Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : partie 9 – Sous-genres de l’Uchronie

Commentaires 29 Par défaut

ApophisAvec cet article, nous mettons un terme (sans doute provisoire, vu que de nouveaux sous-genres émergent régulièrement) à notre exploration des genres et sous-genres de la SFFF. Mais l’aventure va continuer, d’une certaine façon, puisque très prochainement, je vous proposerai une nouvelle série d’articles de fond :  The A(pophis)-Files – Dossiers sur les thématiques et éléments emblématiques de la SFFF.

Mais revenons à nos moutons : nous allons examiner aujourd’hui les sous-genres (ou variantes) de l’Uchronie, catégorie de romans qui examine ce qu’aurait pu être l’Histoire si elle avait pris un autre cours. Je vais également vous parler de l’Histoire secrète, qui se déroule dans notre propre monde mais révèle que ce qu’on vous enseigne en classe ne correspond pas aux événements réels, ainsi que d’autres genres liés d’une façon ou d’une autre à l’Uchronie (ou confondus avec elle).

Je vous rappelle que comme chaque article de cette série, celui-ci reflète ma conception personnelle de la taxonomie de la SFFF, et ne correspondra donc pas forcément à celles que vous pouvez trouver par ailleurs sur le net ou dans des ouvrages spécialisés. Et en parlant de ces derniers, sachez que je me suis en partie basé sur ceux d’Eric B. Henriet, grand expert français du domaine, ainsi que sur l’excellent Guide de l’Uchronie co-écrit par Bertrand Campeis et mon estimée camarade blogueuse Lhisbei du RSF Blog. Lire la suite

L’œil d’Apophis – Numéro 3

Commentaires 15 Par défaut

Eye_of_ApophisTroisième numéro de la série d’articles l’œil d’Apophis (car rien n’échappe à…) ! Je vous en rappelle le principe : il s’agit d’une courte présentation (pas une critique complète) de romans qui, pour une raison ou une autre, sont passés « sous le radar » des amateurs de SFFF, qui ont été sous-estimés, mal promus par leur éditeur, ont été noyés dans une grosse vague de nouveautés, font partie de sous-genres mal-aimés et pas du tout dans l’air du temps, et j’en passe. Chaque article vous présente trois romans : après Les envoyés, Reconstitué et Voyageurs dans le numéro 1, puis La voie terrestre, L’IA et son double et Suprématie dans le numéro 2, je vous propose aujourd’hui de (re ?)découvrir La ruche d’Hellstrom par Frank Herbert, Voyage par Stephen Baxter et Point d’inversion par Catherine Asaro.

Il peut paraître étonnant de mettre des auteurs du calibre d’Herbert et Baxter dans une série d’articles consacrés à des auteurs ou livres méconnus (voire quasi-inconnus), négligés, sous-évalués, et ainsi de suite. C’est oublier un peu vite que tout le monde n’est pas un amateur éclairé suivant de près l’actualité, et que par exemple, Baxter n’a pas, auprès du grand public, l’aura de Clarke ou d’Asimov : il est connu des aficionados, pas de ceux qui lisent un peu de SF de temps en temps (et jusqu’à une date récente, on aurait pu faire le même genre de constat pour Ian McDonald ou les auteurs qui ont été publiés dans la collection Une heure-lumière). Quant à Frank Herbert, l’aura de Dune a complètement éclipsé le reste de son oeuvre, alors qu’il y a des choses très intéressantes dedans. Et comme nous le verrons dans le numéro 4 de L’œil d’Apophis, un roman peut faire partie des plus grands chefs-d’oeuvre du genre et pourtant être inconnu de la grande majorité des lecteurs de SF.

Attention, je ne vous dis pas forcément que les romans que je vous présente sont des chefs-d’oeuvre à acheter absolument, ils peuvent avoir des défauts parfois importants. En revanche, ils ont aussi de grandes qualités, qui en font des lectures très intéressantes pour certains lecteurs ou dans le cadre de certaines thématiques précises de la SFFF.

Vous pouvez retrouver tous les articles de la série en cliquant sur ce tag, également présent en fin d’article et en bas de la barre latérale du blog.  Lire la suite

Brother’s ruin – Emma Newman

Commentaires 12 Par défaut

Et là, c’est le drame…

brothers_ruinEmma Newman est une autrice anglaise, écrivant aussi bien de l’Urban Fantasy (parfois mélangée avec du post-apocalyptique) que de la SF (le récent -et acclamé- Planetfall, le premier tome d’une trilogie -le second sortira en VO dans un an-). C’est aussi une narratrice professionnelle de livres audio et la co-créatrice et animatrice du podcast Tea & Jeopardy (nominé pour le Hugo), avec Peter Newman, l’auteur de The Vagrant (qui, si j’en juge par la postface, serait son mari).

Brother’s Ruin relève de la Gaslamp Fantasy (voir plus loin). Cette novella est présentée comme le premier texte d’un potentiel cycle (tout dépendra des ventes, selon son propre aveu), Industrial Magic, qui, comme son nom l’indique, se déroule dans une variation uchronique de l’Angleterre Victorienne dans laquelle la Révolution industrielle a été impulsée par la magie et non la technologie. Lire la suite

Une brève histoire du tunnel transpacifique – Ken Liu

Commentaires 6 Par défaut

Une uchronie très dense, abordant de nombreuses thématiques 

transpacifique_liuCette nouvelle d’une quinzaine de pages, écrite en 2013, prix des lecteurs Bifrost 2016, est à télécharger gratuitement ou à lire en ligne jusqu’à la fin février 2017 sur le site du Belial’. Et un Ken Liu, ça ne se refuse pas ! Avec  ce texte, l’auteur explore, après la SF et la Fantasy, un autre genre des littératures de l’imaginaire : l’uchronie.

Ce texte parle d’un tunnel transpacifique, achevé en 1938 et reliant l’Asie à l’Amérique du Nord. On y pénètre via des gares à Seattle, Tokyo et Shanghai. C’est une sorte de tube pneumatique géant dans lequel des capsules filent à 200 Km/h, permettant d’effectuer le trajet en deux jours. Sa construction a été lancée par Hiro-Hito et le président Herbert Hoover pour contrer les effets de la Grande Dépression. Ce chantier colossal a impulsé des progrès technologiques et donné du travail à… sept millions de personnes. Ce point de divergence en a entraîné de nombreux autres, décrits dans la nouvelle, dont le plus spectaculaire est… l’absence de Deuxième Guerre mondiale ! Lire la suite

Mes vrais enfants – Jo Walton

Commentaires 43 Par défaut

Ce livre est un chef-d’oeuvre, achetez-le. Voilà, critique terminée, vous pouvez partir. Ah, vous voulez des détails ? 

J’ai reçu cet ouvrage dans le cadre de l’opération Masse Critique organisée par Babelio. Je remercie ce site, ainsi que les éditions Denoël. 

mes_vrais_enfantsJo Walton est une autrice Galloise vivant depuis 2000 au Canada. Elle est titulaire d’un grand nombre de prix, dont un Nebula, un Hugo et un World Fantasy Award, excusez du peu ! Si elle a commencé par écrire de la Fantasy, elle a, depuis, exercé dans d’autres genres, dont la Science-Fantasy et l’uchronie. C’est de ce dernier genre dont Mes vrais enfants relève (voir plus loin). Pour l’anecdote, en fait j’ai lu du Jo Walton il y a des lustres, sans même m’en rendre compte, puisque son mari (de l’époque) et elle sont les auteurs du supplément Celtic Myth pour GURPS.

Ce roman, mêle uchronie personnelle, uchronie tout court et, d’une certaine façon, Fantastique, tout en abordant un nombre très important de thèmes de société, notamment la façon dont sont traités les homosexuels, les femmes et les personnes âgées dans nos sociétés modernes. C’est un livre d’une très grande sensibilité, réalisé avec une rare intelligence, qui remportera l’adhésion de 99.9 % d’entre vous. On parle à son propos du chef-d’oeuvre de Jo Walton, voire de chef d’oeuvre tout court, et pour une fois, ce n’est vraiment pas du marketing, même si j’aurai un tout petit bémol sur la fin. Mais voyons tout cela plus en détails !  Lire la suite

SS-GB – Len Deighton

Commentaires 21 Par défaut

Uchronie de référence, solide polar, excellent roman d’espionnage

ss-gbLen Deighton est un écrivain britannique considéré, avec Ian Fleming et John Le Carré, comme un des trois plus grands auteurs de romans d’espionnage de son époque. C’est aussi un historien militaire qui, comme nombre de ses collègues (cf What if ?), s’est lancé dans l’aventure de l’uchronie à un moment donné, ce qui a conduit à la publication, en 1978, du roman dont je vais vous parler aujourd’hui. Denoël a eu la bonne idée de rééditer ce classique, qui avait été traduit en 1979, réédité en version québécoise par Alire il y a vingt ans, et qui avait peu à peu disparu des étals et des mémoires depuis. Je pensais que cette nouvelle édition était due au succès de la série The man in the high castle (qui exploite un univers ayant un point commun : la victoire de l’Axe sur les Alliés), mais il est précisé que le livre est lui-même en cours d’adaptation par la BBC (avec les scénaristes des cinq derniers James Bond à la manœuvre) sous forme de mini-série de 5 épisodes.  Lire la suite

Dark Matter – Blake Crouch

Commentaires 18 Par défaut

Le chat l’homme de Schrödinger

dark_matter_crouchBlake Crouch est un écrivain américain exerçant dans les registres de la Science-fiction, de l’horreur et du thriller. Il est plus particulièrement connu pour être l’auteur de la trilogie ayant servi de base à la série télévisée Wayward Pines. Le protagoniste de Dark Matter (rien à voir avec la série ou le comic du même nom), Jason, alors qu’il fait des courses, est kidnappé par un homme masqué, qui lui pose tout un tas de questions personnelles, lui vole ses vêtements, puis lui injecte des drogues. Lorsque Jason se réveille, quelques heures plus tard, il n’est plus dans une usine désaffectée, mais dans un laboratoire, où on l’accueille comme le messie, disant que cela fait 14 mois qu’il a disparu en réalisant une expérience scientifique révolutionnaire. Tout le monde le connaît, mais lui ne connaît personne. Il s’enfuit, retourne chez lui, découvre une maison à la décoration complètement différente, vide de sa femme et de son fils. Après quelques recherches, il s’avère que Daniela ne s’est jamais mariée avec lui, et donc que leur fils Charlie n’est jamais né. A partir de là, personnage et lecteur vont se poser tout un tas de questions : est-il fou ? Est-ce une expérience, un mauvais trip, un jeu de télé-réalité à la Truman Show ? Ou la vérité est-elle bien plus extraordinaire que cela ?

D’habitude, je ne spoile pas le contenu d’un livre dans sa critique. Mais pour pouvoir réaliser celle-ci, je vais devoir le faire, à un certain degré. Du coup, si vous poursuivez votre lecture, sachez qu’une partie des secrets du livre vous sera révélée. Personnellement, je m’étais lourdement auto-spoilé avant de le commencer en lisant des critiques US ou françaises devant m’aider à valider (ou pas) mon achat, donc je peux dire en toute confiance que le roman reste prenant malgré ça. Toutefois, vous êtes désormais prévenus (dans le même ordre d’idée, ne jetez pas un coup d’œil au classement par catégories de ce roman sur ce blog…).  Lire la suite