La dame pâle – Alexandre Dumas

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Le vampire, vu par… Alexandre Dumas ! 

dame_paleLa dame pâle est une nouvelle relevant de la littérature vampirique, écrite en 1849 par… Alexandre Dumas. Si, si, le légendaire auteur des Trois Mousquetaires, du Comte de Monte-Cristo et de La Reine Margot. Dumas qui fait du vampire, ça ne se refuse pas, d’autant plus quand la date de rédaction du texte, si elle n’en fait pas tout à fait un précurseur, le place tout de même dans une période où la créature n’a pas encore été sublimée par certains des romans qu’on cite aujourd’hui en référence, comme Carmilla (1872) ou Dracula (1897).

Précision importante : cette nouvelle ne forme en fait qu’une partie d’un texte beaucoup plus gros, appelé Les Mille et un fantômes. Ce dernier met en scène un dîner, au cours duquel les convives racontent tour à tour d’étranges histoires, dont ils ont été les héros (ou les victimes…). La dame pâle qui donne son titre à cette nouvelle est une des participantes. Le souci est que si vous ne connaissez pas ce contexte, vous allez avoir du mal à pleinement saisir l’introduction et l’épilogue. Merci qui ? Merci Apophis ! 

Le contexte

1825. La guerre fait de nouveau rage entre la Russie et la Pologne, qui se bat pour son indépendance. La belle Hedwige voit son père revenir avec les débris de son armée, apprend la mort d’un de ses frères et la blessure mortelle du deuxième. Les troupes du Tsar à ses trousses, son géniteur décide d’organiser un dernier baroud d’honneur dans son château, mais choisit dix hommes de confiance pour mettre sa fille à l’abri dans un monastère des lointaines Carpathes, qui jadis accueillit et protégea sa mère.

En chemin, Hedwige va tomber entre les mains de deux princes locaux, deux demi-frères que tout sépare, à part leur désir commun pour elle (pour l’un des deux, je n’ose parler d’amour…) : le noble Grégoriska et le ténébreux Kostaki. Seul problème : l’un des deux va devenir… un vampire.

Mon avis

Bon, en toute honnêteté, sur un pur plan vampirique, le livre, s’il est sympathique, ne restera pas forcément dans les annales du genre. Non pas que le sujet soit traité avec maladresse, mais c’est toute la brièveté de la chose qui l’impacte négativement : si théoriquement, la nouvelle fait 93 pages, en fait une présentation assez aérée et surtout une taille de police supérieure à la normale font qu’il y a en réalité assez peu de matière, surtout compte tenu du fait que le vampire ne fait son apparition qu’à la page 78 sur 102…

Bref, sur le pur plan littérature vampirique, nous sommes tout de même loin de Carmilla, par exemple, à la fois dans la profondeur du traitement mais aussi dans l’ambiance, qui est finalement moins gothique que romantique. Ce dernier aspect est le plus important, même si l’angoisse et le fantastique ont tout à fait leur place dans le récit.

En revanche, on appréciera la formidable écriture d’Alexandre Dumas, notamment dans les descriptions (celle des Carpathes au début, par exemple) et dans l’immersion, qui fait que même si le lecteur moderne sait à quoi il a affaire, il est pris à la gorge par les transports, les angoisses et le chagrin d’Hedwige. Et puis bon, je vais encore insister là-dessus, mais Alexandre Dumas qui fait du Fantastique et du Vampire, ça ne se refuse pas, non ?

En conclusion

S’il reste mineur sur le plan de l’importance au sein de la littérature vampirique (et plus orienté romantisme et roman historique que vampirisme / Fantastique proprement dit, ces éléments ne faisant qu’une apparition assez tardive, bien que marquante, dans le récit), ce texte est tout de même prenant et agréable à lire, et marque l’incursion d’un très grand écrivain dans un des genres des littératures de l’imaginaire où le grand public ne l’attendait pas forcément. Tout compte fait, et particulièrement grâce aux qualités d’écriture déployées dans cette nouvelle, celle-ci reste une lecture tout ce qu’il y a de valable, sur quelque plan que ce soit.

On conseillera cependant de lire Les Mille et un fantômes en entier plutôt que ce simple extrait hors-contexte.

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3 réflexions sur “La dame pâle – Alexandre Dumas

  1. Ah bah flûte, pour une fois que j’ai lu l’œuvre que tu chroniques, je n’en ai plus aucun souvenir (je l’ai lu il y a presque dix ans, j’pense)…
    Du coup, le jour où je relirai le recueil qui contient cette nouvelle (un ensemble de récits vampiriques), je repenserai au contexte de « histoires racontés pendant un dîner », merci de la précision.

    Aimé par 1 personne

  2. « La dame pâle qui donne son titre à cette nouvelle est une des participantes. Le souci est que si vous ne connaissez pas ce contexte, vous allez avoir du mal à pleinement saisir l’introduction et l’épilogue. Merci qui ? Merci Apophis ! »

    « En chemin, Hedwige va tomber entre les mains de deux princes locaux, deux demi-frères que tout sépare, à part leur désir commun pour elle (pour l’un des deux, je n’ose parler d’amour…) : le noble Grégoriska et le ténébreux Kostaki. Seul problème : l’un des deux va devenir… un vampire. »

    Seul problème : l’un des deux va devenir… un vampire. => OUH LE JOLI SPOIL !!!!! Franchement ! Vous osez dire qu’on a besoin du contexte pour comprendre l’histoire et après dans la partie contexte vous lachez un spoil? 😡 Pas cool je viens de spoil ma petite amie en lui lisant ça pensant lui rendre service ><"

    Et petit détail, "apprend la mort d’un de ses frères et la blessure mortelle du deuxième." Blessure 'mortelle', donc mort des 2 frères logiquement?

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    • Pour information, le nom du vampire est carrément largué par l’éditeur en quatrième de couverture, donc je ne vois pas en quoi dire qu’un des deux frères (et sans dire, moi, lequel) en est un est un spoiler… Même si quelqu’un se lance dans ce bouquin sans lire la quatrième, à la lecture de ma critique il ne connaîtra pas l’identité du suceur de sang concerné (sans compter que la littérature vampirique n’est pas avare en fausses-pistes…). De toute façon, il est complètement évident à la lecture du texte qu’il s’agit d’un des deux frères, je ne dévoile en rien un secret majeur. Et pour finir, comme ma recension l’explique, l’intérêt de ce texte n’est guère dans son aspect vampirique…

      De toute façon, la politique de ce blog a toujours été d’en dévoiler assez pour donner envie aux gens de lire les bouquins concernés, sans pour autant leur torpiller tout le livre en leur donnant les clés critiques pour le décodage de l’intrigue. Et on m’a à l’écrasante majorité plutôt félicité pour avoir réussi à trouver le bon dosage révélations / rétention d’infos que le contraire. Je ne compte pas changer la ligne éditoriale du blog, qui convient parfaitement à la majorité de mes lecteurs réguliers, juste parce qu’elle ne convient pas à une personne de passage qui lira UN article et ne reviendra jamais.

      Non, je n’ose pas dire qu’on a besoin du contexte pour comprendre l’histoire, je dis qu’on a besoin de savoir que ce livre fait partie d’un fix-up pour comprendre pleinement (et j’insiste là-dessus) certaines (vagues) allusions au début et à la fin, c’est très différent. Mais sinon, le gros de l’intrigue se suffit à lui-même.

      Certains survivent à une blessure théoriquement mortelle (il y a des cas documentés dans la littérature médicale), premier point, et deuxième point, c’est une manière de dire qu’un des deux frères est déjà mort (c’est acté) et que le deuxième est mourant (donc encore vivant) au moment où Hedwige prend connaissance de l’information. Et puis bon, c’est totalement anecdotique dans le texte, je ne vois pas en quoi pinailler sur ce point a une quelconque importance.

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