La voie du dragon – Daniel Hanover

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Le Trône de Fer rencontre The Expanse

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Ce roman est le premier d’un cycle (La dague et la fortune -car oui, malgré la couverture ci-contre, c’est le nom du cycle, pas du roman) qui en compte cinq en VO, les trois premiers ayant été traduits en français au moment où je rédige ces lignes. L’auteur ne vous évoque peut-être rien, et pourtant : c’est un des (nombreux) pseudonymes de Daniel Abraham, plus connu pour utiliser, avec Ty Franck, le pseudonyme commun de James S.A. Corey, l’auteur de The Expanse.

Mr Abraham est le scénariste des comics Game of Thrones, et il a co-écrit un roman (Le chasseur et son ombre) avec G.R.R. Martin. Vous ne serez donc pas surpris si l’univers de ce livre (ainsi qu’un des personnages principaux) présente des ressemblances avec celui du Trône de Fer. Importance passée des dragons, intrigues politiques et militaires intra- et inter-royaumes, présence de « Cités Libres », émergence d’une « nouvelle » religion très attachée à la vérité et la vertu, personnage ressemblant comme deux gouttes d’eau à Samwell Tarly, bien des choses sont là pour rappeler le cycle phare de G.R.R. Martin. Cependant, on retrouve aussi un élément typique de The Expanse : la narration. L’histoire est en effet contée du point de vue des trois personnages principaux et de trois personnages secondaires. Chaque chapitre adopte un unique point de vue, et on change de protagoniste de l’un à l’autre. Contrairement au Trône de Fer, qui adopte une narration similaire, il y a beaucoup moins de points de vue différents (sur les 47 chapitres du livre, 43 adoptent celui de seulement 4 personnages), et comme dans The Expanse, les routes des protagonistes, ou au moins leurs destins, vont finir par se croiser, s’éloigner ou se recroiser.

Alors, est-ce juste une pâle copie du Trône de Fer ou est-ce tout de même intéressant et original sur certains plans ? 

Un mot sur la genèse du cycle

Lorsqu’il a commencé à réfléchir sur le concept d’un nouveau cycle de Fantasy, l’auteur a essayé de déterminer tout ce qui caractérisait la high / heroic Fantasy, tout ce qui en faisait un genre intéressant, et a essayé de l’intégrer à la trame de son oeuvre. Il a réuni un Think Tank composé d’une demi-douzaine d’auteurs (dont Ty Franck, mais aussi G.R.R Martin, S.M. Stirling, Victor Milan -dont je critiquerai un des romans le mois prochain- et Walter John Williams, excusez du peu !), qui a passé une journée entière à disséquer les racines, les caractéristiques distinctives et les points forts du genre.

Ensuite, ayant beaucoup apprécié la démarche de J. Michael Straczynski pour la construction du background de Babylon 5, il a fait de même : il a intégré des éléments qui lui avaient plu dans ses propres lectures dans l’univers de son roman (s’il y a un Corps Psi dont un agent emblématique est appelé Bester, c’est parce que JMS a beaucoup apprécié le roman l’Homme démoli). Il ne restait plus, toujours avec l’aide de son cercle d’amis, qu’à définir les événements majeurs et à procéder à un découpage de l’intrigue sur cinq tomes, et le tour était joué.

Le nom du cycle vient de la conception de la vie d’un des personnages secondaires : selon lui, il y a deux catégories de personnes, deux façons de faire face aux problèmes dans la vie : par la guerre ou par le commerce, en ayant une dague ou une bourse à la main. D’où La dague et la fortune.

Univers

Il y a des milliers d’années, les Dragons dominaient le monde. Il y a eu une guerre, et maintenant, ce sont les treize races de l’Humanité les tauliers. « Hein, quoi ? Les treize races de l’Humanité ? », êtes-vous probablement en train de penser. Il se trouve que durant leur règne, les Dragons ont altéré les humains « de base » (les « Premiers-Nés ») afin d’en créer des variantes spécialisées, que ce soit pour la guerre, le plaisir ou le travail. D’où des « races » supplémentaires dotées de traits animaux (oreilles se dressant comme celles des chiens et pelage, défenses, yeux insectoïdes, écailles, branchies, etc) ou de caractéristiques s’écartant de la norme humaine (comme la corpulence, les traits ou la couleur de peau des Cinnae -pensez  aux Castithans dans Defiance, si vous connaissez cet univers, ou à des elfes très, très pâles, maigres et éthérés sinon-). L’hybridation est possible, et d’ailleurs, une des trois protagonistes, Cithrin, est à moitié Cinnae (tous les autres protagonistes, les deux principaux et les trois secondaires, étant Premiers-Nés).

Comme dans le Livre Malazéen des glorieux défunts, ces races ne sont jamais décrites avec précision, et c’est à vous à rassembler les bouts d’infos ou de descriptions dispersés dans le roman pour vous en faire une idée. Mais en gros, disons que nous avons plus ou moins affaire aux races classiques d’une certaine Fantasy (pseudo-elfes, pseudo-orcs, hommes-lézards, hommes-insectes, hommes-chats, hommes-poissons, etc) additionnées des races humanoïdes mais à traits d’animaux des jeux vidéos / MMORPG / mangas sud-coréens et japonais (certaines semblent sortir tout droit d’un Final Fantasy, par exemple).

Je crois bien qu’il s’agit de l’explication la plus singulière de l’origine des races humanoïdes autres que les humains depuis celle donnée dans le cycle Shannara de Terry Brooks. D’habitude, ce genre de race para-humaine ne se retrouve qu’en SF et est créée par génie génétique, on ne les voit que rarement en Fantasy, du moins pas sous la forme d’une sous-espèce mise au point artificiellement.

J’ai particulièrement apprécié la solidité de la construction économique et sociétale de l’univers: les échanges commerciaux sont bien décrits, et l’économie, le commerce et la finance ont, par l’intermédiaire du personnage de Cithrin, une place inhabituelle (pour de la Fantasy) dans l’histoire. De même, le contexte est un plaisant mélange d’éléments médiévaux-fantastiques, Renaissance et Ancien Régime au bord de la Révolution, ce qui, là encore, s’éloigne des poncifs de la Fantasy.

Convergences, divergences

L’histoire ancienne a une grande place dans le récit, comme elle l’a dans l’oeuvre de Steven Erikson. Un des personnages est passionné par cette science et fait des recherches ardues (en raison des difficultés de traduction) dans des livres anciens afin de démêler le vrai du faux, la légende de la réalité. D’anciennes batailles, sièges, rebellions ou souverains sont fréquemment évoqués, ce qui concourt à donner une impression de richesse et de profondeur dans la construction de l’univers.

Comme dans le Trône de Fer, les intrigues politiques sont omniprésentes (voir Contexte) et les Dragons ont laissé un très fort (et très mauvais) souvenir. Ils ont aussi laissé des chemins de jade (et des palais / monuments), insensibles à l’érosion et aux éléments, qui servent de routes aux treize races. Un des personnages ressemble, au moins au début de l’histoire, de façon très frappante à un de ceux de G.R.R Martin : Geder Palliako est décrit comme obèse, fils de noble mais guère intéressé par son futur titre de Vicomte, mal adapté au monde militaire dans lequel il est intégré de force, timide et effacé, et passionné par les livres traitant d’histoire ancienne. Bref, c’est Samwell Tarly. Sauf que… ce personnage va évoluer assez rapidement dans des directions très différentes par rapport à son alter-ego du Trône de Fer.

En fin de roman, on suit les manœuvres du Grand Prêtre d’une religion oubliée pour imposer celle-ci dans de nouveaux territoires. Ce culte étant très, très attaché à la vérité et à la vertu, et son expansion / adoption étant évoquée comme fulgurante dans les derniers chapitres, on ne peut, là aussi, que faire un parallèle avec le Trône de Fer.

Autre ressemblance, l’utilisation, pour la plupart des personnages (mais pas tous), de prénoms existants (Marcus, Siméon, Clara) ou à peine déformés (Jorey, Vincen ou Elisia, par exemple). Enfin, ce roman est écrit sur un ton assez réaliste, qui ne fait pas l’impasse sur les conséquences parfois horribles de certaines décisions mais sans les décrire avec les détails glauques caractéristiques du genre gritty auquel le Trône de Fer appartient (par contre, le sexe est peu présent chez Daniel Hanover, différence notable avec le cycle de G.R.R. Martin). Pour tout dire, un des personnages doit être un fan de Leodagan, vous savez, celui qui, dans Kaamelott, veut « cramer le pays » dès qu’il y a une révolte de « pécores »…

Je trouve que dans l’esprit et dans la forme (narration à points de vue multiples), la Dague et la fortune (le cycle auquel ce roman appartient) a pas mal de points communs avec The Expanse, particulièrement la cohérence et la solidité de l’univers en termes de relations économiques, diplomatiques et culturelles entre nations ou peuples différents. C’est un des gros points forts de cette série de romans SF, et je pense que c’est aussi un de ceux de ce cycle de Fantasy.

Contexte

Au début du roman, le royaume impérialiste d’Antéa (le centre de la culture et du pouvoir des Premiers-Nés) expédie une armée à la conquête de la Cité Libre de Vanaï. Cette expédition militaire fait éclater les tensions entre une Cabale de nobles réformateurs, voulant prendre le pouvoir avec l’appui du bas-peuple, et les membres les plus conservateurs de la noblesse, se rangeant aux côtés du Roi actuel (ils s’opposent à des réformes récentes impulsées par cette Cabale comme la création de conseils de fermiers, des restrictions sur l’esclavage, ou, rendez-vous compte !, sur la possibilité de coucher -ou pas- avec ses propres servantes). Le royaume d’Antéa est d’ailleurs à la traîne, puisqu’on apprend au cours du récit que les nations voisines sont bien plus engagées dans une réduction des pouvoirs de la noblesse, une augmentation des droits des autres classes sociales (dont les marchands) et même des processus permettant d’élire un roi ! Il s’agit donc d’un monde en plein changement, en transition entre deux paradigmes sociaux et politiques. On aurait pu croire que l’auteur ferait des réformateurs les « gentils » de l’histoire, pourtant ce n’est pas le cas (c’est en fait même carrément le contraire).

D’ailleurs, ce royaume (et empire) du nord, militariste et traditionaliste, est aussi raciste : les premiers-nés sont considérés comme supérieurs aux « races esclaves », qui sont méprisées et ont seulement un statut de serviteurs. Il faut dire que les premiers-nés y sont concentrés, tout comme les Cinnae sont ultra-majoritaires à Princip C’Annaldé ou les Timzinae en Elassae (par contre, ni les Tralgus, ni les Dartinae, par exemple, n’ont de pays propre). Par comparaison, le récit nous montre de nombreux autres lieux où les différentes races se trouvent en pourcentages plus équilibrés et vivent en coexistence, celle-ci allant du tout à fait naturel au tout à fait relatif (dans certaines nations, une ou plusieurs races dominent, tandis que les autres sont juste tolérées).

Le but de chaque faction (Cabale ou Conservateurs) sera de prendre la Cité pour son propre compte afin d’obtenir un avantage dans le complexe jeu d’intrigues de Cour qu’elles disputent entre elles. Les trois personnages principaux et les trois secondaires dont le point de vue sert, parfois, à assurer la narration dans certains autres chapitres, vont tous se retrouver mêlés à ces intrigues politico-militaires pour des raisons différentes :

  • Geder Palliako (personnage principal) : il fait partie de l’expédition militaire puis est un des éléments emblématiques de l’occupation. Il se retrouvera au centre de toutes les intrigues politiques et militaires, bien malgré lui au début, puis il prendra en main son des-tin ( 😉 ).
  • Cithrin (personnage principal) : pupille de la banque de Vanaï, elle est chargée de sortir une partie du trésor et les vrais livres de compte de cette dernière de la ville dans un convoi marchand avant que l’ennemi ne s’empare de la cité. Lorsque les circonstances se mettront en travers de sa route vers le siège central de la Banque Médéanne, elle adoptera des solutions très… créatives au problème.
  • Capitaine Marcus Wester (personnage principal) : cet ancien héros de guerre se charge, avec son lieutenant, de l’escorte de la dite caravane. Il ignore, au départ, ce que transporte Cithrin (qui est d’ailleurs déguisée en homme). Bien malgré lui, il commencera à éprouver une attirance qui le trouble beaucoup envers la jeune fille.
  • Dawson Kalliam (personnage pas-si-secondaire-que-ça) :  ce Grand Noble est le chef de file des conservateurs. Son fils fait partie de l’expédition militaire, et doit veiller aux intérêts du Roi et de sa famille face à la Cabale.
  • Clara Kalliam (personnage secondaire) : femme de Dawson. Son point de vue est adopté dans deux chapitres.
  • L’Apostat (personnage secondaire -du moins dans ce tome 1-) : son point de vue est adopté dans le premier et le dernier chapitre du livre. Je vais éviter d’en dire trop à son sujet, je vous laisse la surprise…

Comme vous vous en doutez, l’histoire va faire se croiser et s’éloigner les destins et les routes de ces personnages.

Personnages et intrigue

Les personnages sont aussi solides que l’univers. Ce qui ne m’empêche pas de penser que l’un d’eux est stéréotypé (Marcus, meneur d’hommes d’exception brisé par la mort de sa famille), et qu’un autre, au moins au début de l’histoire, est une copie éhontée d’un personnage secondaire du Trône de Fer (Geder). Mais peu importe, parce que tout compte fait, il y a un nombre largement suffisant de choses assez surprenantes et inhabituelles pour intéresser : Geder est certes le classique souffre-douleur qui va exercer une redoutable vengeance sur les gens responsables de ses humiliations, mais la manière dont l’auteur va lui en donner la possibilité est vraiment très astucieuse. En effet, ce n’est tant son habileté qui va lui donner les moyens d’accomplir sa vengeance que son absence d’habileté (du moins, telle que les autres la perçoivent). Cithrin elle, se révèle être un génie de la finance et du commerce, et là encore, c’est ce qu’elle ne peut pas accomplir qui va lui donner des possibilités d’action qu’elle ne possédait pas jusque là.

Il faut quand-même avouer que le but dans la vie de certains personnages est assez rafraîchissant dans le cadre d’un roman de Fantasy, genre éminemment stéréotypé : leur but n’est ni de tuer un gros monstre, ni de venger le massacre de leur famille / peuple (c’est un aspect qu’on aurait pu craindre dans le cas de Marcus, mais que l’auteur a déplacé dans le passé au moment où l’intrigue se déroule), et encore moins de lever le joug que fait peser sur les peuples libres le vilain Roi-Sorcier du pays-d’à-côté. Non, non : Cithrin veut ouvrir sa banque (citez-moi un autre livre de Fantasy où un des personnages principaux a pour unique ambition d’ouvrir ce genre d’établissement ?), et Geder veut en apprendre plus sur l’histoire du monde et comprendre le jeu politique dans lequel il a été entraîné malgré lui (le fait d’affermir sa position au sein de la noblesse et de nuire aux gens qui se sont jadis moqués de lui n’est finalement que relativement secondaire).

Il est difficile, pour le lecteur, de s’identifier à Dawson, car il défend des valeurs qui, logiquement, ne sauraient être celles d’un lecteur du 21ème siècle (droit de cuissage, par exemple), et fait preuve d’un mépris répété pour les serfs et autres paysans. Ce qui pose tout de même un problème, puisque, comme je le mentionnais, Dawson et la faction qu’il mène sont supposés être les « gentils » de l’histoire… Toutefois, le fait qu’on ne puisse pas s’identifier à lui ne le rend absolument pas inintéressant, bien au contraire, puisqu’il est au centre de toutes les intrigues de cour du roman.

Chaque personnage principal ou secondaire permet de dévoiler un pan de cet univers : l’aspect militaire pour Marcus et, dans une moindre mesure, Geder, l’aspect économique pour Cithrin, l’aspect politique pour Dawson et Geder.

J’ai apprécié la mise en avant de la troupe de comédiens itinérants, les voyageurs et saltimbanques étaient un aspect important de la vie des villes et campagnes du Moyen-Age à l’Ancien Régime, et je trouve que la Fantasy leur a finalement laissé assez peu de place (sauf chez quelques auteurs).

Style, rythme

Le rythme est… pas vraiment lent, je dirais plutôt posé. L’auteur prend le temps, posément, de décrire les bases de son univers et de l’intrigue qui s’étendra sur les 4 autres tomes (les premiers tomes d’un cycle sont rarement trépidants, de toute façon, la phase de mise en place étant incontournable). Pourtant, on ne s’ennuie pas une seconde, et on se surprend à voir défiler les pages à une vitesse impressionnante. Le style est agréable, vivant, ce qui contribue au plaisir et à la facilité de lecture. Les petits détails « qui font vrai » foisonnent, comme les fréquentes allusions aux mets typiques ou préférés de telle ou telle ville, royaume ou race.

L’auteur n’est ni dans l’épique, ni dans le spectaculaire : ce n’est pas que les combats ou les batailles soient absents, mais clairement, Daniel Hanover marque une nette préférence pour les manœuvres politiques et financières par rapport à une action militaire débridée. Dans le même ordre d’idée, il fait un usage parcimonieux d’une magie peu spectaculaire (je me demande d’ailleurs encore pourquoi la quatrième de couverture mentionne que la magie a disparu avec les dragons, au passage…), totalement à l’opposé de celle à forte puissance et grand spectacle d’œuvres telles que le Cycle Malazéen des Glorieux Défunts ou La compagnie noire.

Un mot sur l’édition

Sur la couverture (superbe), la carte (correcte), l’impression et le papier, rien à dire (sauf la bizarre inversion de taille et de place des noms du cycle et du roman). Ni sur la traduction d’ailleurs (à part peut-être sur le terme conjuraire, qui bien qu’existant, me paraît assez peu élégant : je pense qu’il y avait d’autres traductions possibles à conjurer qui auraient mieux sonné en français) . En revanche, au niveau relecture, c’est clairement insuffisant : les fautes d’accord, notamment, sont présentes un peu trop fréquemment pour qu’on puisse qualifier ça de travail fait correctement.

En conclusion

Sur des bases rappelant certains aspects du Trône de Fer (mais pas tous), Daniel Hanover, co-auteur de The Expanse, réussit, comme dans ce dernier cycle, à construire un univers et des personnages très solides et très cohérents. Le style, fluide et agréable, et la richesse des intrigues (principalement politiques et financières) font de ce roman une lecture intéressante et distrayante. Sans faire l’impasse sur un certain réalisme des sentiments et des situations, l’auteur réussit à éviter les aspects les plus durs du gritty, sang et sexe en premier lieu.

Bref, ce premier tome est vraiment prenant et pose d’excellentes bases pour la suite du cycle (dont on a vraiment, vraiment envie de connaître la suite). C’est un roman de Fantasy assez rafraîchissant, évitant bien des stéréotypes (ce qui est d’ailleurs étonnant lorsqu’on y réfléchit et qu’on connaît les circonstances de sa genèse), à commencer par une fin qui évite le procédé facile du cliffhanger (l’auteur aurait aisément pu avoir recours à ces derniers en faisant la coupure tome 1 / tome 2 un chapitre plus tôt pour Geder et Cithrin, mais il a choisi de ne pas le faire, et je l’en félicite). On apprécie aussi cet aspect « Ancien Régime-fantastique », relativement inhabituel en Fantasy (du moins dans une fantasy comprenant autant d’éléments fantastiques, comme des dragons, de la magie, et 12 races humanoïdes distinctes de l’humanité de base).

Je le recommande vivement, sauf peut-être à ceux qui recherchent quelque chose de plus épique, de plus spectaculaire (surtout niveau magie), de plus noir ou explicite, et narré sur un rythme plus trépidant. La lecture des tomes suivants est prévue dans les mois à venir, en fonction des créneaux laissés par les nombreuses nouveautés encore à paraître.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle de Daidin, celle de Blackwolf

Ce roman fait partie d’un cycle : vous pouvez retrouver sur Le Culte d’Apophis les critiques du tome 2, du tome 3

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7 réflexions sur “La voie du dragon – Daniel Hanover

  1. Encore une fois, je ne peux que saluer une critique aussi complète et agréable à lire. Cela donne vraiment une terrible envie de le lire, déjà que j’avais envie auparavant… et que je l’avais même acheté!!!
    Tu dois te dire et ?…
    et je l’ai amené en vacances dans les Alpes, à peine commencé (le personnage est en prison et pour s’en sortir doit escorter la caravane), la couverture et le résumé ont plus à ma belle-mère qui me l’a piqué ( en fait, je le lui ai donné du coup). J’avoue qu’au stade ou je l’ai lu, il n’a pas eu le temps de me marquer. Ta critique change ce point de vue. Il faut dire qu’initialement vu le background de l’auteur j’attendais une explosion en pleine figure dès les première pages.
    Habituellement, je suis quand même plus patiente.
    As-tu lu la suite ?…
    Et puis, il faut dire que ces incessantes comparaisons avec GoT finissent par être lassante. Un roman ne peut plus être apprécié pour ses qualités propres ? il faut que ce soit toujours à l’aune de GoT ? (sorry)

    Aimé par 1 personne

    • Ah je te rassure, jusqu’au point où tu l’as lu moi aussi je me posais des questions ^^ (et en fait le début du chapitre est trompeur, ce n’est pas Marcus qui est en prison mais ses soldats). C’est juste après que ça commence à devenir intéressant, en fait (comme il n’y a plus de soldats, il est obligé d’engager des comédiens itinérants pour jouer des soldats, sans qu’ils aient la moindre expérience militaire !).

      Non, je n’ai pas encore lu la suite, mais ça finira par apparaître sur la page « prochaines critiques » à un moment ou un autre (pour l’instant, j’attends que Bragelonne dévoile son programme « 10 ans, 10 romans, 10 euros » de cette année avant de boucler les programmes de mai à juillet).

      En général, je suis d’accord pour GOT (même si, en matière de gritty, GoT / Abercrombie / Glen Cook restent les références à partir desquelles on juge les autres livres), mais là, vu la relation très particulière entretenue avec G.R.R. Martin, la comparaison était inévitable (et au passage, le roman que je viens de commencer est gritty à fond la caisse, dès les premiers chapitres c’est déjà bien sanglant et bien glauque).

      D’ailleurs, message aux lecteurs du blog adeptes d’une fantasy moins « dark », pas de panique, je ne lis pas que ça, il se trouve juste qu’il y a pas mal de critiques de romans dans ce genre là qui se sont enchaînées ces temps-ci. Mais il y a de la fantasy plus « light » en approche, après le roman de Fantasy en cours et le livre SF de James Lovegrove prévu ensuite, le suivant sera Téméraire 1 de Naomi Novik. Donc ne fuyez pas ce blog ^^

      Aimé par 1 personne

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