L’usage des armes – Iain M. Banks

Le joyau noir du cycle de la Culture

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Des 8 livres du cycle de la Culture (on va exclure Inversions et les nouvelles), l’Usage des armes est, et de loin, le plus sombre, celui à la construction la plus difficile / exigeante, mais aussi un des meilleurs du cycle. C’est aussi celui qui possède, à mon avis, le personnage central le plus intéressant, l’anti-héros Zakalwe.

Malgré ses énormes qualités, je ne conseille pas sa lecture à un néophyte du cycle, mais seulement à quelqu’un qui a déjà pris contact avec l’univers de la Culture via un autre de ses romans (les opus étant largement indépendants les uns des autres, on peut presque les lire dans l’ordre qu’on veut -à l’exception sans doute de Le Sens du Vent, Les Enfers Virtuels ou de La Sonate Hydrogène, pour lesquels il vaut mieux avoir lu auparavant respectivement Une forme de guerre, L’usage des armes et Excession-). Ceci pour plusieurs raisons : d’abord, sa construction qui alterne chapitres dans l’ordre chronologique normal, et chapitres dans un ordre anti-chronologique, dans lesquels Zakalwe se souvient progressivement de son passé, est pour le moins déroutante. Remarquons au passage que Banks s’est servi de la même technique dans un autre roman SF (mais non rattaché à la Culture), Transition. Ensuite, ce roman est très, très noir, et son anti-héros et son ton / style extrêmement sombres, désabusés, risquent de ne pas plaire à tout le monde. Et ce d’autant plus qu’ils tranchent avec la jovialité bonhomme de la plupart des livres postérieurs de la Culture, Excession en tête. Enfin, même si on en apprend plus sur la Culture que dans Une forme de guerre, par exemple, il est clair que ce n’est pas forcément le roman d’initiation idéal pour découvrir cet univers. A ce niveau là, l’Homme des Jeux me semble bien plus adapté.

Ceci étant posé, même si la construction du roman est complexe, même si son ton est extrêmement noir, cela ne constitue pas des faiblesses pour le roman, bien au contraire. Le propos est très clair (une fois qu’on a compris l’alternance chapitres normaux / chapitres flash-back à rebours), et surtout il permet de découvrir progressivement la personnalité complexe de Zakalwe, et ce qui l’a amené à devenir l’anti-héros qu’il est dans le présent du roman. Certes, il y a un effet puzzle (quoi que moins prononcé que dans Transition), mais cela permet d’amener les révélations et de peindre le tableau de ce personnage très complexe et fascinant par petites touches, via une sorte de compte à rebours impitoyable, jusqu’aux deux énormes révélations finales.

Bref, un roman complexe (mais de fait intéressant et passionnant) dans sa structure, si noir qu’il n’est pas à mettre dans toutes les mains (mais de fait, là aussi fort intéressant et contrastant avec d’autres livres du cycle, considérablement plus light), pas idéal pour s’initier au cycle, mais un des chefs-d’oeuvre du cycle. Personnellement, je le place dans le top 3. Idéal aussi pour les amateurs d’anti-héros.

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