La miséricorde de l’Ancillaire – Ann Leckie

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Miséricorde, c’est enfin fini… (ou pas)

misericordeLa miséricorde de l’Ancillaire est le troisième volume des Chroniques du Radch. Ce n’est cependant pas l’ultime roman qui se déroule dans cet univers : la publication d’un nouveau livre est prévue (en VO) pour l’automne 2017 (je ne sais pas, par contre, s’il reprendra l’intrigue et les personnages de la trilogie existante, même si l’annonce faite à son sujet par l’éditeur anglo-saxon laisse à penser que ce sera le cas).

Ce roman a reçu (comme ses deux prédécesseurs) le prix Locus, édition 2016. Après un tome 2 qui faisait si peu avancer l’intrigue principale qu’il tenait en fait plus du tome 1 bis que du tome intermédiaire classique d’une trilogie, ce tome 3 lui donne-t’il une conclusion satisfaisante, voire « brillante », comme le prétend la quatrième de couverture ? Sans grande surprise, la réponse est non.

La forme

On ne va pas revenir sur les choix de traduction très particuliers effectués sur l’ensemble de la trilogie, j’en ai parlé en long, en large et en travers dans ma critique du tome 1. Juste un point à signaler : on parle, dans ce tome 3, des IA et d’un ancillaire (autre que le héros) au « neutre » radchaï, comprenez au masculin, ce qui induit des phrases bizarres du type un IA. Le souci, c’est que l’explication de ce fait n’est donnée, dans le livre, que longtemps après son emploi, qui peut donc surprendre et faire penser à un défaut de cohérence dans la traduction. Une note en bas de page aurait été la bienvenue.

Mais là n’est pas l’important : les dits choix de traduction, donc, rendaient déjà la lecture malaisée, voire pénible pour beaucoup de gens (y compris une grosse partie de ceux qui ont attribué une note supérieure à la moyenne à ces livres), mais ce sentiment ne fait que s’amplifier en raison de l’apparition de nouveaux problèmes spécifiques à ce tome 3 :

  • Certaines phrases ne veulent strictement rien dire (il m’est arrivé d’en relire quelques-unes quatre fois sans parvenir à les comprendre) : voir par exemple celle-ci, p 169 : « Inutile d’essayer de calculer quand ni si Vaisseau reviendrait me chercher, j’en étais incapable, je ne l’aurais pas pu même si j’avais été en mesure de penser clairement, etc ».
  • D’autres sont d’une construction bizarre ou incorrecte, comme p 292 : « ce ne sont pas de mes résidents ».
  • D’autres encore sont du do-it-yourself : le sujet, un des deux éléments indispensables à la construction d’une phrase en bon français, est visiblement devenu optionnel, et pas qu’une fois, vu le nombre ahurissant d’occurrences du phénomène (je ne sais pas si c’est dû à Patrick Marcel ou à Ann Leckie, mais si c’est cette dernière la fautive, c’était au traducteur à rendre un travail en français compréhensible. Une bonne traduction n’est pas forcément littérale, elle doit aussi être une adaptation et être lisible et agréable dans la langue d’arrivée).
  • Toujours dans le genre do-it-yourself, admirons ce magnifique « locator » (p 146 et p 371) pas du tout traduit. C’est vrai qu’écrire balise de localisation, c’est tellement compliqué… Si j’avais voulu lire la VO, c’est elle que j’aurais acheté, hein.
  • Des fautes plus classiques de relecture (clairement insuffisante) sont aussi de la partie, par exemple celle-ci p 299-300 : « Puis un souvenir a dû la frapper, parce qu’elle a grimacé, fermé les yeux et placé un bras en travers de son vidage« .

Avant de publier un texte, on le fait relire, en général. Si moi je suis capable de repérer des problèmes, quelqu’un dont c’est la fonction devrait aussi pouvoir le faire, non ? Je rappelle que le lecteur lambda paye pour avoir accès à ce texte, et qu’il est donc en droit d’attendre un travail un minimum sérieux, surtout de la part d’une maison d’édition aussi prestigieuse que J’ai Lu.

Bref, tous ces éléments cumulés font que la lecture de ce roman s’apparente parfois à un calvaire, ce qui fait que très rapidement, on commence à lire en diagonale. Et ce d’autant plus volontiers que ce tome 3 est largement aussi soporifique que ses prédécesseurs.

Le fond

Je parlais de tome 1 bis pour le tome 2, mais franchement, je me suis demandé pendant plus de la moitié de ce tome 3 si Ann Leckie comptait continuer l’intrigue principale un jour. C’est lent, mais lent… Les rares événements intéressants ou significatifs sont noyés dans des rituels liés au thé, les atermoiements psychologiques et / ou amoureux de Seivarden, Ekalu ou Tisarwat, ou, fait nouveau, dans l’obsession pour le thé poisson du nouveau traducteur Presger. Il faut attendre les 100-150 dernières pages, en gros, pour qu’il se passe réellement quelque chose. Et c’est bien dommage, parce que certaines scènes d’action ne sont pas vilaines du tout (l’Ancillaire, arrimé sur la coque du Vaisseau qui entre et sort de l’espace de Porte pour des raids foudroyants, tire, avec l’arme Presger, des projectiles qui n’atteindront leurs cibles que des heures plus tard).

Bref, après un tome 2 qui donnait quelques signes encourageants, ce tome 3 retombe dans les pires travers du tome 1. Quand je vois la quantité de texte complètement inutile, je me dis que toute la trilogie aurait facilement pu être condensée dans un gros roman ou deux plus petits.

D’ailleurs, puisqu’on parle du nouveau traducteur Presger… Celui-ci dévoile, au détour de certaines phrases, certaines choses assez fascinantes sur sa nature propre (visiblement très inspirée par Vernor Vinge) ou celle de ses maîtres. Pourquoi diable, alors, en avoir fait un personnage complètement loufoque, à la limite du ridicule ? Certes, son attitude participe à créer dans l’esprit du lecteur sa nature paradoxalement inhumaine (alors qu’il a forme humaine), mais pourquoi avoir grossi le trait à ce point ? Le dialogue impliquant les principaux protagonistes et antagonistes, lors de la (pré-)fin, aurait dû avoir un impact beaucoup plus considérable que cela, sans les lignes impliquant justement le (pardon, la…) traducteur, complètement décalées.

Dans le même genre, alors que nous avons droit à une conférence très intéressante sur la définition des fondamentaux d’une nouvelle nation interstellaire, pourquoi avoir parasité des dialogues qui auraient pu être fascinants par des digressions sur le thé ? C’est une véritable obsession chez l’auteure, encore pire que dans les tomes 1 et 2. Je serais d’ailleurs curieux de connaître le nombre d’occurrences du mot « thé » dans le texte, mais à vue de nez, il doit être faramineux. Bref, n’est pas David Weber (cf le cycle La couronne des esclaves et sa mise en place d’une toute nouvelle nation stellaire) qui veut…

La fin, ah, la fin ! Oui, elle explique certaines choses, oui, elle règle certaines situations, mais avec quelle platitude, seigneur… Et je ne vous parle même pas du Deus ex Machina tout droit sorti de chez Peter Hamilton, avec son personnage porteur de codes capable  de casser tous les cryptages et protections… Et ce tome était supposé apporter une conclusion « brillante » au cycle ? La conclusion, en réalité, est prévisible, artificielle et plate. Et j’ajoute que même avant les annonces par Orbit (éditeur en langue anglaise d’Ann Leckie), il était visible comme le nez au milieu de la figure que ce tome 3 n’était sans-doute pas la fin de l’histoire.

En conclusion, première partie : le tome 3

Si le tome 2 constituait une nette amélioration par rapport au tome 1, ce tome 3, en revanche, en concentre les pires défauts : plat, terriblement long à décoller (il faut attendre les 100-150 dernières pages pour avoir quelque chose d’intéressant), ajoutant un personnage loufoque à l’obsession de l’auteure pour le thé dans le registre « je casse complètement la moindre scène potentiellement intéressante ou significative », doté d’une fin prévisible et basée sur un énorme Deus ex Machina, ce livre n’est en rien la « brillante » conclusion vantée par l’éditeur.

J’ajoute que sur la forme, outre les choix de traduction très particuliers qui ne changent pas, une relecture je-m’en-foutiste fait que la lecture de ce roman tient plus du calvaire que d’autre chose.

En conclusion, seconde partie : le cycle dans son ensemble

J’ai vraiment donné sa chance à ce cycle : je fais partie des rares personnes, dans la blogosphère, à avoir non seulement achevé le tome 1 (ce qui est loin d’être le cas de tout le monde), mais aussi à avoir poursuivi la série jusqu’au bout en lisant également les tomes 2 et 3. J’ai continué à chercher à comprendre l’intérêt qui lui a été porté par une partie du lectorat anglo-saxon et par le jury d’autant de prix de SF prestigieux. J’ai essayé, dans mes critiques, de dégager les points forts (lorsqu’il y en avait) aussi bien que les points faibles.

Bref, je peux donc dire aujourd’hui la chose suivante : ne vous lancez pas dans ce cycle, il ne vaut ni le temps que vous allez passer à le lire, ni, surtout, la soixantaine d’euros que vous allez dépenser (en version physique) pour l’acquérir. Lisez les dernières critiques sur ce blog, ou celle qui la suivra, vous vous apercevrez qu’en SF, ou en littérature de l’imaginaire plus généralement, vous n’avez que l’embarras du choix en terme de lectures qui vous donneront plus de satisfaction.

La bonne SF émerveille / dépayse d’un morne quotidien, ou bien fait réfléchir. La très bonne SF fait les deux à la fois. Les chroniques du radch ne font rien de cela : trop pompée sur d’autres auteurs pour émerveiller le vieux routard, qui a déjà vu tout ça, et en mieux (chez Banks ou Le Guin, principalement), trop politisée et avec une réflexion de niveau café du commerce pour réellement interpeller l’intellect du lecteur averti, trop mal écrite et mal traduite pour passionner sur un plan littéraire, cette trilogie ne mérite ni le temps, ni l’argent que vous pourriez lui consacrer. Si vous voulez lire tout ça, mais en mieux, lisez les maîtres qui ont inspiré Ann Leckie, pas la vulgaire et médiocre copie de l’élève.

Inutile de dire que rien au monde ne m’incitera plus jamais à lire un livre rédigé par cette auteure, qu’il se place dans l’univers du Radch ou pas. J’estime être allé bien assez loin comme ça dans le fait de lui donner pleinement sa chance (ou d’être allé assez loin dans le masochisme, d’ailleurs…).

Voilà, de plus, une démonstration magistrale que l’attribution de la plupart des prix n’a plus aucune signification : j’en veux pour preuve Ann Leckie, multi-primée mais proposant des livres de SF médiocres, alors que d’autres auteurs sont régulièrement nominés, quasiment jamais primés, et proposent pourtant des romans autrement, vertigineusement, plus intéressants. Je pense particulièrement, en écrivant ces lignes, à Iain Banks, qui n’a jamais reçu le moindre prix prestigieux comme un Hugo, un Nebula ou un Locus, aussi sidérant que cela puisse paraître.

Bon, je vous laisse, je vais prendre un thé, et… mince, on m’a transformé en Ancillaire décérébré…

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle de Lutin sur Albédo, celle de Blackwolf,

Ce livre est le troisième d’une trilogie : retrouvez sur Le Culte d’Apophis les critiques du tome 1 et du tome 2.

 

 

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21 réflexions sur “La miséricorde de l’Ancillaire – Ann Leckie

  1. Oh! tu l’as bien moins apprécié que moi! Lol
    Zéiat m’a fait bien rire, ce doit être cela. Je suis d’accord que la chute tu la voies arriver au bout d’une dizaine de page. En fait, je m’en suis douté dès la discussion entre Brecq et la Vaisseau, et l’insistance sur les IA a renforcé mon sentiment sur le réglement de la situation. C’est en cela que je ne vois pas un Deus Ex machina, une grosse facilité et pas de surprise, oui.
    Pour moi, si une armada notaï était apparue, il y aurait un truc qui collait pas.

    APrès, je suis entièrement d’accord avec toi!
    tu mets donc 2 ou 3 étoiles ? (Pour moi, c’est 3,5 mais j’avoue que chaque fois que Zéiat était présent, j’ai au moins souri. alors j’ai relevé mon 3 étoiles).

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    • Ah non mais Zeiat, il est très rigolo, en lui-même. C’est quand ses dialogues loufoques cassent complètement la grande confrontation finale que je ne suis plus du tout d’accord.

      2 étoiles. Enfin, disons plutôt 2 étoiles pour la VO, et 1 pour la VF.

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      • LOL, une étoile!!! tu as lu trop de bonnes choses juste avant, moi, non. Maintenant, je me régale vraiment du coup! J’adore ta critique, même si je te trouve sévère (mais juste). LOL

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        • Honnêtement, pour un cycle qui cumule trois Locus, un Nebula, un Hugo et je ne sais plus combien de prix plus mineurs, 2 étoiles ne me semble pas une note sévère. L’accumulation de prix, l’insistance avec laquelle l’éditeur se plaît à les mettre en avant (y compris, sur la quatrième de couverture du tome 3, ceux reçus par le tome 1, cherchez l’erreur…) font que, légitimement, le lecteur s’attend à quelque chose d’extraordinaire. A partir de là, comme la réalité ne correspond pas (en tout cas pour moi, ou dans une certaine mesure, pour toi) au tableau idyllique brossé, je pense qu’une note inférieure à la moyenne est parfaitement logique. Si, pour le tome 1, j’ai arrondi les 2.5 étoiles à 3, et si le tome 2, meilleur, me semblait vraiment mériter 3 étoiles, je ne me voyais pas mettre la moyenne ou plus à ce tome 3. Pour autant, je n’ai pas voulu « punir » Ann Leckie pour les travers d’une VF dont elle n’est en rien responsable. D’où 2 étoiles pour la VO et 1 pour la VF.

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          • Je comprends entièrement ton point de vue et même ton ressenti. (j’ai même dis que je te trouvais juste). Je pense que tu as tout à fait raison, et que finalement tu rends mieux service aux potentiels et futurs lecteurs qui ne s’attendront pas ainsi à une merveille. Oui, les prix, le positionnement de l’éditeur sont à prendre en considération dans l’appréciation du roman. Convaincue, tu m’as!

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  2. J’ai lu attentivement tes critiques des trois tomes. Parfaitement étayées, comme toujours, elles m’ont convaincu de ne jamais lire cette série… mais de toute façon, rien que le « jeu » sur le masculin et le féminin était rédhibitoire pour moi, même si ça avait été un chef-d’œuvre par ailleurs.
    En revanche il y a quelque chose que j’ai du mal à comprendre. Tu insistes sur les nombreux prix reçus, et sur l’écart immense entre la qualité attendue du fait de ces récompenses et la qualité réelle… Mais pourquoi cet auteur manifestement médiocre a-t-il été multiprimé ? Qu’est-ce qui peut le justifier, d’après toi ? Si j’ai bien tout suivi, Ann Leckie sort un peu de nulle part, donc ce n’est même pas une affaire de copinage…
    (La question a peut-être été cent fois débattue sur des forums et des blogs spécialisés, désolé si c’est le cas, mais j’avoue ne suivre que de loin l’actualité de la SF)

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    • Tout d’abord, merci pour tes compliments, venant d’un auteur aussi doué que toi, ça me touche.

      En effet, la question a déjà été soulevée sur les forums spécialisés, notamment celui du Belial’. Je vais tenter de résumer ce que j’en ai retenu. Ann Leckie ne sort pas tout à fait de nulle part, elle a été le secrétaire de la SFWA, l’organisation qui attribue le prix Nebula (attention, je ne sous-entends aucun lien de cause à effet avec le fait qu’elle ait reçu ce prix, je me borne à rapporter un fait établi).

      Selon certains, le cycle répond à une demande d’une partie du public américain pour du space opera militaire mais non militariste, dans la lignée de Joe Haldeman et compagnie. Les attentes du lectorat anglo-saxon et celles du lectorat SF français étant souvent très différentes, on peut facilement concevoir qu’un livre donné fasse un carton critique / commercial / rafle tous les prix là bas, et soit descendu en flammes chez nous.
      Sur Babelio et Amazon, 50 à 55 % des avis (selon la plate-forme) ne dépassent pas les trois étoiles sur cinq, l’avis de la blogosphère a été globalement très négatif (la plupart des blogueurs, y compris ceux qui interviennent sur ce blog, n’ont pas souhaité finir le tome 1, c’est tout dire), et celui de la plupart des pros (traducteurs, etc) que j’ai vu passer ou qui a été publié (dans Bifrost, notamment) est sans appel.

      Selon d’autres, c’est le système de votes très obscur (avec des reports de voix sur plusieurs tours, la possibilité pour n’importe qui de s’inscrire et de voter moyennant finance, etc) de certains prix qui ouvre la voie au simple concours de popularité par opposition à un vrai jugement des qualités littéraires et SF du livre. Il faut savoir que par opposition aux prix à jury restreint de professionnels dont nous avons l’habitude en France, le Hugo par exemple est un prix communautaire, avec la possibilité pour des milliers de personnes de voter. Il y a donc des querelles de clocher, des effets de mode, etc. Un gimmick du tome 1 (la déconnexion sexe biologique / genre dans la narration) a aussi été très polarisant et fédérateur (pour ou bien contre) pour certains.

      En France, ce sont essentiellement les choix de traduction, le manque d’originalité (c’est du sous-Banks mâtiné d’Ursula Le Guin, en gros) et surtout la platitude de la narration et le manque de rythme qui ont été reprochés au tome 1. La liste impressionnante de prix de ce dernier, conjuguée à un certain buzz et aux retours dithyrambiques des critiques (pros, blogs, sites marchands) anglo-saxons ont fait que les ventes de ce tome 1 ont apparemment été très bonnes, du moins jusqu’à ce que le bouche-à-oreille négatif y mette un frein. Je ne connais évidemment pas les chiffres de vente des tomes suivants, mais je peux dire deux choses avec une certaine certitude :

      1/ Si je me souviens bien, dans un cycle, chaque tome perd 20 % du lectorat du tome précédent.
      2/ Je constate que le nombre de critiques sur le tome 2 est très, très nettement inférieur à celui sur le tome 1, ce qui semble indiquer un nombre d’acheteurs en très forte diminution. De plus, nombreuses sont les personnes à avoir clairement exprimé leur intention d’abandonner le cycle après la lecture (souvent partielle) du tome 1.

      Pour finir, il semblerait que les droits de cette trilogie aient été un gros risque financier, et que leur achat ne pouvait être couvert que par des volumes de ventes conséquents, assez largement supérieurs à la moyenne pour un livre de SF en France en 2016. Autant dire que si j’additionne tout ça correctement, la probabilité que le livre 4 du radch qui doit sortir aux USA en 2017 soit traduit est plutôt faible.

      J’espère avoir répondu à ta question, et surtout avoir fait part de ces hypothèses sans parti-pris, en restant le plus factuel possible.

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      • Voilà une réponse très complète, je n’en attendais pas tant !
        Différence de public entre les USA et la France + opacité des critères d’attribution des prix + édition française hasardeuse : tout cela peut effectivement expliquer beaucoup de choses. Merci pour l’éclaircissement.
        En tant que lecteur de SF occasionnel assez éloigné du fandom, je me rends compte que j’ai spontanément confiance dans les prix littéraires SF (à l’inverse des prix de littérature générale que j’ai plutôt tendance à fuir), parce que je vois au palmarès des Clarke, des Asimov, des Herbert, ou plus récemment Neil Gaiman, Vernor Vinge, Dan Simmons… bref, du sérieux, du lourd, de l’indiscutable. Mais en creusant un peu le sujet suite à ton commentaire, je commence à découvrir des trucs comme le « Puppygate » et tout ce qui s’ensuit, et là forcément, ma candeur en prend un coup.
        En fait je crois que désormais j’aurais davantage confiance dans un « Prix Apophis » que dans un Hugo ! (Même si je ne partage pas tous tes goûts, par exemple j’ai été assez déçu par le dernier Ken Liu que tu as encensé, mais au moins on est sûr que tes points de vue sont honnêtes : pas de bourrage d’urnes ou de considérations politiques au détriment de considérations littéraires !)

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        • Merci 🙂

          Le prix Apophis existe déjà 😀

          Lorsque j’ai ouvert le blog en Janvier, j’ai rédigé un petit bilan de mes lectures 2015, en attribuant trois prix : SF, Fantasy, Fantastique (si Elbakin ou le Cafard Cosmique le fait, pourquoi pas moi, hein ?). Un bilan similaire, mais étendu aux stats du blog et aux projets pour 2017, est prévu pour début Janvier prochain, avec attribution de la cuvée 2016 du prix Apophis ! Il est même probable que ce dernier soit subdivisé, avec par exemple un prix SF / Fantasy / Fantastique international(e) et un prix SF/F/F français(e).

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          • Je suis loin d’avoir exploré tout le blog, le « Prix Apophis 2015 » m’avait donc échappé.
            « L’épée brisée » me fait de l’œil depuis quelque temps, cela me confirme qu’il faut que je mette la main dessus… Et je note, pour rester dans le sujet, que le premier tome d’Ann Leckie était déjà classé en « flop retentissant » : belle abnégation que d’avoir malgré tout poursuivi jusqu’au troisième tome !

            Aimé par 1 personne

    • Je pense qu’il y a plus d’incitations à la dépense que d’économies 😀 Et je pense aussi qu’il y en aura de plus en plus, vu que je vais encore donner un tour de vis supplémentaire dans la pré-sélection des lectures, étant donné que j’ai quand-même eu pas mal de déconvenues cette année.

      Aimé par 1 personne

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