The killing moon – N.K. Jemisin

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Fade, stéréotypé, mais sauvé par un personnage central intéressant et émouvant

killing_moonN.K. Jemisin est une auteure américaine originaire de l’Iowa. Elle a obtenu le prix Locus pour son premier roman, Les cent mille royaumes, en 2011, et surtout le Hugo 2016 pour La cinquième saison, à paraître en septembre et dont j’aurai l’occasion de vous reparler en détails. C’est également une critique de SFFF (féroce, notamment dans les colonnes du New York Times) et une diplômée de l’atelier d’écriture Viable Paradise, qui, que ce soit au niveau des étudiants ou des professeurs, a vu passer bien des noms prestigieux, comme Elizabeth Bear, John Scalzi, Steven Brust ou Scott Lynch.

The killing moon est le premier volume d’un diptyque, Dreamblood. Comme l’auteure l’explique dans sa préface, elle a cherché à extraire ce qui est au cœur de la civilisation égyptienne antique sans pour autant proposer un réel roman historique à même de satisfaire, en terme de réalisme, un égyptologue.  Lire la suite

L’œil brisé – Brent Weeks

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75 % bof, 24 % trépidant, 1% transcendant

oeil_briséL’œil brisé est le troisième tome du cycle Le porteur de lumière, après Le prisme noir et Le couteau aveuglant (le tome 4, Le miroir de sang, paraîtra en français le 28 juin, et sa critique vous sera proposée sur ce blog début juillet). Il s’agit d’un véritable monstre de… 1080 pages. Alors que ses prédécesseurs proposaient une montée en puissance plus ou moins rapide et progressive, celui-ci s’enfonce dans un relatif marasme durant les trois quarts de sa longueur totale (et 75% de 1080 pages, ça fait beaucoup…), avant de se réveiller d’un coup au début du dernier quart, devenant trépidant et très intéressant, et de ménager une énorme révélation (quasi-)finale !

Avertissement préalable : arrivé au troisième livre d’un cycle, les spoilers sur les tomes précédents sont inévitables. Ce qui suit est garanti sans révélation majeure sur l’intrigue de ce tome 3, pour le reste, c’est à vos risques et périls. Si vous ne souhaitez rien savoir, je vous conseille de sauter directement à la conclusion.  Lire la suite

L’ombre du pouvoir – Fabien Cerutti

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Un univers et un protagoniste solides, un roman prenant, mais une narration perfectible

ombre_pouvoir_ceruttiFabien Cerutti est un professeur agrégé d’histoire, passionné par les mondes imaginaires. L’ombre du pouvoir est le premier tome d’un cycle appelé Le Bâtard de Kosigan, issu d’une série de scénarios parus pour le jeu vidéo Neverwinter Nights. Ces scénarios, primés, ont d’abord donné naissance à un projet de BD, qui ne verra cependant jamais le jour en raison de la très faible « productivité » du dessinateur polonais recruté (10 pages en deux ans…). Finalement, c’est un roman qui assure la continuité de cet univers, ensuite rejoint par un tome 2. Notez que les tomes sont largement indépendants les uns des autres mais liés par un double fil rouge, à la fois politique et magique (origines du héros, de l’humanité et de la religion), selon le site de l’auteur.

Votre serviteur, s’il n’est, à quelques exceptions près (Pevel, Gaborit) pas franchement fan de Fantasy française, est en revanche particulièrement intéressé par le type de Fantasy Historique proposé par Fabien Cerutti, mêlant cadre réel et elfes, nains et autres créatures et races fantastiques. Et lorsque, en plus, paraît une édition poche avec une couverture comme je les aime (dynamique, très colorée, rentre-dedans), je ne peux que succomber à la hype et lire, moi aussi (bien qu’avec du retard), ce livre à la très bonne réputation. Qui, pour une fois, est amplement justifiée.  Lire la suite

Range of ghosts – Elizabeth Bear

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Une Fantasy de la Route de la soie de grande qualité

range_of_ghostsElizabeth Bear (il s’agit d’un pseudonyme) est une romancière et nouvelliste (très prolifique) américaine multi-primée (Prix John Campbell 2005, deux Hugo pour des textes courts, prix Locus). Le gain de plusieurs Hugo après l’obtention du prix Campbell du meilleur nouvel écrivain est rarissime, puisque seuls quatre autres auteurs ont réalisé cette combinaison, et pas des moindres : Orson Scott Card, Ted Chiang, C.J Cherryh et le moins connu sous nos latitudes Spider Robinson. Elle a publié des textes relevant des trois grands genres des littératures de l’imaginaire : SF, Fantastique et Fantasy. Le roman dont je vais vous parler aujourd’hui, le premier tome d’une trilogie appelée Eternal Sky, appartient à cette dernière. Une seconde trilogie, The Lotus kingdoms, est en cours d’écriture : son premier tome, The stone in the skull, sort le 10 octobre 2017.

Range of ghosts (« La chaîne -de montagnes- des fantômes ») vous projette dans un monde fabuleux, inspiré par la Mongolie, la Chine, le Tibet / l’Inde et la Turquie / l’Iran / l’Arabie, avec beaucoup d’éléments fantastiques. J’avais entendu beaucoup de bien à propos de l’écriture d’Elizabeth Bear, et je dois dire que je n’ai pas été déçu : c’est une conteuse de grande qualité.  Lire la suite

The Shadow Throne – Django Wexler

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La Révolution, en direct live, caméra à l’épaule

shadow_throne_wexlerThe Shadow Throne est le deuxième tome du cycle The Shadow Campaigns, après Les Mille noms. Au total, il compte 5 romans et deux nouvelles, dont The penitent damned. La lecture de ce dernier texte est d’ailleurs conseillée avant d’attaquer ce tome 2, car il présente le Duc Orlanko qui aura un grand rôle à jouer dans les intrigues de Cour au centre du livre, ainsi que son âme damnée, Andreas.

Alors que Les Mille noms était inspiré par la Campagne d’Égypte de Bonaparte, ce tome 2, lui, fait intervenir, à l’inverse de notre propre Histoire, la Révolution après cette expédition outre-mer. Le Roi du Vordan est mourant, son fils est décédé lors de la guerre précédente, sa fille de 19 ans est perçue comme une ingénue, et tout le monde sait que le vrai pouvoir va en réalité revenir à Orlanko, le redouté ministre de l' »Information » (comprenez chef de la Police Secrète). Mais tout le monde n’est pas résigné à accepter ce destin funeste, et une cabale se met en place pour enlever le pouvoir des mains de la future reine et surtout de celles du Duc. A sa tête, la princesse en question (sous une fausse identité), qui organise donc la Révolution… contre son propre trône !  Lire la suite

Sénéchal – Grégory Da Rosa

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A tes risques et périls, ce livre tu achèteras, mais si ce pas là tu franchis, point tu ne le regretteras !  

senechal_da_rosaSénéchal est le premier roman de Grégory Da Rosa, jeune auteur Montpelliérain de 27 ans. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que Mnemos est à fond derrière lui : « découverte Fantasy de l’année », « un premier roman qui s’est imposé comme une évidence », « nous avons été happé par la virtuosité et l’intelligence de son scénario, par son univers à la fois très réaliste et d’une rare originalité, par un style volontairement médiévalisant mais parfaitement lisible ». Ils se sont même fendus d’une sorte… de bande-annonce ! Et je ne parle pas du flot de services-presse qui a inondé internet : alors que le roman sort en théorie le 2 février, on compte déjà à cette date… neuf critiques sur Amazon (pour ceux qui se poseraient la question, j’ai juste reçu ma précommande plus tôt que prévu, il ne s’agit pas d’un SP -ceux-ci sont signalés en toute transparence sur ce blog-).

J’ai bien peur d’être plus critique, mitigé ou nuancé que les avis en question, cependant : oui, c’est un bon roman, c’est incontestable, mais non, ce n’est pas original, ni sur le fond, ni sur la forme, et, de plus, je ne suis pas (systématiquement) d’accord avec la « parfaite lisibilité » du style médiévalisant, qui se révèle plus lourd et contre-productif qu’autre chose la plupart du temps. Toutefois, je vous conseille vraiment de lire cette recension de bout en bout : si certains passages pourront vous paraître extrêmement critiques (mais rédigés, je le précise, dans un esprit qui se veut constructif), ils ne doivent pas cacher le fait que dans l’ensemble (si vous êtes capable de dépasser le style d’écriture assez particulier), nous avons ici affaire à un très bon premier roman, parfaitement recommandable. C’est juste qu’il ne sera clairement pas fait pour tous les types de lecteurs.  Lire la suite

La loi du tyran – Daniel Hanover

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Un troisième tome toujours aussi solide, même si très (trop ?) inspiré par l’histoire réelle, et avec une fin qui donne une puissante envie de connaître la suite

loi_tyran_hanoverLa loi du tyran est le troisième tome du cycle La dague et la fortune, après La voie du dragon et Le sang du roi. C’est aussi le dernier a avoir été traduit, les deux autres volumes de la saga (The widow’s house et The spider’s war) n’étant « pour l’instant » pas prévus en français (traduisez : encore une série abandonnée par un éditeur tricolore). Bref, malgré toutes les qualités que je trouve à ces romans, soyez bien conscients que si vous ne lisez pas l’anglais, vous ne connaîtrez probablement jamais la fin de l’histoire. Il faudra donc vous poser la question de savoir si, dans ce cas, commencer le cycle est pertinent ou pas. Pour ma part, je vous proposerai, dans les mois qui viennent, des critiques de ces deux ultimes tomes, avec bien entendu un mot sur le niveau d’anglais nécessaire à leur lecture.

Contrairement aux deux premiers tomes, où certains personnages étaient beaucoup plus représentés, en terme de chapitres qui adoptaient leur point de vue, que d’autres, cette fois on est quasiment sur une égalité parfaite : 10 chapitres pour Clara et Geder, 11 pour Cithrin, 12 pour Marcus (et l’Apostat). Ce tome 3 est aussi un peu plus court que les autres : environ 400 pages, contre 450 et 430.  Lire la suite