L’ombre du pouvoir – Fabien Cerutti

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Un univers et un protagoniste solides, un roman prenant, mais une narration perfectible

ombre_pouvoir_ceruttiFabien Cerutti est un professeur agrégé d’histoire, passionné par les mondes imaginaires. L’ombre du pouvoir est le premier tome d’un cycle appelé Le Bâtard de Kosigan, issu d’une série de scénarios parus pour le jeu vidéo Neverwinter Nights. Ces scénarios, primés, ont d’abord donné naissance à un projet de BD, qui ne verra cependant jamais le jour en raison de la très faible « productivité » du dessinateur polonais recruté (10 pages en deux ans…). Finalement, c’est un roman qui assure la continuité de cet univers, ensuite rejoint par un tome 2. Notez que les tomes sont largement indépendants les uns des autres mais liés par un double fil rouge, à la fois politique et magique (origines du héros, de l’humanité et de la religion), selon le site de l’auteur.

Votre serviteur, s’il n’est, à quelques exceptions près (Pevel, Gaborit) pas franchement fan de Fantasy française, est en revanche particulièrement intéressé par le type de Fantasy Historique proposé par Fabien Cerutti, mêlant cadre réel et elfes, nains et autres créatures et races fantastiques. Et lorsque, en plus, paraît une édition poche avec une couverture comme je les aime (dynamique, très colorée, rentre-dedans), je ne peux que succomber à la hype et lire, moi aussi (bien qu’avec du retard), ce livre à la très bonne réputation. Qui, pour une fois, est amplement justifiée. 

Genres, ressemblances

C’est essentiellement de la Fantasy Historique, mais pas dans la veine de celle du pape du genre, Guy Gavriel Kay : ici, les éléments fantastiques sont ajoutés au monde réel et pas à un univers imaginaire mais très inspiré par une époque / civilisation précise de l’Histoire de la Terre. La narration est éclatée entre deux époques, 1339 et 1899, et si à cette dernière époque les races fantastiques (elfes, nains, etc) ont disparu, elle sont en revanche présentes dans les scènes (majoritaires) se déroulant au quatorzième siècle (nous allons en reparler).

Le ton, le réalisme de certaines scènes, la psychologie complexe et ambivalente des personnages ainsi que leur comportement très éloigné de la Fantasy Arthurienne ou de la High Fantasy placent également ce roman dans la Dark Fantasy. Le haut degré de luttes de pouvoir entre royaumes ou nobles rivaux l’inscrit, enfin, dans la Fantasy politique.

Les scènes qui se déroulent à la toute fin du 19ème siècle, où l’Histoire semble être revenue sur ses rails / avoir été réécrite (les elfes, nains, dragons, etc, sont tenus pour des légendes), permettent également de classer L’ombre du pouvoir dans l’Histoire secrète, une variante (en coupant les cheveux en quatre) de l’Uchronie.

L’éditeur cite Jean-Philippe Jaworski et Mary Gentle en quatrième de couverture : dans le premier cas, la comparaison est d’une pertinence limitée et, à mon sens, à l’avantage de Fabien Cerutti, dont le style est nettement plus fluide (il est devenu rare que je lise un roman de 500 pages en deux jours, signe certain de la fluidité et du côté prenant de la chose) et moins ampoulé ; dans le second, elle est pertinente sur certains plans, puisque la période historique, le milieu des mercenaires, l’importance de la Bourgogne, la double narration passé / présent et la relecture SFFF de l’Histoire (et l’aspect Histoire secrète) sont des points communs entre les deux livres. Toutefois, pour avoir lu les deux, je dois dire que je trouve que l’auteur français a créé un mélange Histoire réelle / fantastique nettement plus harmonieux et intéressant que celui imaginé par Mary Gentle. Sans compter que ses qualités d’écrivain sont, à mon sens, supérieures à celles de l’anglaise.

Enfin, les hommages aux inspirateurs sont là, pour qui sait les voir, de ces archers-sorciers qui abattent un dragon aux rêves de ces derniers, qui renvoient au célèbre Jeu de rôle de Denis Gerfaud (cf p196). Personnellement, au travers de la thématique des races et des magies anciennes qui s’effacent progressivement au profit de l’humanité et de la Chrétienté, j’y vois aussi une communauté avec certaines œuvres de David Gemmell ou de Marion Zimmer Bradley. Et j’ajoute, pour terminer, que les elfes de Fabien Cerutti sont un croisement très réussi entre ceux de Tolkien et de Poul Anderson (dans L’épée brisée ou Trois coeurs, Trois lions).

Univers

An de grâce 1339. Ce qui correspond à l’Hexagone actuel est partagé entre le Royaume de France, le Duché de Bourgogne (qui est en tout sauf en nom un Etat souverain), des enclaves anglaises et… des « réserves » elfes et naines (entre autres). Au milieu de tout ça, le Comté de Champagne a su, par le jeu des féautés et des alliances, conserver son libre-arbitre jusqu’ici (il faut d’ailleurs remarquer que par rapport à l’Histoire réelle, à la fois le Duché et le Comté bénéficient ici d’une indépendance qu’ils n’ont en fait jamais possédée). Le commerce a fait sa (considérable) fortune. Sauf que le Comte est mort, et que sa veuve, une princesse elfique, est obligée de donner sa fille en mariage à un représentant d’un des deux camps, qui rétablira l’ordre et la sécurité des caravanes marchandes face aux pillards ogres et gobelins descendus des Vosges. Elle annoncera à qui ira la main de la princesse semi-elfe Solenne à la fin du tournoi qui est au centre du récit.

Comme vous le constatez, le contexte mêle des éléments historiques réels avec des races fantastiques, et ce avec naturel, logique et habileté. Quelques exemples : Jérusalem est bien tombée aux mains des Sarrasins… mais aussi des Djinns de Syrie ; On combat bien les musulmans en Al-Andalus… mais aussi les orcs ; il y a bien eu des Croisades… mais certaines d’entre elles ont été lancées pour détruire ou mettre en coupe réglée les « races anciennes », leur imposant de vivre dans des « réserves » et de posséder un permis délivré par l’Eglise pour se déplacer (le seul endroit où ces races peuvent se comporter comme elles l’entendent est précisément la Champagne). Signalons d’ailleurs que comme dans un nombre croissant de romans (Kings of the Wyld, par exemple), il y a une (vague) réflexion autour du fait que le vrai monstre est l’humain, et pas forcément l’orc, le troll ou l’ogre.

Intrigue, narration

La narration est divisée entre deux époques et personnages : 1339 et le Chevalier Pierre Cordwain de Kosigan, d’une part (très grosse majorité du texte), et 1899 et son descendant, Kergaël de Kosigan, d’autre part. Ce dernier, aussi roublard et aventurier que son ancêtre, reçoit un héritage de la part de ce dernier, qui le lance sur un jeu de pistes qui lui fait douter de l’Histoire telle qu’elle est enseignée à son époque, et qui ne comprend aucun des éléments Fantastiques évoqués par son aïeul dans ses mémoires ou d’autres textes.

Le Kosigan de 1339, surnommé « le Bâtard », est un mercenaire d’élite, qui donne aussi bien dans l’opération militaire classique avec sa Compagnie que (surtout, apparemment) dans l’espionnage et l’intrigue politique. On l’engage, en gros, pour que, par un mélange de tour de passe-passe, de corruption, de séduction de la femme adéquate, de trucidage en bonne et due forme ou d’intimidation d’un homme bien précis, ou encore par l’entremise de sa langue bien pendue, Kosigan favorise les intérêts de son commanditaire ou défavorise ceux de l’ennemi de ce dernier. Kosigan, c’est un peu James Bond croisé avec le Toubib de la Compagnie Noire, avec une petite dose de D’Artagnan ou de Cartouche dans le mélange. Bien qu’il ait quelques points communs avec le Kane du cycle du même nom (dans le fait de manipuler des royaumes entiers pour atteindre ses buts occultes), Kosigan est loin d’être aussi maléfique que lui, car même s’il est plus qu’ambigu parfois, il reste, au fond, un homme de bien. Mais est-il seulement un homme, d’ailleurs ? Car il bénéficie (sans savoir comment), d’étranges facultés : il est plus fort, plus endurant, plus résistant (y compris à la sorcellerie), à des sens plus aiguisés et des facultés de guérison largement supérieures à celles d’un humain normal.

La narration, donc, alterne entre un gros chapitre en 1339 et un petit en 1899. Et c’est là, à mon avis, que se situe le problème de ce roman :

– D’une part, la partie située en 1899 n’a que peu d’intérêt, et n’apporte (à ce stade du cycle) pas grand-chose au roman.

– D’autre part, cette alternance casse l’immersion, surtout si, comme moi, on accroche peu aux aventures de Kergaël par rapport à celle du Bâtard.

– Enfin, le chassé-croisé entre les époques est utilisé par l’auteur pour créer des mini-cliffhangers et entretenir artificiellement un suspense, ce qui, à la longue, est finalement lassant, et devient à la fois abusif et assez maladroit dans la dernière partie du roman, lorsque la Comtesse doit annoncer qui sera l’époux de sa fille.

Pour terminer sur le style, signalons que celui-ci est fluide, agréable, et surtout n’abuse pas du langage médiévalisant, piège dans lequel tombent à pieds joints tous les apprentis-Jaworski de France (comme Grégory Da Rosa, par exemple), sans que cela soit forcément un plus pour leur roman (il y a bien entendu des exceptions, comme Wastburg). La narration à la première personne est immersive, alterne entre les deux Kosigan (plus 4 chapitres vus, en 1339, par les yeux d’alliés ou d’hommes du Bâtard), et est de type épistolaire (les parties en 1339 sont tirées du journal du Bâtard, celles en 1899 sont des échanges de lettres entre Kergaël et son meilleur ami et quelques autres contacts).

Signalons que les nombreux combats sont très bien décrits, et que l’auteur, bien que prof d’Histoire, a su trouver le bon dosage pour utiliser à bon escient ses connaissances (et sa passion) sans lasser ceux de ses lecteurs qui ne veulent pas subir un cours. La reconstitution historique est donc évidemment de qualité, notamment celle du tournoi qui a une grande importance dans le récit.

Personnages

Si Kergaël est un peu trop flou pour séduire, en revanche le Bâtard est excellent. Complexe, roublard, ambivalent, séducteur (il y a d’ailleurs quelques belles scènes érotiques, écrites juste comme il faut, ni trop, ni trop peu), arrogant, il remporte instantanément l’adhésion du lecteur, qui se délecte de le voir ourdir ses machinations et rabattre le caquet de ses détracteurs, même si ses plans ne se dévoileront (en partie) qu’à la toute fin du roman.

Les autres personnages (qui comprennent d’ailleurs certains personnages historiques), protagonistes, antagonistes ou hommes de main (avec des surnoms très « Compagnie Noire ») sont brossés à plus grands traits mais invariablement intéressants, tout particulièrement la belle princesse elfique Catherine de Champagne.

La fin, ainsi que l’ensemble de l’histoire, m’ont vraiment donné envie d’en savoir plus, à la fois sur la nature de Kosigan et sur la façon dont la partie Fantastique de l’Histoire a été effacée au fil des siècles. En revanche, je pense avoir deviné ce qui tourne autour de Kergaël, et si j’ai raison, c’est franchement téléphoné. A voir dans le tome 2.

Un mot sur l’édition 

Signalons tout d’abord la très belle carte, dessinée par l’auteur en personne, et la sympathique couverture déjà évoquée. Et surtout, insistons, une fois de plus, sur la mauvaise qualité de l’impression, problème récurrent au niveau des éditions au format poche Folio-SF, signalé maintes et maintes fois, sur différentes plate-formes (Amazon, blogs, etc) par diverses personnes, et dont la résolution ne semble pas vraiment être une priorité pour l’éditeur (et c’est un euphémisme, vu que cela fait des années que ce souci perdure). Personnellement, je paye pour avoir des livres décemment imprimés, pas pour un travail bâclé indigne d’un imprimeur Ouzbek de troisième zone.

En conclusion

J’avais l’habitude de dire que j’étais, dans l’écrasante majorité des cas, rarement passionné par la Fantasy française, à part pour quelques exceptions comme Pevel ou Gaborit. A cette courte liste, il me faut désormais ajouter le nom de Fabien Cerutti, dont le premier roman impressionne par son univers solide (mêlant avec brio Histoire réelle et races fantastiques comme les elfes, les nains, les sirènes, etc), son protagoniste complexe et attachant, son intrigue de haute volée, même s’il n’est pas dépourvu de défauts sur le plan narratif (l’alternance avec des chapitres situés en 1899 -le gros de l’action se passe en 1339- n’apporte pas grand-chose, casse régulièrement l’immersion et crée artificiellement des cliffhangers qui deviennent à la longue lassants). Je serai de la partie pour la sortie en poche du tome 2, en septembre, en espérant que ce dernier bénéficie d’une impression de meilleure qualité que L’Ombre du Pouvoir.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle de Boudicca sur le Bibliocosme, de Dionysos sur… ben sur le Bibliocosme aussi, de l’Ours inculte, de Blackwolf, de Célindanaé sur Au pays des Cave Trolls, de Temps de livres,

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39 réflexions sur “L’ombre du pouvoir – Fabien Cerutti

  1. Merci pour cet excellent article, je suis très contente de voir que nos avis se rejoignent sur ce roman 😀 Et je partage tout à fait ton opinion concernant Le livre de Cendres de Mary Gentle.

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    • Merci 🙂

      Il est finalement rare que nos avis sur nos lectures communes divergent largement, d’après ce que je constate.

      Excellent, c’est gentil, mais je le trouve en-dessous de mes autres articles, sans savoir dire ce qui cloche dedans.

      J’ai acheté les deux premiers tomes du cycle de Cendres d’un coup, il y a quelques années, et je n’ai jamais ouvert le n°2. J’avoue, à l’époque, avoir été particulièrement dubitatif devant le buzz autour de cette auteure. Le tome 1 m’a paru laborieux, confus, terne et ne m’a guère donné envie de lire la suite (je me suis contenté de lire un résumé sur le net, qui, lui, m’a définitivement dissuadé de le faire, vu à quel point l’explication est tirée par les cheveux).

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      • Je ne trouve pas ton analyse moins pertinente que d’habitude, c’est toujours agréable de lire une critique vraiment détaillée d’un roman 🙂
        Pour ce qui est du Livre de Cendres j’ai lu les 4 tomes (qui se trouvaient très curieusement rangés dans le rayon « jeunesse » de ma librairie ce qui fait que j’étais sans doute un peu trop jeune pour vraiment l’apprécier à sa juste valeur). Je te rejoins sur le côté un peu farfelu de l’explication finale, en revanche j’avais beaucoup apprécié l’immersion dans ce monde médiéval et l’écriture très crue de l’auteur (son héroïne n’est quand même pas banale !^^). J’en garde un plutôt bon souvenir 🙂

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          • Moi la première ^^ J’avoue que je n’ai pas bien compris comment l’auteur a pu se retrouver dans ce rayon… (surtout que, si mes souvenirs sont bons, la première scène est celle du viol de l’héroïne petite fille par deux soldats :s)

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  4. J’ai adoré les 2 tomes de Kosigan. Par rapport à la narration, l’époque 1899 prend son essor dans le tome 2. Ce que j’ai trouvé intéressant c’est d’essayer de comprendre comment le monde a changé entre les 2 époques et pourquoi. J’ai trouvé cette idée que le passé n’est pas celui qu’on croit excellente. Après c’est certain que j’ai adoré le personnage du bâtard et que Kergael pour le moment dans ce tome n’est pas aussi intéressant. Le tome 3 doit sortir en août. En tout cas très belle chronique comme toujours!

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  5. Sympa la genèse du livre, comme scénario pour Neverwinter nights 🙂

    Même si les bons narratifs de 400 ans me font peur, le reste est plutôt alléchant.
    (Le passage sur les apprentis-Jaworski est un peu méchant ^^). Surtout que le Maître inself ne fait pas du médiévalisant mais de l’argo mêlé à une plume soutenue (et surtout très documenté). M’enfin, c’est pas le propos.

    Vendu, en plus il est en promo numérique ! Je le lirai pas de suite, mais sous peu j’aurai besoin d’une solide bibliothèque numérique… 🙂

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  6. Bonjour, et merci pour cette critique que je trouve moi aussi excellente (et je ne dis pas cela parce qu’elle dit en grande majorité du bien de mon petit Bâtard…) 🙂

    La réception par les lecteurs de la partie XIX° siècle est variable et je dois reconnaître que les deux tiers des gens m’en font des retours plutôt négatifs (contre 1/3 de positifs voire d’emballés). Il est intéressant de noter que sans cette partie (qui met l’histoire du Bâtard en perspective) rien ne permettrait de penser qu’on est censé avoir à faire à notre monde réel. C’est d’ailleurs cette originalité par rapport à la plupart des ouvrages de fantasy actuelle qui a encouragé les éditeurs à s’intéresser à mes histoires. Et sans elle, le Bâtard de Kosigan n’aurait certainement jamais vu le jour.
    J’admets que les lettres du XIX° coupent le rythme mais, sachant cela, je me suis attaché dans ce premier tome à les faire les plus courtes possibles (je déteste moi-même dans un livre me trouver à un endroit passionnant et brusquement changer de personnage…et me rendre compte que le prochain chapitre sur ce qui m’intéresse se trouve 100 pages plus loin…) 🙂
    Par ailleurs, les aventures de Kergaël s’inscrivent sur l’ensemble des tomes du premier cycle (je suis en train d’écrire le dernier en ce moment). cela signifie que dans ce premier tome, vous avez eu essentiellement des éléments d’exposition. Normalement (ainsi que cela a été dit plus haut) le tome deux est plus intéressant concernant cette partie et si j’en crois les retours des béta lecteurs du tome 3 cela devient passionnant (au moins autant me dit-on que le XIV° siècle si ce n’est plus). Ce sera à vous de me dire.

    Ah, au fait, je m’interroge sur la « mauvaise qualité d’impression ». J’ai moi-même le poche en main et je trouve au contraire que c’est très bien fait (je ne suis pas spécialiste, hein). On arrive même avec de bons yeux à lire les noms sur la carte ce qui franchement n’était pas évident. Et la couverture est parfaite. N’hésitez pas à me préciser ce qui cloche, je pourrai transmettre à Folio (sans certitude que ça change quoi que ce soit, mais au moins ils seront au courant). Le papier trop fin peut-être? L’ensemble trop fragile?

    En tout cas,merci pour avoir lu ce poche si rapidement et à bientôt j’espère pour une chronique du 2.
    (Attention, il est plus sombre et il se peut que vous jugiez le style moins fluide, sachez que c’est voulu et en rapport avec ce que vit le Bâtard dans ce tome, plus complexe et plus torturé) 🙂

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    • Merci pour ces précisions !

      Concernant les problèmes d’impression, ils sont variables sur les livres de la collection en général : cela se manifeste parfois par des « bavures » (la lettre a l’air dédoublée sur un espace d’un millimètre), souvent par une impression très terne, un peu comme, sur une imprimante pour particulier comme vous et moi, ce que donne une cartouche d’encre quasiment vide. En général, c’est quelque chose que je tolère si cela concerne 1 page sur plusieurs centaines (ça arrive à n’importe quel imprimeur), mais dans les livres de cette collection, cela concerne parfois 1 page / 2 à certains endroits du roman !

      Concernant votre livre, le problème est de cette nature (du moins sur l’exemplaire que j’ai acheté, il est après tout possible que je sois tombé sur la seule impression défectueuse du lot) : impression « pâle », certes lisible mais pénible à déchiffrer (surtout si la luminosité ambiante est basse), sur un nombre certes faible mais tout de même significativement plus élevé que chez l’éditeur / imprimeur moyen.

      Je sais bien que vous n’êtes pas responsable du souci, et je n’aimerais pas que la réception de cette version poche soit ternie par de bêtes soucis techniques. J’espère juste que le nouveau directeur de collection prendra la mesure de la récurrence de ces problèmes et de leur impact sur la confiance du consommateur. D’autant plus que c’est un souci que je ne constate pas dans les éditions au format poche d’autres éditeurs.

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      • Je transmettrai 🙂
        Cela dit, mon exemplaire ne présente que des variations minimes d’encrage. Je l’ai comparé à un pocket que j’avais pour voir. En terme d’impression cela me paraît similaire (hormis pour la taille des caractères – légèrement plus gros – et l’interlignage – plus aéré. Par ailleurs (et c’est ce qui m’ennuie davantage personnellement) le folio a l’air un peu plus fragile.

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  7. Eh bien…Le livre de Cendre est pour moi un putain de chef d’oeuvre, prenant aux tripes, intrigant, extrêmement bien balancé, et avec un traitement admirable sur la fin pour laisser une impression durable dans l’esprit du lecteur: il y a bien des passages longuets ou qui en échauderont certains, mais qui font aussi partie de ce style particulier. C’est clairement le genre de série qui demande une vue d’ensemble, mais je pense que ce n’est pas la peine d’insister s’il y a rejet. Après, j’admets être un « petit » lecteur, voire une chiure de mouche par rapport aux boulimiques ultra-rapides et infatigables qu’on l’air d’être les blogueurs, mais je serais surpris que mes standards de qualité soient à ce point plus bas que les vôtres.

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    • (sympa le pseudo Banksien ^^)

      Ce n’est pas une question de standard de qualité, je pense, mais de perception personnelle, ou de comparaison avec d’autres romans dans le même genre. Chacun d’entre nous a une grille de lecture qui lui est entièrement personnelle, un point précis plaira à un lecteur et sera rédhibitoire pour un autre. Un lecteur verra une référence ou une convergence à / avec tel ou tel autre auteur ou livre, tandis qu’un autre passera à côté sans rien voir parce qu’il n’a pas lu l’autre écrivain en question. Il y a des points qui peuvent faire l’objet d’une analyse objective, avec laquelle tout le monde sera d’accord (si le roman est de type épistolaire, le dire n’est pas une question de perception personnelle, c’est un fait incontestable), tandis que d’autres donneront lieu à autant de ressentis subjectifs qu’il y a de critiques, ou presque.

      Moralité : un lecteur peut trouver qu’un cycle est un chef-d’oeuvre, un autre qu’il est terne et / ou pas à la hauteur du cycle X de l’auteur Z. Cela n’enlève rien à la pertinence du ressenti, par essence personnel, de l’un ou de l’autre : aucun n’a raison, aucun n’a tort. Enfin, c’est la philosophie avec laquelle j’essaye de procéder sur ce blog : je relaye les critiques des blogueurs de mon cercle, que je sois d’accord avec ou pas. Et vous me verrez rarement dire « ce livre est mauvais » (ce qui est un jugement absolu), plutôt « il ne m’a pas convenu, ne plaira pas aux lecteurs au profil x, adeptes du sous-genre y de la SFFF ou fans de l’auteur z cherchant quelque chose de similaire « .

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  8. Enfin, un peu de temps pour parcourir mes blogs préférés!
    Ce roman, je l’ai repéré depuis un moment également, j’ai même été très tentée par les retours. Or, comme toi, je ne suis pas admiratrice de la fantasy française que je trouve « à la traîne » la plupart du temps, à quelques exceptions. Bref, je suis souvent assez déçue.

    Avec cette critique superbe, tu viens de me convaincre qu’il me fallait vraiment le lire, quand? demeure une autre question…
    J’adorais Never winternight.

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  9. Ah ce que j’ai hâte de retrouver le batard dans le T2, même s’il y a quelques facilités dans sa façon de s’en sortir il est amusant tout de même, Kergael était moins intéressant pendant une bonne partie du livre mais c’était mieux sur le dernier tiers.

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  10. Excellente chronique comme toujours! Et je ne te remercie pas car grâce (à cause) de toi, ma PAL va encore augmenter! Je plaisante! Un grand merci car je ne savais pas que ce roman était sorti en poche.

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  11. J’ai le souvenir d’une lecture sympathique et j’avais aimé la partie XIXè siècle qui rendait le tout assez dynamique à mon avis (et il faut dire que je suis plus lectrice de SF que de Fantasy, je me demande si ce n’est pas ça qui fait la différence entre ceux qui aiment et ceux qui n’aiment pas, ce côté histoire secrète qui rattache le livre à notre monde) pour moi ça donnait vraiment une autre dimension au roman.
    J’avais juste reproché à Fabien (avec une autre blogueuse d’ailleurs) que son Bâtard emballe juste trop facilement toutes les filles qu’il veut. C’était assez irréaliste et un peu trop facile à notre goût. Il faudrait que je lise le tome 2 pour savoir s’il a nuancé la chose, mais je ne suis toujours pas une grande fan de Fantasy, donc priorité aux lectures SF, et j’en ai bien trop dans ma PAL :p

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    • Non, je suis moi aussi bien plus grand lecteur de SF que de Fantasy (l’écrasante majorité de mes lectures SFFF a concerné la SF pendant un bon quart de siècle, mais comme c’était avant que j’écrive des critiques, ça ne se voit pas forcément, d’autant plus que j’ai largement rééquilibré le mélange SF / Fantasy depuis deux ans), donc je ne pense pas que la différence de perception vienne de là.

      Le fait d’emballer les filles (trop ?) facilement cadre bien avec ce type de personnage, je trouve, ça renforce son côté James Bond moyenâgeux.

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  12. J’ai toujours une petite appréhension lorsque je lis la chronique d’un livre que j’ai aimé. Je suis donc très contente de voir que nos avis se rejoignent 🙂
    Par curiosité, je vois que tu dis ne pas trop accroché à la fantasy française (mais voilà qui est très triste… en même temps j’étais dans le même cas il y a encore seulement deux ans avant de trouver quelques auteurs m’entraînant autant que Gavriel Kay, Sanderson ou Lynch), aurais-tu lu Druide ou Martyrs de Peru, Gagner la guerre de Jaworski, Royaume de vent et de colères de Del Socorro (bien plus léger que les autres), La Geste du Sixième Royaume de Tomas (bon celui-là je ne l’ai pas fini) ou Le Sang des 7 Rois de Goddyn (hum hum… ma liste va commencer à être longue) ?

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    • Peru, j’en ai lu des avis mitigés, Gagner la guerre est prévu en juillet (le programme de toutes mes lectures jusqu’en 2020 est disponible sur la page prochaines critiques), Socorro, ça n’arrivera pas car je n’aime pas du tout son approche de la Fantasy historique, et pour les autres, pas avant 2020, éventuellement, ma priorité và aux nouveautés, en VF et de plus en plus en VO 😉

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      • OMG 2020 ? Tu arrives à te projeter si loin et tenir tes choix ? Chapeau ! Moi qui suis incapable de projeter mes lectures sur la semaine qui suit x) Dans tous les cas, je suis curieuse de voir ton avis sur Le nom du vent (ceux que j’ai vu étaient un peu trop élogieuses à l’extrême à mon goût). Plusieurs lectures que j’ai adoré est dans ta liste du coup, je me demande ce que tu en penseras (et je suis encore plus intrigué par ton avis sur ceux qui m’ont moins plu).
        Hâte de lire ton avis sur Gagner, la guerre, mais je me doutais que Socorro ne serait pas pour toi 😉 Par contre, si tu as un créneau de libre un jour, martyrs de Peru à une chance de te plaire ^^ (mais surtout pas Les hauts conteurs).

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        • La difficulté est que les éditeurs ne communiquent qu’assez tardivement sur leur planning de sorties (6 mois de visibilité en général, 12 au mieux), ce qui fait que je suis régulièrement obligé de décaler certains bouquins pour tenir compte des nouveautés. Donc on va dire que le planning a plus de douze mois ne sera tenu qu’à 50 %, en gros, le reste sera bel et bien lu mais un peu plus tard que prévu.

          Je note le titre de Peru que tu me conseilles dans le programme de 2020 ^^

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  13. Je viens de terminer le premier tome, après m’être fait happer par la présentation que m’en a fait l’auteur aux Imaginales… et j’ai vraiment trouvé ça très, très, très bien. Pour ma part, je n’ai pas trouvé la forme de narration gênante, mais je comprend l’idée. Et j’attend avec impatience de connaître la suite…
    J’en profite pour plussoyer la suggestion de LeMondeDe Bibi d’ajouter Le sang des 7 rois de Goddyn : même si je n’ai pas encore eu le temps (mais ce sera avant 2020) de lire les deux derniers tomes, cela faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir à une série ; en fait, depuis Guy Gavriel Kay (enfin, La Tapisserie de Fionavar, Les mosaïques de Sarance et les Lions d’Al-Rassan, notamment), pour tout dire.
    Pour finir, je dois dire que le côté roublard et impertinent du Bâtard de Kosigan m’a vraiment emballé…

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