Soul of the world – David Mealing

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Une High Fantasy 2.0 à mousquets Révolutionnaire (dans tous les sens du terme) et d’une ambition que ne renierait pas Steven Erikson

soul_of_the_worldSi vous suivez ce blog, vous savez que je fais partie de ces lecteurs de longue date / ces gros lecteurs qui ont depuis un moment laissé tomber la High Fantasy, ses prophéties et ses héros / héroïnes destiné(e)s à sauver le monde. Question de répétitivité de ce sous-genre, de manichéisme et de pauvreté des intrigues, de simplicité relative de la psychologie des personnages, surtout par rapport à la Dark Fantasy. Ne croyant plus à un renouvellement du genre, je me suis tourné vers des formes émergentes, plus novatrices et dynamiques, comme la Flintlock ou la Colonial Fantasy. Eh bien il faut croire que de l’autre côté de l’océan Atlantique, le Grand Esprit a entendu ma prière muette, et qu’il a missionné le dénommé David Mealing. En effet, celui-ci nous propose ce que l’on pourrait appeler une High Fantasy 2.0, ou, pour être vraiment très précis, une High Flintlock / Colonial Fantasy (oui, j’invente des sous-genres maintenant, je n’ai plus de limites, mouahaha !). Car pourquoi proposer un sauveur du monde lorsqu’on vous pouvez en proposer trois (et autant de formes de magie différentes !), pourquoi se restreindre à du médiéval-fantastique lorsque vous pouvez mélanger des tomahawks, de la sorcellerie et des canons, et enfin pourquoi modeler votre contexte et intrigue sur la Révolution française lorsque vous pouvez mélanger cette dernière avec son équivalent américain, dans un cadre qui rappelle la colonisation anglaise et française du continent et la Guerre de Sept Ans ?

Si on ajoute à cela une ambition certaine (et des éléments qui ne dépareilleraient pas chez ces pointures que sont Steven Erikson et Michael Moorcock), on se retrouve avec un premier roman (car c’est bien de cela dont il s’agit) absolument impressionnant, à la fois par son ampleur, par l’audace de son auteur (qui ne donne pas dans la facilité pour une première oeuvre) et par la façon ahurissante dont il mélange les vieilles recettes avec les plus récentes pour donner un livre résolument unique. Alors certes, tout n’est pas parfait (on va en parler), mais ça reste tout de même un auteur à suivre de près. Et ce d’autant plus que le premier jet du tome 2 (il s’agit d’un cycle, dit de l’Ascension) est déjà terminé à 95 % ! Lire la suite

Nouvelles dans l’univers des Poudremages – Brian McClellan

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Un éclairage capital sur l’histoire et les motivations des personnages de La promesse du sang

powder_mage_novellasEn plus des trois romans du cycle des Poudremages, Brian McClellan a aussi publié 9 nouvelles, toutes sauf une (Return to Honor, dont l’intrigue prend place entre les deux premiers tomes) se déroulant avant les événements décrits dans La promesse du sang. Et on remonte parfois très loin, puisque ces huit nouvelles se passent respectivement 35, 35, 22, 18 (et pas 19 comme on le voit parfois sur le net), 10, 8, 2 ans et enfin 8 mois avant le tome 1. Ces textes nous montrent pour l’essentiel le passé des personnages principaux et secondaires les plus marquants croisés dans La promesse du sang.

Ces nouvelles sont disponibles soit (pour la plupart) à l’unité (sous forme électronique ou audio), soit sous la forme de deux recueils en comprenant respectivement 4 et 5 (idem). Les trois premières et l’avant-dernière de ma liste sont longues, les autres nettement plus courtes.  Lire la suite

The shadow of Elysium – Django Wexler

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Instructif et émouvant

shadow_of-elysiumThe shadow of Elysium est considéré, sur Goodreads, comme le tome 2.5 du cycle The Shadow Campaigns. En réalité, la place de cette nouvelle dans cette saga est un peu plus compliquée que cela : elle se déroule à-peu-près à la même époque que The Shadow Throne, le tome 2, est en quelque sorte une « suite » de The penitent damned (pour le coup un vrai « tome 0.5 »), mais peut en même temps se comprendre et s’apprécier sans avoir jamais lu un seul texte, au format long ou court, du cycle.

Signalons également que contrairement au tome 0.5, celui-ci n’est pas gratuit, mais payant. Ce qui est particulièrement dommage car il contient une explication sur les démons qui me paraît assez capitale dans le Magicbuilding de cet univers. J’espère donc que la dite explication est reprise, sous une forme ou une autre, dans un des tomes suivants (le 3 et le 4 sont parus au moment où je rédige ces lignes, le 5 est attendu dans l’année).  Lire la suite

Les seigneurs de Bohen – Estelle Faye

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A la place d’une Dark Fantasy « épique et spectaculaire », Estelle Faye vous propose en fait une Paranormal Romance évitant de façon maniaque toute scène d’envergure

bohenEstelle Faye a eu un singulier parcours : d’abord scénariste et actrice (séries, films, théâtre), elle s’est reconvertie dans l’écriture de nouvelles et de romans, balayant un large spectre allant du young adult à, désormais, la dark fantasy, en passant par l’uchronie. Je n’ai eu, jusque là, l’occasion de me frotter à la production de l’autrice que sur un de ses textes courts, La maison des vignes, présent dans l’anthologie Antiqu’idées. J’en avais retenu un style agréable mais une intrigue téléphonée et une chute peu satisfaisante. Impression qui s’est d’ailleurs confirmée à la lecture des Seigneurs de Bohen.

Je dois dire que j’ai particulièrement grincé des dents en voyant la quatrième de couverture, qui parle carrément de « roman de dark fantasy spectaculaire et épique, dans la lignée des œuvres de Joe Abercrombie (Les Héros, Servir Froid) ou de Glen Cook (La compagnie noire) ». J’avoue honnêtement avoir été plus que dubitatif quant à la capacité d’une autrice écrivant majoritairement de la littérature jeunesse à être à la hauteur de ces références. Et de fait, ce n’est que (très) partiellement Dark Fantasy, pas du tout épique, pas franchement spectaculaire (Erikson, c’est spectaculaire et épique, ça… non, ou seulement dans une poignée de pages de la fin), et ça concentre pas mal de défauts. Même si ça n’est par ailleurs pas dépourvu de qualités. Lire la suite

The Shadow Throne – Django Wexler

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La Révolution, en direct live, caméra à l’épaule

shadow_throne_wexlerThe Shadow Throne est le deuxième tome du cycle The Shadow Campaigns, après Les Mille noms. Au total, il compte 5 romans et deux nouvelles, dont The penitent damned. La lecture de ce dernier texte est d’ailleurs conseillée avant d’attaquer ce tome 2, car il présente le Duc Orlanko qui aura un grand rôle à jouer dans les intrigues de Cour au centre du livre, ainsi que son âme damnée, Andreas.

Alors que Les Mille noms était inspiré par la Campagne d’Égypte de Bonaparte, ce tome 2, lui, fait intervenir, à l’inverse de notre propre Histoire, la Révolution après cette expédition outre-mer. Le Roi du Vordan est mourant, son fils est décédé lors de la guerre précédente, sa fille de 19 ans est perçue comme une ingénue, et tout le monde sait que le vrai pouvoir va en réalité revenir à Orlanko, le redouté ministre de l' »Information » (comprenez chef de la Police Secrète). Mais tout le monde n’est pas résigné à accepter ce destin funeste, et une cabale se met en place pour enlever le pouvoir des mains de la future reine et surtout de celles du Duc. A sa tête, la princesse en question (sous une fausse identité), qui organise donc la Révolution… contre son propre trône !  Lire la suite

The penitent damned – Django Wexler

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Sombre police secrète, Prêtres de l’Obscur et voleuse employant une magie de l’Ombre, noir c’est noir, il n’y a plus d’espoiiiiir !

penitent_damnedThe penitent damned est une nouvelle (en anglais) qui fait partie du cycle The shadow campaigns, dont Les Mille noms est le premier tome. Elle constitue, d’après l’auteur, un prélude à ce dernier livre, mais peut aussi se lire de façon indépendante. Je trouve cependant que commencer le cycle par ce texte est plutôt une mauvaise idée, car il donne des clefs qui gâchent certaines découvertes des Mille noms et ne peut, à mon avis, pleinement se savourer qu’après avoir lu ce roman (à moins de vouloir s’en servir comme test pour voir si on accroche au style ou à l’univers de l’auteur, ou si son niveau d’anglais est accessible).

Vous pouvez lire cette nouvelle en ligne sur io9, la télécharger gratuitement sur Goodreads, ou en récupérer une version « de luxe » sur Amazon, toujours gracieusement offerte et comprenant également un peu plus de deux chapitres des Mille noms (en anglais). Bref, voilà, si vous lisez la langue de Shakespeare, l’occasion de découvrir l’univers de mousquets & magie développé par Django Wexler. Lire la suite

La souveraine des ombres – Chris Evans

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Sur une base extrêmement originale et dépaysante par rapport à la Fantasy classique, l’auteur nous livre un roman qui ne tient pas totalement ses promesses, mais qui reste sympathique

souveraine_des_ombresChris Evans est un historien militaire canadien vivant aujourd’hui à New York. Ancien cadre dans diverses maisons d’édition, il est désormais écrivain à plein temps. Avec Django Wexler (Les Mille noms) et Brian McClellan (La promesse du sang), il est considéré comme un des auteurs les plus emblématiques de la Flintlock Fantasy, nouveau sous-genre qui émerge depuis quelques années et tente d’aller au-delà des codes médiévaux-fantastiques de la Fantasy traditionnelle. Il en est même un des pionniers, puisque son livre est paru bien avant ceux de ses petits camarades : 2008 (en VO, la VF date de 2011).

La souveraine des ombres est le premier tome d’une trilogie appelée Les elfes de fer. Les trois romans ont été traduits en français, mais aucun n’a bénéficié d’une version électronique. Les deux premiers ne se trouvent plus que d’occasion, tandis que le troisième a quasi-complètement disparu de la circulation. Le recours à la VO sera donc éventuellement nécessaire.

Pour tout dire, je suis allé vers ce livre un peu à reculons, étant donné que certaines critiques disponibles sur le net étaient mitigées, voire carrément mauvaises. C’est pour cela que parmi les références en Flintlock / Gunpowder Fantasy, j’ai décidé de le lire en dernier. Mais bon, j’aime bien me faire ma propre opinion, surtout quand les recensions disponibles font le grand écart entre 2 et 4 étoiles. Et finalement, si nous ne sommes clairement pas sur quelque chose du calibre de La promesse du sang ou du Prisme noir et si ce livre n’est effectivement pas dénué de défauts, j’ai passé un moment fort dépaysant en le lisant, notamment parce qu’il combine deux des axes de développement que j’entrevois pour la Fantasy de demain : cadre non-européen et changement de paradigme historique / technologique.  Lire la suite