All systems red – Martha Wells

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Tous les systèmes sont effectivement dans le rouge…

all_systems_redAll systems red est une novella de 160 pages écrite par Martha Wells, une auteure Texane de Fantasy et de SF dont j’aurai l’occasion de vous reparler en plus amples détails l’année prochaine, lorsque je lirai ses cycles Île-Rien / La chute d’Île-Rien. Notez que sa parution est curieusement échelonnée : la version électronique est disponible dès le 2 mai, la version physique à partir du 7 août seulement. Elle fait partie d’un cycle (The Murderbot diaries) qui en comprendra au moins une autre.

Ce roman court est présenté, sur Goodreads, comme un mélange entre Westworld et le cycle de la Culture de Iain M. Banks. Culture / Banks, hop, les mots magiques ont été prononcés, il n’en fallait pas plus pour que je m’intéresse à ce texte, qui a en plus le bon goût d’être rapide à lire, ce qui correspond plutôt à mes envies du moment. 

Univers

L’espace connu (ou du moins, si j’en juge par une mention à une « Corporate Rim » -Bordure corporatiste- en toute fin de texte, le secteur dans lequel se déroule l’action) est dominé par des confédérations de planètes dirigées par des corporations, en compétition économique féroce entre elles. Les autres entités politiques sont tenues pour quantité négligeable.

La Compagnie (elle ne sera connue que sous ce nom là, ce qui rappelle un peu l’univers de la saga Alien, où la Weyland-Yutani est souvent seulement appelée comme cela) qui est au centre du récit délivre des permis d’exploration / étude sur les planètes découvertes et revendiquées par ses soins. On achète en fait le droit, pendant un temps limité, de faire une étude scientifique, minière, etc, du monde en question, avant de faire une offre (d’achat ou d’exploitation, ce n’est pas très clair). La Compagnie fournit le transport, les éléments préfabriqués pour monter une base, les IA, les véhicules, bref tout l’équipement possible et imaginable, y compris une SecUnit (comprenez : « robot » de sécurité) obligatoire par 10 personnes. Un vaisseau repasse chercher l’expédition au terme de son contrat, et une balise d’urgence permet de le rappeler plus tôt en cas de catastrophe. Plusieurs groupes différents peuvent être présents sur une planète donnée en même temps.

En plus des humains normaux, il existe des humains « Augmentés », comprenez munis d’implants cybernétiques de communication leur permettant d’accéder au Réseau tout comme les robots, IA, etc.

SecUnit

Les unités de sécurité ne sont ni des humains, ni des robots, mais des « constructs », à savoir des cyborgs dont les parts organiques sont issues de tissus humains clonés. Ils sont conçus pour pouvoir régénérer ou qu’on puisse réparer 90 % de leurs composants, vivants ou pas, et sont donc très difficiles à mettre définitivement hors de combat. On leur implante un « Governor module », à savoir un élément de contrôle devant réguler les impulsions venant de leurs parties organiques, les forcer à obéir aux ordres des humains ou à ceux des IA, les empêcher de dévoiler les secrets de la Compagnie ou de permettre qu’on nuise à ses intérêts, et les punir en cas de non-respect des ordres.

Les SecUnits ont un armement interne à énergie, et transportent aussi des fusils à projectiles externes de gros calibre. Leur principale directive, leur obsession, même, est d’assurer la sécurité de leurs clients.

Intrigue

La SecUnit autour de laquelle est centrée l’intrigue a réussi à désactiver son Module, et est donc (secrètement) un « agent libre ». Il s’est lui-même rebaptisé « Murderbot », pour des raisons qui sont expliquées dans le texte. Il est toujours obsédé par la sécurité des humains dont il a la charge, mais pour le reste, il fait ce qu’il veut (il est tout de même obligé de feindre le comportement qui est attendu d’une SecUnit pour ne pas se faire démasquer).

Il est profondément mal à l’aise en présence des humains, détestant être vu sans son armure ou son casque, par exemple. Il cherche à s’impliquer le moins possible et ne veut pas en savoir beaucoup sur eux, il fait son job, point.

Un travail, qui, d’ailleurs, va sensiblement se compliquer lorsque les cartes fournies par la Compagnie vont se révéler (dangereusement) fausses, que l’autopilote de l’aéronef de reconnaissance va se mettre en RTT en plein milieu d’une chaîne de montagnes, ou quand le contact va soudainement être rompu avec la seule autre équipe présente sur la planète…

Mon avis

Je n’ai pas du tout été convaincu par cette novella, et ce sur de multiples plans :

– Ton et personnages : le détachement de Murderbot envers les humains fait que tout est conté sur un ton plat, morne, dépassionné, qui peine à impliquer ou éveiller l’enthousiasme (malgré la narration à la première personne, forcément plus immersive). Et ce d’autant plus que la conséquence est qu’à part l’un d’entre eux qui bénéficie d’une vague caractérisation, les humains sont en grande partie des spectres interchangeables (ils sont vus uniquement par les yeux de Murderbot).

– Intrigue : je ne vais pas spoiler, évidemment, mais l’intrigue a à la fois des trous (certaines choses ne sont ni expliquées, ni logiques) et est peu originale, prévisible et pas franchement passionnante. Seul un vague twist (qu’on voit d’ailleurs en partie venir) à la toute fin réveille vaguement l’intérêt.

– Intérêt dans le genre « le robot désobéit / le robot s’humanise » : en un mot, aucun. C’est du déjà vu, en beaucoup mieux et depuis très longtemps. Bref je ne vois pas l’intérêt de revenir sur le sujet si c’est pour ne rien y apporter de neuf.

– Référence marketing, pour ne pas dire fantaisiste, à Banks : qu’est-ce que ça a à voir avec Banks, nom d’un VSG ? Les IA / « robots » de Banks sont caractérisés par leur profonde personnalité et leur humour plus grand encore, bref rien à voir avec Murderbot, qui n’a pas le moindre sens de l’humour et seulement un embryon de ce genre de psychologie complexe. De plus, un Drone Banksien est conçu, dès le départ, pour être une personnalité indépendante, pas une machine jetable sous contrôle d’un maître module. Franchement, il faut que les éditeurs, aussi bien anglo-saxons que français, arrêtent avec ce genre de marketing à la noix, parce qu’à force de prendre le consommateur pour un pigeon à coups de références prestigieuses fantaisistes, ce qui va finir par arriver est que la majorité va différer son achat en attendant qu’un courageux achète le livre en question et dise si ça ressemble bel et bien à l’auteur(e) majeur(e) x ou y. Et devinez ce qui va se passer lorsque cela ne se révélera être que de la poudre aux yeux ?

En conclusion

Cette histoire de mystère basé sur des sabotages sur une planète sauvage en cours d’exploration, mettant en scène un « robot » de sécurité secrètement émancipé de son module de contrôle, peine à intéresser. La faute à un ton morne, déshumanisé, à des personnages humains ectoplasmiques et une intrigue et des thématiques qui sont du déjà-vu et n’apportent rien de neuf. La référence faite par l’éditeur à Iain Banks est assez fantaisiste, tant on est loin de l’humour et de la profonde personnalité de ses Mentaux et drones. Bref, à moins que vous ne soyez un complet néophyte dans le genre « robotique », ou un fan absolu de l’auteure, vous pouvez, à mon sens, vous dispenser sans regret de cet achat. Ce qui ne diminue cependant en rien, à titre personnel, mon intérêt pour le volet Fantasy de l’oeuvre de cette dernière.

Niveau d’anglais : facile.

Probabilité de traduction : faible.

 

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13 réflexions sur “All systems red – Martha Wells

  1. Cela sonne un peu bête mais je voulais te remercier pour cet avis sur la novella et pour tous les autres posts sur ce blog. C’est vraiment précieux d’avoir accès à ces critiques et je suis reconnaissant envers ceux qui jouent le rôle du « courageux » pour acheter les livres et nous informer sur la qualité des oeuvres.
    Merci !

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  2. « tout est conté sur un ton plat, morne, dépassionné, qui peine à impliquer ou éveiller l’enthousiasme » → ta chronique aussi, du coup (à part quand tu parles de la référence à Banks).
    Comparé à la super critique du super livre de light-fantasy-avec-du-rock, ça n’a rien à voir ^^.

    C’est intéressant de voir comme ton ressenti passe autant par le ton que tu emploies, même quand ce n’est pas un gros coup de gueule ou un livre que tu as adoré.

    (Bien entendu, je ne dis pas que tu as mal écrit cette chronique… J’espère que ma pensée est assez claire :/ )

    Aimé par 1 personne

  3. C’est sans appel et encore une fois la référence marketing n’y est pas pour rien ! Du coup t’as pas de crainte pour ta lecture en 2018 ? Le cycle Île-Rien.

    C’est fou ta programmation à long terme :p

    Aimé par 1 personne

    • Non, pas de crainte. J’ai déjà eu affaire à des auteurs qui m’ont laissé froid sur un bouquin et enchanté sur le suivant (je pense notamment à David Brin). Et là en plus, ce cycle a bonne réputation, donc il y a peu de chances que je sois déçu à ce point là. De toute façon, si je vois que je n’accroche pas du tout au tome 1, il sera toujours temps de programmer quelque chose à la place du reste du cycle.

      La programmation me cause bien du souci, car il y a de nombreux changements de dates de sortie (il y en a eu deux rien que ce mois-ci), ce qui fait qu’il est de plus en plus difficile de prévoir ce que je vais lire (et quand) sur le long terme.

      Aimé par 1 personne

  4. Oh! mais rien ne me conviens dans ce bouquin! Je l’avais vu sur Goodreads aussi, et je l’ai pris pour les mêmes raisons que toi… sauf que j’ai loupé ta critique! J’ai même pas envie de la lire cette novella maintenant.
    Re-merdum!

    Aimé par 1 personne

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