Nouvelles dans l’univers des Poudremages – Brian McClellan

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Un éclairage capital sur l’histoire et les motivations des personnages de La promesse du sang

powder_mage_novellasEn plus des trois romans du cycle des Poudremages, Brian McClellan a aussi publié 9 nouvelles, toutes sauf une (Return to Honor, dont l’intrigue prend place entre les deux premiers tomes) se déroulant avant les événements décrits dans La promesse du sang. Et on remonte parfois très loin, puisque ces huit nouvelles se passent respectivement 35, 35, 22, 18 (et pas 19 comme on le voit parfois sur le net), 10, 8, 2 ans et enfin 8 mois avant le tome 1. Ces textes nous montrent pour l’essentiel le passé des personnages principaux et secondaires les plus marquants croisés dans La promesse du sang.

Ces nouvelles sont disponibles soit (pour la plupart) à l’unité (sous forme électronique ou audio), soit sous la forme de deux recueils en comprenant respectivement 4 et 5 (idem). Les trois premières et l’avant-dernière de ma liste sont longues, les autres nettement plus courtes.  Lire la suite

L’eau dort – Glen Cook

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Une pluie de révélations !

eau_dort_1L’eau dort est le neuvième et avant-dernier tome du cycle de la Compagnie Noire (il n’est estampillé tome 10-11 dans l’édition française qu’en raison de la coupure systématique en deux livres depuis le roman précédent). C’est aussi le troisième volume du sous-cycle des Livres de la Pierre scintillante. Comme à mon habitude, je vous en propose la critique complète en une seule fois.

Après l’incroyable retournement de situation de la fin du roman précédent, et le cliffhanger associé, il était évident que beaucoup de choses allaient changer dans celui-ci. Mais ce à quoi je ne m’attendais pas vraiment, en revanche, est l’avalanche de révélations, qui jettent du coup un tout nouvel éclairage sur les livres antérieurs. J’ai toujours loué le fait que chaque tome de la Compagnie Noire change quelque chose (le narrateur, le mode de narration, le lieu de l’action, la temporalité, etc) par rapport à son prédécesseur, mais celui-ci constitue probablement le changement le plus radical de tous, à la fois en terme de protagonistes et de transmission d’informations au lecteur : Cook était resté jusque là très opaque sur certains points, et dans L’eau dort, il change complètement sa manière de faire, noyant presque le lecteur sous des révélations qui, pour certaines, sont complètement inattendues.

Attention, par contre : arrivé au tome 9 d’un cycle, les spoilers sur les romans précédents sont plus ou moins inévitables, mais sur ce livre en particulier, il est quasiment impossible d’en faire une chronique sans vous spoiler horriblement ses prédécesseurs. Je vous garantis une absence de spoilers majeurs sur les événements propres à ce tome 9, pour le reste la lecture de cette critique est à vos risques et périls. Si vous ne voulez pas vous gâcher certaines surprises de taille si vous n’avez pas encore fini Elle est les ténèbres, je vous conseille de passer directement à la conclusion.  Lire la suite

The Shadow Throne – Django Wexler

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La Révolution, en direct live, caméra à l’épaule

shadow_throne_wexlerThe Shadow Throne est le deuxième tome du cycle The Shadow Campaigns, après Les Mille noms. Au total, il compte 5 romans et deux nouvelles, dont The penitent damned. La lecture de ce dernier texte est d’ailleurs conseillée avant d’attaquer ce tome 2, car il présente le Duc Orlanko qui aura un grand rôle à jouer dans les intrigues de Cour au centre du livre, ainsi que son âme damnée, Andreas.

Alors que Les Mille noms était inspiré par la Campagne d’Égypte de Bonaparte, ce tome 2, lui, fait intervenir, à l’inverse de notre propre Histoire, la Révolution après cette expédition outre-mer. Le Roi du Vordan est mourant, son fils est décédé lors de la guerre précédente, sa fille de 19 ans est perçue comme une ingénue, et tout le monde sait que le vrai pouvoir va en réalité revenir à Orlanko, le redouté ministre de l' »Information » (comprenez chef de la Police Secrète). Mais tout le monde n’est pas résigné à accepter ce destin funeste, et une cabale se met en place pour enlever le pouvoir des mains de la future reine et surtout de celles du Duc. A sa tête, la princesse en question (sous une fausse identité), qui organise donc la Révolution… contre son propre trône !  Lire la suite

La souveraine des ombres – Chris Evans

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Sur une base extrêmement originale et dépaysante par rapport à la Fantasy classique, l’auteur nous livre un roman qui ne tient pas totalement ses promesses, mais qui reste sympathique

souveraine_des_ombresChris Evans est un historien militaire canadien vivant aujourd’hui à New York. Ancien cadre dans diverses maisons d’édition, il est désormais écrivain à plein temps. Avec Django Wexler (Les Mille noms) et Brian McClellan (La promesse du sang), il est considéré comme un des auteurs les plus emblématiques de la Flintlock Fantasy, nouveau sous-genre qui émerge depuis quelques années et tente d’aller au-delà des codes médiévaux-fantastiques de la Fantasy traditionnelle. Il en est même un des pionniers, puisque son livre est paru bien avant ceux de ses petits camarades : 2008 (en VO, la VF date de 2011).

La souveraine des ombres est le premier tome d’une trilogie appelée Les elfes de fer. Les trois romans ont été traduits en français, mais aucun n’a bénéficié d’une version électronique. Les deux premiers ne se trouvent plus que d’occasion, tandis que le troisième a quasi-complètement disparu de la circulation. Le recours à la VO sera donc éventuellement nécessaire.

Pour tout dire, je suis allé vers ce livre un peu à reculons, étant donné que certaines critiques disponibles sur le net étaient mitigées, voire carrément mauvaises. C’est pour cela que parmi les références en Flintlock / Gunpowder Fantasy, j’ai décidé de le lire en dernier. Mais bon, j’aime bien me faire ma propre opinion, surtout quand les recensions disponibles font le grand écart entre 2 et 4 étoiles. Et finalement, si nous ne sommes clairement pas sur quelque chose du calibre de La promesse du sang ou du Prisme noir et si ce livre n’est effectivement pas dénué de défauts, j’ai passé un moment fort dépaysant en le lisant, notamment parce qu’il combine deux des axes de développement que j’entrevois pour la Fantasy de demain : cadre non-européen et changement de paradigme historique / technologique.  Lire la suite

La promesse du sang – Brian McClellan

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Révolutionnaire (dans tous les sens du terme) ! 

promesse_du_sangBrian McClellan est un auteur américain formé dans les ateliers d’écriture de Brandon Sanderson et Orson Scott Card, excusez du peu ! La promesse du sang, tome introductif de la Trilogie des Poudremages, est son premier roman. Il a obtenu le prix Morningstar 2014. Le cycle s’est achevé en 2015, mais une seconde trilogie, située dans le même monde, doit voir le jour cette année. De plus, neuf nouvelles et novellas (plus deux recueils les rassemblant) se déroulant également dans cet univers ont été publiées (une se passe entre les tomes 1 et 2, les autres avant le début du tome 1, parfois bien des années auparavant. Toutes donnent un éclairage sur les personnages principaux ou secondaires du tome 1). Le premier tome a été traduit en français, avant que la série ne soit abandonnée (faute de ventes, ce qui, compte tenu de l’originalité et de la qualité du livre, est pour le moins étonnant, mais peut s’expliquer par la faible mise en avant de ce titre à sa sortie), malgré le fait que le second avait été annoncé.

Le cycle est considéré comme une des références, sinon LA référence absolue de la Flintlock Fantasy. De fait, il suffit d’observer la couverture (superbe, signée Gene Mollica) et de la mettre en parallèle avec le nom de la trilogie pour comprendre instantanément, même sans rien savoir de plus sur le roman, que nous n’avons vraiment pas affaire à une Fantasy habituelle : mages, mousquets, uniforme très Napoléonien, poudre, voilà un mélange inédit, en tout cas hors de la Fantasy Historique (voir plus loin). Et non seulement ça casse les codes du médiéval-fantastique, mais en plus ça se révèle vraiment intéressant ! Le public et les écrivains anglo-saxons ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, parlant d’un des premiers romans les plus impressionnants sortis ces dernières années. Pour ma part, voilà exactement le genre de livre novateur et épique que je veux lire.  Lire la suite

Elle est les ténèbres – Glen Cook

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Un tome 8 un peu trop long, un peu lent, mais marqué par des révélations et autres rebondissements vraiment passionnants

darkness_1_cookElle est les ténèbres est le huitième tome du meta-cycle de la Compagnie Noire, et le second des Livres de la Pierre scintillante. Alors que le tome 7 avait, de façon assez surprenante, évacué la poursuite de la Fille de la Nuit et la bataille finale contre les Maîtres d’Ombres au profit de flash-backs à l’époque du siège de Dejagore, ce roman se consacre en revanche entièrement à la vengeance tant attendue de nos héros contre leurs ennemis jurés. Et en amples détails, qui plus est : Elle est les ténèbres est, à ce stade du cycle, le plus gros des romans qui le composent. C’est pourquoi les deux éditeurs français (l’Atalante et J’ai lu) l’ont coupé en deux tomes. Personnellement, je l’ai lu en édition intégrale, semi-poche, et je vous propose donc la critique de ces deux parties (de l’intégralité du roman original) en même temps.

Comme dans le tome précédent, c’est Murgen qui est Annaliste, Porte-étendard et narrateur. Un narrateur partiellement omniscient puisqu’il continue à utiliser les capacités de Fumée à son profit, en plus de développer celles dont il a lui-même fait preuve dans Saisons funestes. Glen Cook nous fait donc voyager à travers les milliers de kilomètres et le temps, nous montrant sous forme de (petits) flash-backs certains événements ou suivant simultanément ou presque des personnages dispersés à travers un immense territoire.  Lire la suite

Saisons funestes – Glen Cook

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A ce stade du cycle, c’est le roman le plus exigeant mais aussi un des plus intéressants

saisons_funestesSaisons funestes est le septième roman du cycle de la Compagnie noire, ainsi que le premier de son troisième et dernier sous-cycle, les Livres de la Pierre scintillante. Son intrigue est en grande partie parallèle aux événements décrits dans Rêves d’acier, et se concentre sur le siège de Dejagore. Il montre, pour l’essentiel, les luttes entre différentes factions à l’intérieur des murs de la ville, ainsi que leurs conséquences pour l’avenir, voire la survie, de la Compagnie et de sa quête de la mythique Khatovar.

D’entrée, Glen Cook surprend : on s’attend forcément à ce que Toubib et Madame se lancent à la poursuite de qui vous savez pour récupérer ce que vous savez (<– ceci est un habile dispositif anti-spoiler), et en fait, pas du tout. L’intrigue est narrée par Murgen, et fait des allers-retours entre le présent (4-5 ans après le siège de Dejagore) et la période correspondant à celui-ci. Donc, l’intrigue qui tourne autour de Kina avance en fait très, très peu. Est-ce décevant ? Une fois le livre fini, pas du tout. Même si, de prime abord, ça déconcerte (surtout si on a suivi l’ordre de lecture des éditeurs français, avec La pointe d’argent en sixième position…).  Lire la suite