Les chevaux célestes – Guy Gavriel Kay

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Un magnifique roman, comme toujours avec Guy Gavriel Kay

chevaux_celestesGuy Gavriel Kay est au centre d’un véritable mystère : auteur de fantasy reconnu (traduit en 25 langues, ayant vendu plus de deux millions d’exemplaires de ses romans), ayant participé à la mise en forme du Silmarillion avec Christopher Tolkien, écrivain au talent tout simplement immense (lisez ma critique des Lions d’Al-Rassan pour vous en convaincre…), il est malheureusement victime d’une véritable catastrophe commerciale en France. Un directeur de collection bien connu a un jour déclaré qu’en gros, se lancer dans une traduction de Kay, c’était mettre à-moitié la clé sous la porte tant les chiffres de vente étaient ridicules. Autant dire que le contraste violent entre la qualité des livres en question et leur accueil par le lectorat français, même s’il peut s’expliquer sur certains plans (fantasy sans beaucoup d’éléments fantastiques le plus souvent, à dessein peu spectaculaire, au rythme lent, introspective), reste pour moi du domaine de la pure injustice. Il faut cependant dire que la faible disponibilité des versions françaises des ouvrages de l’auteur canadien (pas de version électronique le plus souvent, introuvables neufs à part à la rigueur pour les 1-2 derniers sortis, pas d’impression à la demande) fait que, même avec la meilleure volonté du monde, il n’est plus très aisé, sur un plan technique, de découvrir son univers.

Bref… Les chevaux célestes, donc, est le premier roman d’un diptyque, le second paraissant en Novembre sous le titre Le fleuve céleste (il reprend l’univers du tome 1, mais quatre siècles plus tard). Notez que les deux tomes sont proposés par l’Atalante dans une nouvelle traduction, différente de celle réalisée par la maison d’édition québécoise Alire.

Univers

Comme la quasi-totalité de l’oeuvre de Kay, ce livre relève de la Fantasy historique. Le cadre est cependant beaucoup plus exotique que ceux, inspirés par l’Europe, majoritairement adoptés jusque là, puisqu’il place l’action dans un équivalent imaginaire de la Chine. Les noms changent, mais fondamentalement, c’est la même chose, avec une pincée de fantastique en plus (j’y reviendrai) : la Longue Muraille remplace la Grande Muraille, la Kitai de la Neuvième Dynastie remplace la Chine des Tang (au milieu du huitième siècle, pour être précis), Xinan est l’équivalent de Xi’an, les Bogü sont les mandchous, et ainsi de suite.

L’auteur a fait, comme à son habitude, de longues et minutieuses recherches, et s’est entouré du conseil des meilleurs spécialistes. En conséquence, même s’il se sert du prisme de l’imaginaire, son roman a presque la précision des meilleurs romans historiques, et ses descriptions, son ambiance, sont riches, précises et sonnent vrai.

Pour le lecteur, en revanche, mieux vaut ne pas trop connaître l’histoire de la dynastie Tang, faute de s’auto-spoiler le déroulement des événements.

Je le disais à propos d’Al-Rassan, et c’est également vrai pour ce roman : il s’agit d’excellentes portes d’entrée pour quelqu’un qui ne connaîtrait pas la Fantasy ou ne l’apprécierait pas. Les éléments fantastiques sont au nombre de deux, trois si on compte la daiji (femme-renarde), sur laquelle l’auteur lui-même fait peser une grosse ambiguïté en ce qui concerne son caractère surnaturel… ou pas. D’ailleurs, voilà une piste qui pourrait expliquer le fait que certains lecteurs n’adhèrent pas à la Fantasy historique de Kay : c’est peut-être trop peu riche en éléments fantastiques pour eux. Personnellement, ça me gène d’autant moins que le reste des éléments du roman (personnages, niveau d’écriture, immersion, etc) est d’un niveau si stratosphérique que franchement, qu’il y ait de la magie, des dragons ou je ne sais quoi… ou pas, franchement, on s’en fiche.

Bases de l’intrigue

Nous suivons au début de l’histoire Shen Tai (comme chez nombre de peuples asiatiques, le nom de famille vient en premier), un des trois fils d’un célèbre général, Shen Gao, récemment décédé. Tai a choisi de passer les deux ans et demi de deuil réglementaire à la frontière ouest de la Kitai, près du lac où son père a mené son plus glorieux combat. Là bas, 100 000 squelettes de soldats de la Kitai et du Tagur (traduisez : Empire Tibétain) attendent que quelqu’un leur donne une sépulture pour trouver le repos éternel. 40 000 d’entre eux étant l’oeuvre de son père, Tai se donne pour mission, comme sacerdoce presque, d’accomplir cette tâche herculéenne. Son abnégation à la mener à bien, au mépris de son confort personnel, lui vaudra le respect des deux camps, désormais liés par un traité de paix et par le sang, une princesse impériale ayant été donnée pour épouse à Sangrama, le Lion de Tagur.

Et justement, ces deux souverains vont décider de récompenser Shen Tai, et pas de n’importe quelle façon : en lui donnant des chevaux. Là, ami lecteur, je te sens dubitatif : « Mouais, des chevaux, ça devait valoir quelque chose, mais tout de même, c’est un poil radin, non ? Pourquoi pas des terres, des titres et des bijoux ? ». Et c’est là que tu te tromperas. Ce qu’il faut comprendre, c’est que les chevaux de la Kitai (et des Bogü) sont des petits machins, tout trapus et à-demi moisis, plus dignes du poney moderne que du fier étalon dont nous avons l’image. Mais, (loin) à l’ouest du plateau Taguran, il existe un pays, nommé la Sardie, dont les coursiers sont si extraordinaires qu’ils sont nommés les chevaux célestes. En recevoir un est considéré comme une immense récompense; cinq, et on change de statut, attirant par là-même des jalousies potentiellement mortelles ; Shen Tai, lui, en reçoit… 250. Va alors se poser le délicat problème de leur acheminement vers la capitale, et celui des problèmes politiques que ce don extraordinaire va entraîner, tant il bouleverse l’équilibre de certains pouvoirs.

Ce qui inquiète Tai, cependant, est qu’il vient de subir une tentative d’assassinat, alors qu’il vient juste d’apprendre pour le don des chevaux et que la nouvelle n’a donc en aucun cas pu se répandre. Qui a voulu le tuer, et surtout pourquoi ? Vous découvrirez la réponse dans le roman !

Personnages

La très grande force d’un roman de Kay, outre le style très plaisant, la redoutable maîtrise de certaines techniques littéraires (comme le fait de vous conduire à croire à quelque chose alors que la vérité est complètement différente) et le côté minutieux de la reconstitution quasi-historique, est le côté extraordinairement vivant des personnages. Dire qu’on s’y attache, qu’on est touché par leur sort, qu’on les trouve solides, rend tellement peu justice à la réalité qu’il faut vraiment lire un roman de Kay pour s’en rendre compte.

Une fois de plus Kay a su me toucher, notamment via une scène extraordinaire avec la concubine préférée de l’Empereur. On apprécie la très longue fin et l’épilogue (on peut presque dire que la fin fait un bon quart du livre), qui, comme dans Al-Rassan, nous donne une idée du sort de chaque protagoniste, même des années, voire des décennies, après la fin des événements relatés.

Toutefois, même si je place Les chevaux célestes très haut dans mon panthéon personnel, je dois dire que j’ai préféré Les lions d’Al-Rassan sur la majorité des plans, y compris les personnages principaux. La raison en est simple : Shen Tai est souvent conduit à jouer une partition écrite pour lui par d’autres, particulièrement les (excellents) personnages féminins. Il manque donc de ce côté « acteur de premier plan de l’Histoire (avec un grand H) » qui caractérisait les deux personnages masculins principaux d’Al-Rassan. En revanche, même si ce dernier avait de formidables personnages féminins (Jehane et l’épouse de Rodrigo), ceux des Chevaux célestes sont à mon avis supérieurs sur certains plans, à commencer par l’inoubliable Wen Jian, mais sans oublier Wei Song la guerrière Kanlin (traduisez : Shaolin), Bruine-de-Printemps ou Li Mei, la princesse offerte en mariage à l’héritier Bogü.

Shen Tai est plutôt complexe, mélange de soldat et de lettré, d’ascète et d’adepte de la boisson et de la compagnie des courtisanes (l’une d’elles ayant un grand rôle à jouer dans l’intrigue). Les autres personnages masculins sont très bons, de Roshan le général d’origine barbare, qui revendique le fait d’être fruste et illettré à son complet opposé, le truculent et talentueux Sima Zian le poète, en passant par le prince héritier Shinzu ou par un être fantastique (c’est, et de loin, l’élément le plus surnaturel du récit) dont je vais taire le nom et les caractéristiques. De mon point de vue, Liu et Wen Zhou sont un poil plus faibles selon les standards de Kay, mais restent, dans l’absolu, de solides personnages.

Comme souvent avec Kay, le personnage principal n’est pas réellement celui qu’il semble être de prime abord : il ne faut pas vous y tromper, ce sont les quatre femmes citées plus haut qui sont les véritables héroïnes de l’histoire, tout simplement via l’influence qu’elles ont ou ont eu sur les décisions de Shen Tai ou sur son destin, qu’il se contente souvent de « subir », bien qu’il se révolte contre cette passivité qui lui est imposée par les circonstances ou les commandements de femmes qui ont un pouvoir sur lui. Certes, dans cette civilisation pseudo-chinoise, ce sont les hommes qui détiennent officiellement l’autorité, mais depuis longtemps, les femmes les plus intelligentes et habiles ont su l’influencer, la détourner, la subvertir à leur profit.

Ce qui frappe, c’est la façon dont on vit les événements, dont le sort de ces personnages nous touche. A mon âge et après avoir lu des centaines de livres de Fantasy (ou de romans tout court), il est rare que je sois vraiment, réellement pris aux tripes : Kay a accompli cela non pas une fois, mais deux. Et il me reste encore beaucoup de ses romans à lire…

Ecriture

L’écriture de Kay est une merveille : sans employer un style pédant, il peint les tableaux évocateurs de mondes disparus, que ce soit la Chine des Tang ici ou l’Espagne sous domination musulmane dans Al-Rassan. La lecture est donc fluide et agréable, mais par contre, une particularité qu’on retrouve souvent dans ses romans est à signaler : le rythme est très lent, d’une part, et d’autre part on se concentre plus sur les personnages et leur place dans la fin d’un monde et l’apparition d’un nouveau que sur les combats, les grandes quêtes héroïques, les prophéties ou tout ce qui fait, d’habitude, partie des codes de la fantasy plus classique. Bref, si c’est de l’épique que vous voulez, vous êtes à la mauvaise adresse : les tableaux doux-amers peints sont certes magnifiques, mais peu trépidants dans le sens gerbes de sang et épées qui s’entrechoquent (encore que, dans celui-ci…). Le roman ne décolle vraiment, en terme de rythme, que dans son dernier quart : avant, celui-ci n’est pas lent ou ennuyeux, mais je dirais… posé. Avec cette lenteur majestueuse qui sied à l’Empire Chinois. Mais ne vous y trompez pas : il y a là-dedans de nombreuses scènes et dialogues d’une intensité tout simplement fabuleuse, les premières vous prenant aux tripes et les seconds vous faisant vous délecter d’une écriture si finement ciselée, un véritable joyau.

Une particularité de ce livre est la large place laissée à la poésie : l’art en général (poésie, donc, mosaïques -Sarance-, musique, etc) a une place très importante dans l’oeuvre de Kay, et ce roman ne déroge pas à cette tradition, pour ne pas dire cette règle. Sur ce plan, il se rapproche d’Al-Rassan, via le personnage d’Ammar. Vous verrez donc souvent de courts poèmes, qui participent à la création, dans l’esprit du lecteur, de l’image raffinée qui convient tant à cette période historique. Enfin, la poésie a une énorme importance, tout à fait concrète, dans l’univers du roman, puisqu’il faut s’y adonner, et avec talent, pour grimper l’échelle d’une bureaucratie omniprésente et toute-puissante (sur les 2 millions d’habitants de la capitale, 140 000 sont des Mandarins de l’un quelconque des neuf échelons).

Si le point de vue principal est celui de Shen Tai, d’autres sont adoptés assez fréquemment, en fonction de ce qui sert le mieux l’intrigue, le world- ou character-building. Il y a même des moments, particulièrement à la fin, où c’est le point de vue d’un narrateur omniscient qui est adopté.

Un mot sur l’édition (électronique)

Comme nous venons de le voir, même au sein d’un seul et même chapitre, le point de vue peut varier entre ceux de divers personnages. Le problème de la version numérique de ce roman est que rien ne le signale : on passe littéralement du coq à l’âne. Bref, c’est le genre d’écueil briseur d’immersion qui m’agace prodigieusement : d’une part, c’est extrêmement désagréable, et d’autre part, c’est vrai qu’il doit être effroyablement compliqué de mettre un trait ou trois étoiles au milieu de la page, hein.

Pär contre, sur tous les autres plans, l’édition est impeccable : pas une coquille ou une faute, un dramatis personæ, une carte, une très bonne traduction, bref, que demande le peuple ?

En conclusion

Cet excellent roman est assez typique du volet Fantasy historique de l’oeuvre de Kay : au rythme posé (il ne « démarre » réellement que dans son dernier quart), quasi-complètement dépourvu d’éléments fantastiques, avec d’excellents personnages (très vivants et très attachants) et un monde inspiré par une époque historique terrestre précise mais (re)vue selon un prisme imaginaire, il passionne, fascine même. Les dialogues et certaines scènes coup-de-poing sont des bijoux d’écriture ou d’immersion, mais ne doivent pas faire oublier que ce livre ne plaira malheureusement pas à tout le monde : trop peu fantastique ou trop inspiré par le monde réel pour certains, trop lent pour d’autres, trop peu sanglant ou épique pour certains autres, il ravira en revanche les lectrices et lecteurs aimant les livres faisant la part belle au décor, à l’ambiance, à l’introspection, à la psychologie des personnages, aux tableaux doux-amers de « mondes » historiques disparus.

Sur un plan très personnel, j’ai beaucoup aimé ce livre, dont j’attends avec impatience la « suite », qui sort le mois prochain (mais se déroule quatre siècles plus tard). Cependant, je le place tout de même en-dessous des Lions d’Al-Rassan, qui, lui, m’avait pris aux tripes de bout en bout et qui proposait des personnages bien plus maîtres de leur destin. Dans les deux cas, toutefois, je voue un culte à l’excellence de l’écriture, des personnages et aux épilogues qui donnent une idée du destin des protagonistes (survivants…) sur le très long terme, ce qui est finalement assez rare en Fantasy (on peut citer Le Seigneur des anneaux, par exemple).

Un dernier mot : à part peut-être son incursion dans la Provence contemporaine et l’Urban Fantasy (bizarrement son seul livre couronné par un prix prestigieux, à savoir le World Fantasy Award…), TOUT dans l’oeuvre de Kay est prodigieusement intéressant, que ce soit en Fantasy classique (Tigane, Fionavar) ou en Fantasy historique (les autres). Si vous en avez l’occasion, lisez ses livres. Si les écueils éventuels cités plus haut (rythme lent, peu de magie, de races ou de bestioles fantastiques, etc) ne vous dérangent pas et que vous pouvez mettre la main sur un de ces romans, n’hésitez pas, vous avez peu de chances de faire un mauvais achat. Je vous conseille de commencer par Al-Rassan, qui, de l’avis général, a le meilleur départ et le rythme le plus constant.

Pour aller plus loin

Si vous avez aimé ce roman, vous devriez également apprécier sa « suite » (même univers, trois siècles et demi plus tard), Le fleuve céleste.

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle de Boudicca sur le Bibliocosme, celle de Lorhkan, celle de Lutin sur Albedo,

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38 réflexions sur “Les chevaux célestes – Guy Gavriel Kay

  1. La lecture de cette critique ne me fait pas découvrir Les chevaux célestes qui sont dans ma wish-list. C’est même toi qui me l’avais conseillée. Depuis, j’ai fait de brèves recherches qui m’incitaient à le lire. J’avoue : j’attendais d’avoir ton avis. Tu m’a encore une fois convaincue!

    (malgré la longueur de ta chronique!), j’ai une ou deux questions :
    Bon, le fantastique et moi ce n’est pas une formidable histoire d’amour, mais si c’est cohérent avec l’hsitoire cela ne me gêne pas. La femme-renard dont tu parles, c’est le cas je suppose ? (Car dernièrement, une bouilloire qui se métamorphose en animal, ce n’est pas passé. L’épouse démone cela aurait pu, mais la bouilloire a fait déborder ma jauge crédulité volontaire)

    J’ai franchement l’impression que nous avons un roman comparable à la trilogie de l’Empire de Feist et Wurst ( qui est une grand moment de lecture fantasy pour moi)? Ferais-tu le rapprochement ?

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    • Ah, toi tu as lu l’inspecteur Zhen et la traîte des âmes !

      La femme-renarde est très semblable au Kitsune du folklore japonais : en fait le héros a affaire à une très, très jolie jeune femme qui veut se donner à lui, mais il n’est pas certain du fait que ce soit une humaine ou un esprit-renard qui peut prendre une telle forme. Honnêtement, si tu t’intéresses aux mythes et légendes asiatiques (et je crois savoir que c’est le cas), ça ne devrait pas te poser de problème.

      Concernant le parallèle avec la trilogie de l’empire, pas vraiment, en fait : le niveau de qualité et d’empathie du lecteur pour les personnages est le même, mais les ressemblances s’arrêtent là : pas d’hommes-insectes ou de magie surpuissante ici, et on est beaucoup, mais alors beaucoup plus proche de la réalité historique chez Kay que chez Feist / Wurts, où c’est plus un mélange chine / japon fantasmé, hollywoodien, que réaliste.

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      • Oui pour l’inspecteur Zhen!
        Oui, les mythes japonais m’intéressent, c’est difficile d’apprécier manga, livres et film sans connaître un peu. Je vois mieux ce que tu veux dire.
        OK pour la comparaison limitée avec L’Empire!

        Merci. 🙂

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  2. Kay est vraiment un grand ! et chaque fois, l’époque visitée et réinventée est magique ! Le seul raté est celui se passant à Aix de nos jours : « Ysabel » ,un roman pour ados et avec des expressions québécoises passant très mal en français…
    Je recommande « Une chanson pour Arbonne » très méconnu et pourtant splendide…

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    • Je suis tout à fait d’accord. Le plus étonnant là-dedans est qu’Ysabel est le seul roman de Kay qui a été couronné par un prix prestigieux, à savoir rien de moins que le World Fantasy Award.

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  3. Pingback: Les chevaux célestes | Le Bibliocosme

  4. Pour moi c’est toujours frustrant de découvrir des critiques sur les romans de Kay, car ils ont tous les ingrédients pour que je me régale… hormis le fait que je suis totalement réfractaire au fait de lire du roman historique déguisé qui se contente de changer les noms. Pourquoi appeler « Kitaï de la neuvième dynastie » ce qui est la Chine des Tang, pourquoi appeler An-Lushan « Roshan » ou Wu Zetian « Wen Jian » alors que ces personnages sont calqués sur les personnages historiques réels… Je ne vois pas l’intérêt pour le lecteur. On peut tout à fait intégrer des éléments fantasy / surnaturels en gardant les véritables noms historiques, non ? Surtout que pour le coup, personne ou presque ne les connait en Occident, ils ont déjà l’air suffisamment « imaginaires » en eux-mêmes…

    En fait le pourquoi du comment m’apparaît clairement à la lecture de ta critique des « Lions d’Al-Rassan » :

    « La différence avec un vrai roman historique, c’est que le changement de quelques noms de peuples / religions / villes / pays / civilisations, ainsi que le fait de redessiner vaguement les cartes de l’Europe, fait que l’auteur n’a pas besoin d’avoir la précision universitaire qui rend les romans historiques si compliqués à écrire, du moins si on ne veut pas se faire démolir par les critiques pro et les historiens. Là, il suffit « juste » de préserver l’esprit, l’esthétique, les coutumes et la situation générale de l’époque, et on est bon. »

    Bref, l’intérêt n’est pas pour le lecteur, mais pour l’auteur uniquement, pour qui cela constitue une facilité d’écriture…

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    • A propos de la fantasy historique en général, oui, on peut parler de facilité d’écriture : cela évite 1/ d’inventer un monde original et 2/ les longues descriptions (il suffit par exemple de faire comprendre au lecteur que la nation x est Rome et la y Carthage -cf Qushmarrah de Glen Cook, par exemple- et le reste se met en place tout seul dans l’esprit du lecteur).

      Personnellement, j’y vois un autre avantage : admettons qu’au lieu de parler d’Al-Rassan, il ait parlé de l’Al-Andalus réel, et ce dans des termes qui ne convenaient pas aux musulmans modernes (ou aux espagnols, peu importe) : il pouvait dans ce cas générer tout un tas de polémiques, qu’il a très facilement pu éviter en créant des civilisations imaginaires mais fortement inspirées par des civilisations réelles. Si on vient lui chercher des poux, il peut très bien rétorquer que son Al-Rassan n’est pas supposé refléter parfaitement Al-Andalus, et que donc ce qui s’applique à l’un n’a pas forcément la même signification dans l’autre.

      Même si Kay est un des rares représentants de ce sous-genre, on peut difficilement le taxer de céder à des facilités : comme je l’explique, c’est tellement documenté (avec visiblement beaucoup de travail de préparation derrière) que c’est d’une précision et d’une véracité hallucinante.

      De la fantasy inspirée par des civilisations terrestres (à commencer par les japonais, les vikings et les égyptiens), il y en a littéralement des tonnes (y compris dans le Jeu de rôle), aussi je trouve que venir dire que Kay n’est pas original et cède à des facilités est un poil injuste et… facile, justement. Parce que sinon, il faut faire le même procès à tout un tas de personnes, à commencer par Tolkien, qui s’est lourdement inspiré des légendes nordiques, ou à Feist / Wurts, qui se sont inspirés de la Chine et du Japon pour leur trilogie de l’Empire. Bref, en gros, j’ai l’impression que le travail de Kay est mal récompensé : en gros, si on fait de la Chine « Hollywoodienne », pleine de clichés, avec plein de magie et des races fantastiques dedans, c’est bien, mais par contre si on essaye de coller à la réalité historique en romançant un peu et en introduisant un poil de fantastique, c’est nul ? Autant te dire que des deux, c’est la seconde, la plus documentée et la moins caricaturale, que je préfère, et de loin.

      Je ne suis pas du tout d’accord sur le fait que dans ce cas, on pourrait tout aussi bien intégrer les éléments surnaturels dans le véritable contexte historique : personnellement, si j’aime beaucoup, d’une part, les romans historiques, et d’autre part la fantasy historique, je détesterais lire un roman qui expliquerait certains événements purement historiques par de la magie, l’intervention des dieux ou de créatures surnaturelles. Bref une sorte « d’histoire secrète magique » du monde normal, cartésien, réel. Déjà que j’ai du mal avec les extraterrestres dans la tétralogie des origines, alors… Une uchronie de fantasy, à la téméraire ou Pével, ok, mais de l’histoire secrète magique, non, berk.

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      • Je crois qu’on a des conceptions tout à fait opposées de ce qu’est et ce que doit être la fantasy historique… Ce qui tendrait à expliquer pourquoi tu adores Kay alors que sa démarche me rebute !

        Le fait qu’il se soit documenté avec un grand sérieux pour écrire ses romans, c’est finalement ce que le lui reproche en premier lieu : quel gâchis, à mes yeux, que de maîtriser à ce point la Chine des Tang (je n’ai pas lu « Les Chevaux Célestes » mais je te fais confiance là-dessus) pour nous servir du « Kitaï », du « Roshan » ou du « Wen Jian », comme un élève ayant mal appris sa leçon et qui est obligé d’inventer pour masquer son ignorance… alors que pour le coup ce n’est pas du tout le cas !

        Je préfère finalement une démarche comme celle, pour reprendre ton exemple, de Feist (qui n’est pourtant pas un auteur que j’affectionne) : il s’inspire clairement d’une civilisation existante, mais la réinvente pour en faire un univers de fantasy qui lui est propre, de la même manière que chez Howard (je suis en pleine période Conan !) l’Aquilonie s’inspire de l’empire romain, la Stygie de l’Égypte antique, la Cimmérie du monde celte, etc. mais sans que l’Histoire prenne le pas sur l’imaginaire.

        Ceci dit, pour moi il ne s’agit pas là de fantasy historique, laquelle consiste, justement, à revisiter la véritable Histoire à travers le prisme de l’imaginaire et du surnaturel. Par exemple dans « La lune et le roi-soleil » de Vonda McIntyre, on a une bonne description de la cour de Louis XIV, très sérieuse, crédible et bien documentée, ce qui n’empêche pas l’élément surnaturel (la sirène) de s’y intégrer parfaitement… Alors qu’avec Kay on aurait sans doute eu quelque chose du genre : « Dans son palais de Varseye, Luis le quatorzième, le roi-lumineux, règne sur le royaume de Firancia… »

        Bref, ce n’est qu’une histoire de goûts et d’attentes personnels, Kay a de nombreux adeptes, tant mieux, et tant pis pour moi, j’irai trouver mon bonheur ailleurs ! (Mais c’est quand même frustrant, j’aurais bien voulu un roman sur la Chine des Tang ou sur la Reconquista !)

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        • Je dois avouer que, même si ça ne me scandalise pas, j’ai à peu près le même avis ! Je trouve curieux cette sorte d’uchronie qui finalement n’en est pas une du tout… Il y a de nombreux récits classiques qui se parent d’un brin de fantastique en restant dans notre contexte historique, et « Les chevaux Célestes » auraient très bien pu être écrit dans le vrai contexte, en changeant une chose ou deux, ce que n’hésitent pas à faire les auteurs qui romancent l’histoire, même les plus sérieux… Ou bien est-ce par purisme ? L’idée de toucher ne serait que d’un poil à l’histoire (qui n’a rien de figé puisqu’on ne la connaîtra jamais parfaitement) l’offusque, alors il préfère proposer une version bis, juste un chouia décalée ?

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        • Dans la conception anglo-saxonne de la chose, la Fantasy historique peut concerner l’inclusion d’éléments fantastiques dans la vraie histoire OU un monde imaginaire mais qui ressemble trait pour trait à une période donnée de l’histoire réelle (c’est l’approche adoptée par Kay, Marie Brennan, Glen Cook, etc). Donc, selon cette conception, nous n’avons pas deux points de vue opposés sur ce qu’elle est ou doit être, vu que les deux points de vue contemplent en réalité deux facettes différentes de la même chose. Après, chacun de nous deux peut préférer une des deux facettes du joyau, pas de souci.

          Et puis bon, au-delà de ça, Kay pourrait bien écrire ce qu’il veut, de la fantasy, de la SF ou les aventures de Picsou, des romans avec des personnages et une immersion de cette qualité là, j’en redemande, quel que soit leur genre.

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          • Contempler les deux facettes d’un même joyau : c’est joliment dit, et cela a le mérite de mettre tout le monde d’accord. Je m’incline !

            Et je trouve également intéressante la remarque d’helenelouisechimere ci-dessus : je mets d’emblée la démarche de Kay sur le compte d’une certaine facilité, mais il s’agit peut-être plutôt, en effet, d’un trop grand respect envers l’Histoire réelle. Je suis de ceux (aussi bien en tant que lecteur qu’en tant qu’auteur) qui, à la suite du mot fameux de Dumas, ne s’offusquent pas que « l’Histoire soit violée si on lui fait de beaux enfants »… Mais je comprendrais tout à fait que Kay soit d’un autre avis. D’ailleurs s’il existe quelque part une interview où il explicite sa démarche d’écrivain, sa vision de la fantasy et de l’Histoire, etc. je suis preneur !

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              • Merci pour le lien, j’ai commencé à parcourir tout ça et j’ai déjà trouvé une réponse à mes interrogations :

                « Je me suis senti très à l’aise pour faire ma petite entorse « habituelle » aux noms et aux lieux « réels » pour avoir un cadre qui s’inspire et évoque ces éléments réels mais n’est pas identique. Je fais cela depuis des années, en grande partie pour montrer mon respect : on ne sait pas, par exemple, quel genre de personne était vraiment Yang Guifei, quelle conversation elle pouvait avoir avec l’empereur ou les courtisans. Je ressens une liberté créative et morale émerger du fait que je ne prétends pas tout connaître, en mettant mes mots dans sa bouche (et c’est pareil avec d’autres personnages). Mes personnages évoquent les figures réelles, mais reconnaissez qu’aucun d’entre nous aujourd’hui ne peut vraiment les « connaître », ou connaître leur vision du monde. »

                Extrait d’une interview sur Elbakin : helenelouisechimere avait donc vu juste !

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                • Ah, ah, je suis trop forte, j’ai des Supers Pouvoirs de Divination TransLecturielle ! 😀
                  (et c’est vrai que cette petite police riquiqui, et surtout cet interlignage serré, rend la lecture pénible… alors qu’ici c’est super clair et lisible, un bonheur pour les yeux !)

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  5. Je n’ai lu que deux livres de cet auteur, avec des impressions si opposées que je n’ai jamais osé retenter un autre de ces romans. Et ce n’est pas le peu de fantastique que me gêne, je lis de tous les styles, c’est toujours l’histoire et les personnages qui retiennent mon attention, et la manière de raconter.
    Bref, j’ai lu « Tigane » comme un boulet, me forçant de phrase en phrase, de paragraphe en paragraphe, sans jamais éprouver la moindre étincelle d’intérêt (c’était à une époque où je me forçais à finir mes lectures, maintenant je regarde derrière, puis devant, et je me dis : « Hou la la, ne perdons plus de précieux temps de lecture ! » ^-^). J’avais trouvé ça lourd et peu inspiré, comme beaucoup de la fantasy supposée classique (les deux séries de Jordan, pouah, quelle fadeur…), un problème récurrent en ce qui me concerne pour la grande majorité des écrits fantasy et SF un peu datés – et pas parce qu’ils sont démodés, mais pour la technique narrative globales, les personnages, que je trouve très mal maîtrisés (superbes idées, technique d’écriture médiocre, pour résumer).
    Parfois et rarement c’est l’inverse Tolkien au style narratif éblouissant, avec un ton qui me charme, mais des histoires qui m’ont ennuyée à périr et que je n’ai jamais pu terminer (premiers essais très précoces, maman était fan).
    Les mystères de l’écriture et de la lecture…

    Toutefois, sur les conseils inspirés de Kallisthène, j’ai retenté le coup avec « Les chevaux célestes » et j’ai adoré, alors que le thème ne me tentait pas a priori : un superbe roman, que j’aime conseiller aux lecteurs qui, en effet, n’aiment pas les lectures décalées, en particulier ceux qui aiment l’Histoire.

    En tout cas merci pour l’info, je n’avais pas repéré cette « suite », je vais lui accorder toute mon attention !

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    • C’est un problème que j’ai avec David Brin, personnellement : j’adore certains romans, et en déteste d’autres. Il se trouve justement que je vais en attaquer un la semaine prochaine, en espérant très fort qu’il se place dans la bonne catégorie ^^

      Pour revenir à Kay, si tu as été séduite par « Les chevaux célestes », je pense que « Les lions d’Al-Rassan » peut également te plaire. En gros, c’est la même chose… mais en mieux.

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      • C’est très bizarre ces impressions extrêmes, surtout pour moi, qui fonctionne « par auteur » (mes auteurs préférés peuvent écrire n’importe quoi, sautant d’un genre à l’autre, d’un format à l’autre et je suis toujours conquise). Pour GGK j’avais mis ça (avec peut-être un poil de condescendance *~*) sur le compte de sa maturité d’auteur, étant donné les nombre d’années et de romans qui séparaient les deux lectures.
        Pour Brin je n’en ai tenté qu’un, tombé illico dans la marmite des « vieilles » SF indigestes !

        Je note pour les lions, je vais mettre ça dans la bannette béante boulimique… ^-^

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  6. Je n’ai jamais lu Kay et ta critique me laisse partagée : d’un côté, bon univers, bien écrit, personnages intéressants mais intrigue lente. Aïe! Quitte à choisir, peut-être les Lions d’Al Rassan?

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    • Le problème avec les Lions d’Al-Rassan est qu’il n’existe pas en version électronique (en français) et qu’il est introuvable neuf, que ce soit en grand format ou en poche (à part si tu as 1190.88 euros à dépenser). Donc soit tu vas devoir acheter de l’occasion, soit te rabattre sur Les chevaux célestes (très bon mais moins qu’Al-Rassan) qui, lui, est facilement trouvable neuf ou en version électronique.

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  7. Je partage ton avis à 100% sur GGK. J’ai découvert cet auteur en espagnol dans la bibliothèque de mon oncle, au détour d’une visite familiale. J’ai été plus que surprise de voir sa relative « non édition » en France. Il est vrai que trouver ses livres en v.f relève du parcours du combattant. Mais c’est un auteur qui en vaut vraiment la peine, tant dans son style d’écriture – qui certes peut être lent pour certain, mais très poétique et sa façon de mener le lecteur par le bout du nez sans qu’on s’en rende compte je dis juste WAHOU ! – que pour les univers « historiques » qu’il aborde.
    Si vous avez la chance de pouvoir lire en anglais, faites le. Il est plus aisé de trouver son œuvre en v.o sur différentes plateformes à des prix disons plus que corrects 😉
    « The lions of Al-Rassan » est une pépite il est vrai. Mais  » Les chevaux célestes » est pas mal non plus. GGK est un auteur trop méconnu en France et c’est bien dommage :/ soupir.

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  12. J’ai acheté ce livre suite à ta chronique : celle-ci m’a intéressé à Kay, celle sur Le fleuve céleste m’a décidée.
    Et ♥

    Le début m’a un peu déroutée (espèce d’impression de lenteur, etc) mais je me suis vite attachée aux personnages.

    /!\ SPOILERS /!\
    Certains ont des relations super touchantes : Li Mei et Meshag, l’amitié entre Tai et Bytsan, …
    Et la fin du roman a été riche en scènes qui ont brisé mon petit cœur (la mort de Wen Jian et de Liu, quand Tai croit Bruine perdu dans la capitale enflammée, …) ou qui l’ont fait palpiter (quand le mendiant, le serviteur et les Kanlin décident d’accompagner Bruine en Sardie, la scène d’amour entre Tai et Wei Song, …)
    Sinon, c’est super fluide, l’écriture (et sa traduction, je suppose) est sans faute, mis à part une touuuute petite facilité, un tout petit « cliché » qui m’a fait tiquer : quand Li Mei arrive à la maison juste quand Tai est devant la stèle de son père (ça fait un peu cliché de film, je trouve… mais la relation frère-sœur est jolie, donc je pardonne).
    /!\ FIN DES SPOILERS /!\

    En bref : ♥ !

    Oui, tout ça pour ça, mais fallait que j’exprime mon ressenti suite à cette lecture.
    D’ailleurs (promis, après j’arrête) ce livre est le premier que j’achète neuf en grand format (bon, ok, y a aussi 2 livres des 10ans/10€ l’année dernière, mais l’investissement est moindre).
    Juste pour que tu saches à quel point je fais confiance à tes chroniques 🙂 (ça te fait une belle jambe, tu vas me dire ^^)

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    • Je savais bien que j’allais oublier un truc : ça n’a pas grand intérêt, mais il faut que je le dise sinon ça va m’enquiquiner.
      J’admets que Wen Jian est bien écrite, mais contrairement à toi je ne me suis pas attachée à elle. Les intrigues politiques et les manipulations m’irritent facilement dans les récits (ça me donne toujours envie de casser la figure à tout le monde pour que le héros puisse être tranquille), du coup je n’ai pu apprécier Wen Jian en tant que personne.
      Désolée de ma logorrhée, me suis un peu lâchée sur ces commentaires ^^

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    • Merci 🙂

      Non, ça ne me fait pas une belle jambe, c’est au contraire une marque de confiance qui me touche beaucoup, tu peux me croire.

      Si tu t’es attachée à ces personnages là, je te conseille très, très fortement de te procurer (si tu y arrives, ce qui va être une autre histoire vu à quel point ce livre est devenu rare) Les lions d’Al-Rassan, du même auteur. C’est la même chose (dans une pseudo-Espagne de la Reconquista), mais puissance deux.

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