasse, le Cyberpunk fut lui-même victime de son propre choc du futur : les progrès technologiques furent tellement rapides (je parle du monde réel) que les implants cybernétiques et les réseaux primitifs du Cyberpunk furent bien vite vus comme déjà obsolètes (pour ne pas dire ringards) quelques années à peine après la parution des romans concernés, ce qui conduisit certains auteurs à proposer quelque chose de plus en phase avec les perspectives offertes par la science et la technologie réelles ; de plus, alors que le Cyberpunk se posait en antithèse d’un certain futur conservateur et béat tel que décrit avant lui, certains écrivains ont cherché à en garder le squelette (le rapport, dans un futur proche, de l’humain avec des technologies émergentes ou de nouveaux modes de vie) mais sans le côté noir, à la marge et dystopique du Cyberpunk classique. Bref, le Postcyberpunk était né.

Une sélection d’auteurs emblématiques : William Gibson, Bruce Sterling, Walter Jon Williams, K.W Jeter, George Alec Effinger (ou le « cyberpunk thé à la menthe »), Pat Cadigan.

Postcyberpunk

Le postcyberpunk, dont l’acte de naissance peut être retracé à la publication de Snow crash / Le samouraï virtuel de Neal Stephenson en 1991 (un roman qui vient d’être réédité, au passage), reprend certains des thèmes ou codes du Cyberpunk (futur proche, limité le plus souvent en terme d’expansion de l’homme dans l’espace -mais pas toujours, cf la trilogie de Takeshi Kovacs-, homme confronté à l’émergence rapide de nouvelles technologies et / ou modes de vie) mais avec une différence considérable : le ton. Il n’est plus forcément question de faire dans le lugubre, l’anti-héros marginal évoluant dans une société dystopique (encore que, Kovacs, une fois encore…) avec une attitude nihiliste disparaît au profit soit de quelqu’un d’intégré dans sa société, soit de quelqu’un décidé à faire bouger les choses dans le bon sens. Mais surtout, le rapport à la technologie (ou aux modes de vie émergents) était très différent, en général plus apaisé, plus sain. Un des dérivés récents du Postcyberpunk, le Solarpunk, fait même de ce futur un cadre où l’écologie est une valeur suprême et où les corporations, si elles sont certes puissantes, sont aussi beaucoup plus « vertueuses » que dans un livre Cyberpunk classique (voir plus loin).

Cette différence de ton est une manière de définir le Postcyberpunk. Une autre est de dire qu’on peut très bien avoir un ton (presque) aussi noir que dans le Cyberpunk classique, mais que par contre la nature de la technologie au centre de l’univers sera différente, nettement plus perfectionnée : exit les implants électroniques du Cyberpunk à papa (et ses réseaux informatiques qui nous paraissent complètement folkloriques au regard des standards modernes), voici venir la génétique et les nanomachines.

Dans tous les cas (rapport aux changements de paradigme, forme que prend la société, insertion du protagoniste dans cette dernière, maturité de la technologie -notamment des réseaux ou d’augmentation des possibilités du corps humain-), on peut analyser le Postcyberpunk comme étant une forme plus mature, réaliste, nuancée (la technologie a des points négatifs, peut être aliénante, mais est aussi un facteur positif, étendant les possibilités humaines : tout dépend de l’usage que l’on en fait), du Cyberpunk classique, ce qui est ironique lorsqu’on se souvient qu’à l’origine, ce dernier se positionnait exactement de la même façon par rapport à la SF parue avant lui.

Notez que de nos jours, le Postcyberpunk ne coexiste pas avec le Cyberpunk « classique », mais l’a remplacé. Par contre, il existe en parallèle d’autres sous-genres, que je considère comme des dérivés mais que certains placent sur le même plan que lui (certains que le Postcyberpunk « positif » n’est pas le genre parent d’un biopunk majoritairement assez noir, par exemple).

Biopunk

Le Biopunk (parfois appelé Ribofunk, voire Ribopunk -en référence au Ribosome, la pièce maîtresse de la machinerie cellulaire dans la traduction de l’ADN -ou plutôt de l’ARNm- en protéines de structure ou métaboliques-) est l’enfant à la fois du Cyberpunk et du Postcyberpunk : il hérite du second une emphase sur des technologies avancées, non-centrées sur l’informatique, les réseaux ou la cybernétique, et du premier un ton souvent très noir, une emphase sur les horribles expériences génétiques menées par des gouvernements ou des corporations sans scrupules (cherchant soit le contrôle des masses, soit le profit à tout prix) ou sur les dangers et la face sombre des biotechnologies, de la génétique, du clonage, etc. Un thème possible est aussi la stratification sociale créée entre ceux qui peuvent se payer les dernières avancées et ceux qui ne le peuvent pas (Gattaca).

Comme son nom l’indique, le Biopunk se concentre sur les biotechnologies, la génétique, la création de drogues régulant les fonctions métaboliques dans un sens ou un degré inédit, celle de « robots biologiques », de variantes « améliorées » de l’humanité, et ainsi de suite.

Bien qu’on place sa naissance en 1985, certains de ses romans ou recueils de nouvelles les plus emblématiques ne verront le jour qu’une décennie plus tard. On peut lire sur le net que ce sous-genre bien plus méconnu du grand public que le Cyberpunk est un peu mort-né, tant il s’est révélé peu prolifique. Personnellement, je nuancerai : s’il ne rassemble, certes, pas un grand nombre de livres, ceux-ci sont en général de grande qualité.

Une sélection de romans emblématiques : La musique du sang de Greg Bear, Les diables blancs de Paul McAuley, La fille automate de Paolo Bacigalupi, le cycle Rifteurs de Peter Watts, Le lait de la chimère de Robert Reed, L’une rêve l’autre pas ou Les hommes dénaturés de Nancy Kress, BIOS de Robert Charles Wilson (hybride de Biopunk et de Planet Opera très, très noir), et surtout Féerie de Paul McAuley et Ribofunk de Paul DiFilippo (nettement moins noir et nihiliste que le Cyberpunk ou même le Biopunk standard).

Nanopunk

Le Nanopunk relève de la même philosophie générale que le Biopunk (remplacer la cybernétique et les technologies de l’information par une autre science, plus avancée), mais remplace les bio- par les nano-technologies, encore plus avancées. De plus, il est globalement moins noir que le Biopunk. C’est encore un genre relativement émergent, loin d’avoir atteint une hypothétique maturité, mais qui a lui aussi déjà donné naissance à des œuvres très intéressantes.

Les deux références en matière de Nanopunk sont L’âge de diamant de Neal Stephenson ainsi que la majorité de l’oeuvre de Linda Nagata (dont Aux marges de la vision), mais on peut aussi citer La proie de Michael Crichton, La maison des derviches de Ian McDonald ou encore Bloom (en VO) de Wil « Collapsium » McCarthy (qui ne connaît pas Collapsium ne sait pas ce qu’est la Hard-SF !).

Solarpunk

Le Solarpunk est un sous-genre encore émergent, à tel point que certains doutent même de l’intérêt, à ce stade, d’en faire une nouvelle catégorie dans l’arborescence déjà très complexe qu’est la taxonomie de la SFFF.

Son but est de prendre le contre-pied complet du suffixe -punk, en proposant une atmosphère positive, un futur qui ne fait pas peur, dépourvu de guerres ou de catastrophes, avec une préoccupation écologique qui est au centre de tout. Chose incroyable, même les corporations y ont un comportement décent, et ne représentent pas le mal (capitaliste) absolu, omnipotent, prêt à tout pour une poignée de dollars.

Un bon exemple de ce nouveau courant est le cycle Les enfants de Poséidon par Alastair Reynolds.

Le Steampunk, ou le choc du Futur… dans le passé !

J’ai déjà eu l’occasion de parler du Steampunk dans un autre article, je ne vais pas revenir dessus en détail mais plutôt préciser quelques petits points de nature historique. La genèse du terme est attribuée à K.W. Jeter, un des précurseurs du genre avec Tim Powers et James Blaylock, justement pour qualifier les œuvres du trio, inscrites dans l’ère victorienne et la technologie basée sur la vapeur (d’où le « -steam ») et qui, selon lui, constituaient la prochaine évolution de la SF alors en pleine ère du Cyberpunk. C’est un autre pionnier, Paul Di Filippo (encore lui !), qui sera le premier à employer explicitement le terme dans le titre d’une de ses trilogies de romans.

De mon point de vue, le terme Steampunk est mal choisi et le fait d’en faire un sous-genre ou un dérivé du Cyberpunk une erreur, car les deux ne partagent en fait qu’un nombre de points communs limités (des changements de paradigme technologiques potentiellement déstabilisants et remodelant brutalement la société, par exemple). Le Steampunk, qu’on le considère comme un genre à part entière (c’est ma position), un sous-genre du Rétrofuturisme ou de l’uchronie ou encore une simple « esthétique » s’ajoutant à une classification plus classique, est trop différent du Cyberpunk pour établir une relation réellement pertinente entre les deux.

Contrairement au Biopunk (par exemple), le Steampunk a été très populaire dès l’origine, et est un genre (ou sous-genre, selon votre conception) vigoureux en terme de nombre de publications. Même certains des auteurs les plus emblématiques du Cyberpunk, comme William Gibson et Bruce Sterling, s’y sont essayés dans un roman commun, La machine à différences (que je n’ai jamais réussi à finir). Sa popularité est de plus en plus grande en France, et l’éditeur spécialisé en littérature SFFF le plus important sur le plan économique, Bragelonne, lui consacre même un « mois du Cuivre » et sa collection associée ! D’ailleurs, c’est un genre qui a inspiré un grand nombre d’auteurs français de premier plan.

Un autre signe certain de la vitalité et du succès du genre est le nombre de dérivés ou de sous-genres (selon la façon dont vous concevez la chose) auxquels il a donné naissance : en effet, certains se sont demandés pourquoi des Terres uchroniques caractérisées par une science rétrofuturiste (= en avance sur son époque théorique d’apparition) devaient forcément situer le point de divergence et / ou l’époque à laquelle se déroule le récit à l’ère Victorienne, comme le Steampunk. Dès lors, d’autres sous-genres sont apparus, et certains continuent encore à apparaître, comme le prouve le récent L’empire électrique de Victor Fleury, qui s’auto-classifie dans le « Voltapunk » (ce fix-up est centré sur une utilisation très futuriste -par rapport à l’époque Napoléonienne à laquelle il se situe- de l’énergie électrique -et pas de la vapeur-) : si besoin, je vous invite à vous référer à la critique de Xapur sur ce livre. D’autres auteurs se sont demandés si l’esthétique et certains codes du Steampunk pouvaient être appliqués à autre chose, par exemple à la Fantasy.

Les dérivés du Steampunk : quelques exemples

Voici ce qui constitue, à mon sens, le cœur des sous-genres ou des dérivés du Steampunk, les plus importants en terme d’œuvres associés, les mieux définis et les plus susceptibles de perdurer en tant que sous-classification à part entière, ceux dont la pertinence fait le plus consensus parmi les auteurs reconnus.

Clockpunk

Le Clockpunk, c’est du rétrofuturisme avec une technologie non pas basée sur la vapeur mais sur les engrenages et les ressorts, de type Renaissance. Certains y classent L’alchimie de la pierre d’Ekaterina Sedia, et on pourrait faire de même avec L’automate de Nuremberg de Thomas Day. Les autres romans considérés comme emblématiques de ce sous-genre sont trop obscurs ou ont eu des critiques trop mitigées pour avoir attiré l’attention du grand public à l’instar des Voies d’Anubis (par exemple) de Tim Powers pour le Steampunk mainstream. Si l’on prend en compte l’aspect « révolution industrielle à la Renaissance », on peut enfin citer Les conjurés de Florence de Paul McAuley.

Dieselpunk

Alors que le Steampunk s’inscrit dans l’ère Victorienne et celle de la vapeur, le Dieselpunk (terme apparu en 2001) couvre la période allant de la Première Guerre mondiale au début des années 50, mais toujours avec un aspect à la fois rétrofuturiste et uchronique. Certains placent même le curseur à la période de l’entre-deux-guerres seulement, mais l’abondance d’uchronies liées à la Seconde Guerre mondiale dans ce sous-genre rend cette approche peu pertinente.

Le ton des livres concernés se place quelque part entre le rétrofuturisme, l’uchronie, le roman noir et le pulp, avec parfois une touche d’Horreur ou de magie / surnaturel. Certains classent d’ailleurs le cycle des Chroniques du Grimnoir de Larry Correia dans le Dieselpunk. Qui est d’ailleurs lui-même divisé par certains en deux sous-sous-genres, un dystopique et un autre plus utopique. On peut aussi citer Léviathan de Scott Westerfeld (bien que lui-même ne soit pas d’accord et classe plus volontiers son livre dans le Steampunk mainstream), un roman Young adult.

Atompunk

L’Atompunk concerne, lui, la période comprise entre 1945 et 1965, celle du Communisme, de la Guerre froide, de la course aux armements et à l’espace. Sauf qu’avec des rayons de la mort, c’est encore plus rigolo. Ce n’est, pour l’instant, pas un genre forcément prolifique ou ayant attiré / fait émerger des auteurs connus, mais il est, logiquement, forcément destiné à se développer au fur et à mesure qu’une certaine lassitude se fera sentir par rapport au rétrofuturisme Victorien.

Gaslamp Fantasy

Je vous en ai parlé dans l’article précédent, que je vous invite donc à lire.

Sachez, pour terminer, qu’il existe d’autres sous-genres en -punk, qu’ils soient futuristes (dérivés du cyber- ou du postcyber-punk) ou rétrofuturistes, mais aucun d’entre eux ne m’a paru suffisamment pertinent, clairement défini ou clairement distinct de sous-genres existants pour mériter un paragraphe à part entière (je n’adhère pas, par exemple, à l’idée que l’Arcanepunk soit significativement distinct de la Science-Fantasy). De plus, ils manquent d’un élément fondamental reliant tous les autres (sauf éventuellement la Gaslamp / Gaslight Fantasy) : la connexion à un domaine technologique particulier (cybernétique, biotechnologies, nanomachines, vapeur, etc).

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16 réflexions sur “Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : partie 6 – Genres et sous-genres en -punk

  1. Superbe article!
    Je me suis souvent demandée le point commun entre steampunk et cyberpunk – mis à part le punk final. Je n’y vois toujours pas énormément de similitudes.

    Pour la sfpunk, j’ai tendance à classer tout cela en transhumanisme. J’aime beaucoup la façon dont tu montres l’évolution du punk, en parallèle de la technologie, la réalité rejoignant et dépassant la fiction. Bon, je n’imagine pas encore Gibson obsolète pour autant.
    Le postcyberpunk me plait bien, et j’avoue que la Solarpunk me séduit surtout dans l’optique de lire des romans sur un futur qui ne soit pas unanimement noir et déprimant (les actualités le sont déjà assez).

    Richard Morgan est très intéressant dans ce registre punk car je vois que l’auteur parvient à concilier les genres et des technologies, en gardant une ambiance punk mais avec une note d’espoir.

    Je confirme que tu peux classer Les chroniques du Grimnoir en dieselpunk.

    Je suis heureuse car j’ai quelques titres au programme : tome 2 et 3 de R. Morgan, Le samouraï virtuel, la musique du sang, BIOS, l’âge de diamant, l’empire électrique et les conjurés de Florence. Toutes ces précisions boostent mon envie de lecture et, je suis certaine, leur appréciation.

    Mais je vois qu’il me faut absolument découvrir Di Filippo!!!

    Merci Apo, Dieu taxi égyptien!

    Aimé par 1 personne

    • Merci 🙂

      Richard Morgan est un super auteur, que je conseille vivement à ceux qui 1/ n’ont pas eu l’occasion de le lire et 2/ ne sont pas effrayés par une ambiance noire, sexuelle et violente.

      Merci pour la confirmation pour le Grimnoir ! (je n’ai prévu de le lire qu’en décembre).

      La musique du sang, BIOS et L’âge de diamant sont de supers bouquins, j’ai eu l’occasion de les lire il y a quelques années (c’était avant le blog, malheureusement) et chacun (particulièrement le troisième) vaut vraiment le coup.

      Il faut que j’insère le Samouraï virtuel dans le programme, et pour ce qui est de L’empire électrique et des Conjurés, je n’étais pas plus tenté que cela, mais en rédigeant l’article, j’ai eu envie de tenter, à l’occasion (même si je suis systématiquement déçu par McAuley).

      Aimé par 1 personne

  2. J’adore ces catégories-là ! et il est très important en effet de mettre en valeur l’aspect « punk » de la chose, culturellement en marge (et non « en marche »), politiquement contestataire. C’est pour ça que le solarpunk est un peu biaisé, j’avoue.

    Aimé par 1 personne

  3. Merci pour cette série d’articles (et pour le lien !).
    J’avais beaucoup aimé le cyberpunk à sa sortie (Neuromancien, Horizon Vertical..) ça changeait en effet radicalement de ce qu’on avait l’habitude de lire. Justement, il faut que je lise prochainement le Samouraï virtuel, ton article tombe à pic.

    Aimé par 1 personne

  4. Waow, super article merci ! Sacrément fourni et très instructif.
    C’est d’autant plus intéressant d’avoir une vision plus large des -punk. Je connaissais déjà un peu le cyberpunk (d’autant plus depuis que je l’ai choisi comme sujet d’étude pour un book, mais le sujet n’a au final été que survolé) et le steampunk bien sûr, difficile de passer à côté.
    Je partage plutôt l’avis de considérer steam et cyberpunk comme deux genre différents, car sans être très familier du steam (en fait je connais principalement l’esthétique et quelques rapides sujets abordés) j’ai l’impression que les questions plus liées à la (sur)technologisation et l’humanité (notamment quand on part du côté transhumanisme) qui me semblent assez centrales du cyberpunk sont peu voire pas ? exploitées dans le steampunk.
    D’ailleurs je me rends compte que de nombreux de mes amis plus sensibles aux thèmes du steampunk, restent plus insensibles à ceux du cyberpunk et vice-versa.

    Aimé par 1 personne

    • Merci.

      Tout à fait, si la thématique du rapport de l’homme à la technologie est abordée dans le Steampunk, elle ne l’est pas avec la même acuité que dans le Cyberpunk, et l’aspect transhumaniste est en grande partie absent à l’âge de la Vapeur.

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  5. Merci pour cet article. C’est toujours bon de connaître ses classiques. J’avoue être un peu hermétique à toutes ces appellations, souvent inventées pour des raisons marketing (au-delà du mouvement initial). J’ai été énormément influencé par le cyberpunk, sans avoir lu Neuromancien (qui est dans ma PAL), mais surtout via « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques », mais aussi à travers le cinéma et le jeu. J’ai un petit roman cyberpunk qui dort… Qu’il faut que je reprenne parce que je l’ai écrit d’une traite, comme un exutoire ! Rien de bien original.

    Le postcyberpunk est intéressant avec l’essor du transhumanisme et tout ce que cela implique, il est difficilement dissociable du biopunk je pense, l’essor technologie aura forcément un aspect biologique. Quant au Nanopunk, Ian McDonald m’a conquis sur ce point.

    Aimé par 2 people

  6. Ouah! Ca change le nouveau visuel! Pour en revenir à ton article, c’est toujours aussi passionnant et je ne connaissais pas du tout les différences entre les -punks. Merci de cette précision.

    Aimé par 1 personne

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