Le crépuscule des dieux – Stéphane Przybylski

Commentaires 14 Par défaut

Ragnarök

crepuscule_dieuxLe crépuscule des dieux est le quatrième et ultime tome de la tétralogie Origines. Après l’énorme révélation de la fin du roman précédent, il détaille la lutte entre Saxhäuser et le nouveau patron du Club Uranium, des derniers jours du régime Nazi au crépuscule des années cinquante, le véritable enjeu dépassant les deux hommes pour se révéler être le futur, voire la survie, de l’humanité dans son ensemble.

En résumant, ce dernier livre est globalement à l’image de ses trois prédécesseurs : doté de grandes qualités, mais aussi, hélas, de défauts allant de l’agaçant mais assez bénin à d’autres impactant significativement l’expérience de lecture (en tout cas la mienne). La seule évolution notable est dans la structure, bien plus facile à suivre que celles des tomes 1-3 (le 2 étant le plus exigeant), notamment via la présence d’un fil rouge qui n’était pas présent auparavant.

Au final, si ce roman se lit avec facilité, envie et plaisir, lorsqu’on tourne la dernière page, le constat est là, et il est un peu amer : la fin est peu satisfaisante, et l’ensemble du cycle est beaucoup trop calqué sur X-Files (et quelques autres références) pour réellement déchaîner l’enthousiasme du connaisseur de SF / Histoire secrète complotiste extraterrestre. Reste l’ambition de l’auteur, son formidable travail de reconstitution historique, son style particulièrement agréable, sa maîtrise d’une intrigue et d’une structure pourtant très complexes. Mais cela suffira-t’il à tous les profils de lecteur ? Ça ne m’a pas totalement suffi, en tout cas.  Lire la suite

Publicités

La forêt sombre – Liu Cixin

Commentaires 24 Par défaut

Très, très intéressant

foret_sombre_liuLa forêt sombre est la suite du Problème à trois corps. Le roman a été publié en 2008, traduit en anglais en 2015, et c’est à partir d’une version révisée établie en 2016 que la VF a été traduite directement à partir du chinois, à la demande de l’auteur. Deuxième précision, utile pour ceux qui ont lu le tome 1 de cette trilogie : cette fois, vous pouvez parcourir la quatrième de couverture, il s’agit d’un résumé « normal » et pas de la médaille d’or du spoiler comme pour le livre précédent. Enfin, ultime précision, mais qui a son importance : si vous n’avez pas encore lu Le problème à trois corps, je vous déconseille fortement de parcourir cette critique, qui vous dévoilera forcément sa grande révélation (il est strictement impossible de faire autrement, à moins de réduire mon avis à c’est bien / passable / pas bien).

Ce que je peux vous dire est que ce tome 2 est assez différent du premier qui, via ses flash-backs centrés sur la Révolution Culturelle, était ancré dans une certaine réalité concrète. Ici, nous sommes en très grande partie dans une SF plus spéculative, à vaisseaux et ascenseurs spatiaux, rayons à particules et toute la quincaillerie SF que vous pouvez imaginer. Pour autant, malgré quelques défauts, j’ai trouvé La forêt sombre globalement passionnant, et j’ai vraiment hâte de lire le tome 3 (l’année prochaine à la même époque ?).  Lire la suite

L’œil d’Apophis – Numéro 6

Commentaires 19 Par défaut

Eye_of_ApophisSixième numéro de la série d’articles l’œil d’Apophis (car rien n’échappe à…) ! Je vous en rappelle le principe : il s’agit d’une courte présentation (pas une critique complète) de romans qui, pour une raison ou une autre, sont passés « sous le radar » des amateurs de SFFF, qui sont sortis il y a longtemps et ont été oubliés, qui n’ont pas été régulièrement réédités, ont été sous-estimés, mal promus par leur éditeur, ont été noyés dans une grosse vague de nouveautés, font partie de sous-genres mal-aimés et pas du tout dans l’air du temps, et j’en passe. Chaque numéro vous présente trois romans : aujourd’hui, il s’agit de L’échelle de Darwin de Greg Bear, Palimpseste de Charles Stross et La plage de verre de Iain Banks.

Au passage, sachez que vous pouvez retrouver les anciens numéros de l’œil via ce tag ou bien cette toute nouvelle page. Je vous rappelle aussi que les romans présentés ici ne sont pas automatiquement des chefs-d’oeuvre ou ceux recommandés par le site à n’importe quel amateur de SFFF (si c’est ce que vous cherchez, voyez plutôt le tag  (Roman) Culte d’Apophis). Lire la suite

La cinquième saison – N.K Jemisin

Commentaires 40 Par défaut

Tout simplement brillant

cinquieme_saisonLa cinquième saison est le premier roman de la trilogie Les livres de la terre fracturée, par Nora K. Jemisin (vous trouverez un point biographique succinct dans cette autre critique). Ce cycle est exceptionnel car les tomes 1 et 2 ont obtenu les prix Hugo 2016 et 2017, une succession qui ne s’était pas produite depuis longtemps. D’ailleurs, les networks américains ne s’y sont pas trompés, puisque cet univers va faire l’objet d’une adaptation télévisée.

Je n’avais jusqu’ici lu qu’un seul roman de l’auteure, qui ne m’avait pas vraiment convaincu, notamment à cause de son incapacité à me faire vivre l’émotion ressentie ou générée par ses personnages. De plus, j’ai souvent répété que les prix Hugo récents (post-2010, à l’exception de celui attribué à Liu Cixin) ne me semblent pas relever du même niveau de qualité que ceux attribués avant cette date (ce qui fait qu’ils me rendent méfiant), et je dois avouer ne pas être très en phase avec les choix de publication du directeur de collection de Nouveaux Millénaires (je parle ici des inédits, pas des rééditions). Bref, je suis allé vers La cinquième saison un peu à reculons… et j’ai adoré. Je l’ai dévoré. Et plus je le lisais, plus je trouvais ça brillant, et ce sur de multiples plans. Alors, prix Hugo mérité, un vrai chef-d’oeuvre, cette fois ? Carrément. Si vous n’avez qu’un roman de SFFF à lire en cette rentrée littéraire, que ce soit celui-là !   Lire la suite

2312 – Kim Stanley Robinson

Commentaires 27 Par défaut

Fuyez, pauvres fous…

2312_KSRKim Stanley Robinson (KSR) est un auteur américain de SF (et de Cli-Fi -fiction climatique-) multi-primé (un World Fantasy Award, 6 prix Locus, 3 Nebula -dont un pour le roman dont je vais vous parler aujourd’hui-, 2 Hugo) considéré comme un des plus importants écrivains (particulièrement de Hard-SF) du genre. Contrairement à la majorité de la SF américaine, ses thèmes de prédilection (anticapitalisme et modèles économiques et politiques alternatifs, écologie, justice sociale) le placent à gauche de la scène politique et dans une niche singulière par rapport à ses petits camarades. Malgré tout, sa fascination pour les nouvelles frontières (représentées ici par la colonisation spatiale) l’inscrit pleinement dans une des thématiques favorites de la science-fiction américaine.

L’oeuvre la plus connue de KSR reste sa trilogie martienne, un monument du Planet Opera qui décrit d’une façon extraordinairement détaillée tous les aspects (économiques, sociaux, culturels, scientifiques, techniques, etc) de la colonisation et de la terraformation (transformation en monde semblable à la Terre) de la planète rouge. Les descriptions des paysages martiens, notamment, sont si vivantes qu’on jurerait que Robinson s’y est personnellement rendu ! Malgré tout, il reste un auteur clivant, car son style froid, fonctionnel, lent, très intellectuel, à du mal à passer auprès de certains lecteurs. Je dois dire que moi-même, même si j’ai adoré la trilogie, ai ressenti de nettes longueurs sur d’autres livres, comme Chroniques des années noires, par exemple.

En grand fan de KSR, de Hard-SF et de tout livre décrivant la colonisation du système solaire, il était évident que je ne pouvais pas passer à côté de 2312, surtout que j’espérais quelque chose du calibre de la trilogie martienne, mais largement étendu au-delà des frontières de la planète rouge (je savais que le roman parlait beaucoup de la terraformation de Vénus, notamment, un thème bien trop délaissé à mon goût en SF). Je vous laisse donc imaginer ma déception après avoir commencé l’ouvrage, qui s’est révélé effroyablement long, pédant, mal construit, plat et n’apporter pas grand-chose de neuf, pour ne pas dire rien. Bref, j’anticipe un peu sur la conclusion, mais franchement, si vous ne connaissez pas KSR, ne commencez surtout pas votre découverte de son oeuvre par ce roman, qui n’en vaut pas la peine. Et si vous êtes plutôt fan, comme moi… fuyez. Gardez vos éventuels bons souvenirs de la trilogie martienne, ça vaudra mieux.  Lire la suite

L’œil d’Apophis – Numéro 5

Commentaires 20 Par défaut

Eye_of_ApophisCinquième numéro de la série d’articles l’œil d’Apophis (car rien n’échappe à…) ! Je vous en rappelle le principe : il s’agit d’une courte présentation (pas une critique complète) de romans qui, pour une raison ou une autre, sont passés « sous le radar » des amateurs de SFFF, qui sont sortis il y a longtemps et ont été oubliés, qui n’ont pas été régulièrement réédités, ont été sous-estimés, mal promus par leur éditeur, ont été noyés dans une grosse vague de nouveautés, font partie de sous-genres mal-aimés et pas du tout dans l’air du temps, et j’en passe. Chaque numéro vous présente normalement trois romans, sauf qu’aujourd’hui, ce sera cinq  😀 (ben oui, c’est l’inflation ma bonne dame). Enfin presque. Mais bon vous allez comprendre.

Au passage, sachez que vous pouvez retrouver les anciens numéros de l’œil via ce tag ou bien cette toute nouvelle page. Lire la suite

24 vues du Mont Fuji, par Hokusai – Roger Zelazny

Commentaires 26 Par défaut

Un voyage poético-onirique au pays du soleil levant, mêlant cyberpunk et un zeste de Lovecraft !

hokusai_zelazny24 vues du Mont Fuji, par Hokusai est une novella qui a été couronnée par le prix Hugo du meilleur roman court en 1986. Elle est signée Roger Zelazny, auteur malheureusement décédé en 1995 à l’âge de 58 ans à peine (je me rappelle encore le choc ressenti en apprenant ça dans les pages de Casus Belli…). Certains d’entre vous le connaîtront, au moins de nom, pour son double cycle des Princes d’Ambre, certains autres savent l’importance qu’a eu cet écrivain dans la SFFF, et les autres pourront trouver un peu plus d’infos à ce sujet dans cette critique.

L’Hokusai en question est un célèbre peintre et dessinateur japonais, très prolifique, né au XVIIIe et mort au XIXe siècle. Il a réalisé un recueil nommé (trompeusement) Trente-six vues du mont Fuji, qui contient en réalité quarante-six estampes. Vingt-quatre d’entre elles servent de fil rouge au voyage entrepris par la protagoniste du roman de Zelazny, et donnent également leurs titres à ses chapitres. Le roman nous parle du chemin, physique mais aussi spirituel (et presque psychanalytique), entrepris par Mari (c’est son prénom -elle est d’origine japonaise mais a vécu aux USA-) vers son époux. Lire la suite