Une forme de guerre – Iain M. Banks

Un livre du cycle de la Culture contrasté

forme_guerre

Les 8 romans du cycle de la Culture (on va mettre Inversions à part) sont largement indépendants les uns des autres. A part un cadre commun, il est extrêmement rare que l’un d’eux fasse référence aux protagonistes d’un autre (ça arrive dans les deux derniers –Les Enfers Virtuels et La Sonate Hydrogène-). Par contre, tous font au moins vaguement référence à la guerre Idirane, qui est décrite dans Une forme de guerre. Ce qui rend donc sa lecture pas vraiment indispensable, non, mais disons hautement utile. Sauf que… ce roman est, pour moi, le moins intéressant du cycle. En effet, il nous en apprend très peu sur la Culture elle-même (mais après tout, l’action est vue par les yeux de ses ennemis), et surtout, surtout, il souffre d’un très visible manque de rythme. Il est très intéressant au début, à la fin, mais entre les deux, c’est quasi-interminable, il ne se passe pas grand chose, et surtout (et c’est ça le pire), pas grand-chose de passionnant. Et c’est d’autant plus flagrant pour celui qui, comme moi, a lu l’ensemble du cycle de la Culture et même de l’oeuvre SF de Banks. En comparaison aux autres tomes du Cycle, celui-ci fait pâle figure.

Pourtant, tout ceci étant posé, ce roman ne manque pas, par ailleurs, de qualités. Ses personnages sont excellents, il nous en apprend pas mal (surtout dans sa très, très intéressante postface) sur cette guerre Idirane dont on entendra parler dans les sept autres tomes du cycle (et particulièrement dans Le sens du vent), et surtout, il nous fait comprendre pourquoi et comment une société pacifiste et non-militariste comme la culture a commencé, à cette occasion, une ascension vers des sommets de puissance martiale dont nous aurons des aperçus dans Excession, les Enfers Virtuels ou La Sonate Hydrogène. D’ailleurs, en parlant de ce dernier, Une forme de guerre est avec lui le roman présentant le plus de scènes d’action / de combat. La différence entre ces deux titres est le rythme, très bon dans La Sonate, très plat dans Une forme de guerre.

Bref, pour résumer, peut-être le roman le moins intéressant du cycle de la Culture, mais néanmoins important à lire pour l’influence que le conflit décrit aura dans la plupart des romans suivants (surtout si vous voulez lire Le sens du vent : la lecture d’Une forme de guerre, si elle n’est pas indispensable, est dans ce cas utile). De plus, ça reste un Banks, premier point, du cycle de la Culture, deuxième point, donc largement au-dessus de l’écrasante majorité de la production passée, présente et probablement à venir en matière de SF. Enfin, pour les fans de SF militariste, Une forme de guerre fait partie des livres du cycle de la Culture à conseiller, avec l’Usage des Armes, Excession et La Sonate Hydrogène.

Advertisements
Cet article a été publié dans Science-Fiction, SF Transhumaniste, Space Opera. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Une forme de guerre – Iain M. Banks

  1. Lutin dit :

    J’ai tenté de lire Banks. J’ai tenté la lecture de ce volume, car « j’entendais » et « j’entends « inlassablement des critique unanimes sur la qualité du cycle. J’ai pas du tout accroché. Quel titre ou quel ordre peut séduire ?

    J'aime

    • Apophis dit :

      C’est une question assez compliquée, en fait. Déjà, effectivement, ne pas commencer par celui-ci ou par l’Usage des armes. Pas par Une forme de guerre parce que c’est le moins bon du cycle, pas par l’Usage des armes parce qu’il est très noir (ce qui n’est pas vraiment représentatif de la grosse majorité du cycle) et parce qu’il a une structure narrative vraiment très particulière. Personnellement, je conseille l’ordre suivant : L’Homme des jeux (qui permet de se familiariser avec l’univers) –> L’usage des armes –> Une forme de guerre (si vous n’avez pas accroché au roman lui-même, lisez au moins la postface, elle parle de la guerre Idirane, qui sera ensuite évoquée dans chaque roman du cycle).
      Après ça, une façon de faire est de les lire dans l’ordre de parution français : excession –> Le sens du vent –> Trames –> Les enfers virtuels –> La sonate hydrogène. C’est particulièrement important pour 3 des 4 derniers (sauf Trames), car ils font référence à des événements / personnages d’un des opus précédents.

      Vous avez aussi une autre manière de procéder : vous pouvez lire l’homme des jeux + la postface d’Une forme de guerre, puis n’importe lequel des autres (sachant qu’il vaut mieux avoir lu Excession avant La sonate, et L’usage des armes avant Les enfers virtuels). Personnellement, je trouve l’Usage des armes excellent mais noir et exigeant en terme de lecture, Excession est le roman de SF que j’ai le plus relu (en entier ou par passages), j’ai beaucoup apprécié les Enfers Virtuels et j’ai une affection particulière pour La Sonate, vu que c’est l’ultime livre sur la culture (Banks est décédé à l’époque de sa parution française).

      Aimé par 1 personne

  2. Ping : Le dragon ne dort jamais – Glen Cook | Le culte d'Apophis

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s