Accrétion – Stephen Baxter

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Une histoire incroyablement ambitieuse, la Hard SF à son zenith

accretion

Précision préliminaire mais qui a son importance : il s’agit du tome 4 du cycle des Xeelees, mais il peut se lire de façon indépendante sans problème. La preuve, je n’ai lu aucun des trois tomes précédents, et j’ai pu suivre l’histoire sans souci. En effet, quand l’auteur fait référence à des événements ou des personnages des tomes précédents, il a l’intelligence de les expliquer en détails. A la rigueur, une lecture utile peut par contre être Exultant, du cycle connexe des « Enfants de la Destinée ». Dans cet autre roman, Stephen Baxter brosse en effet, en parallèle à l’histoire principale, une histoire de l’univers et surtout des Xeelees qui peut être un plus pour la lecture d’Accrétion.

Stephen Baxter est, on le sait, un des maîtres de la Hard SF. On a l’habitude, avec lui, des échelles temporelles vertigineuses, comme dans Les Vaisseaux du temps ou dans Evolution. Personne ne s’étonnera donc si l’histoire d’Accrétion s’étend sur… 5 millions d’années. En revanche, même chez Baxter, et en tout cas dans le reste de la SF, des personnages parcourant… 150 millions d’années-lumière restent peu courants, et des races manipulant des galaxies entières et la structure de l’espace-temps sur des échelles de milliards d’années et de centaines de millions d’années-lumière, ça reste franchement peu courant. Etant gros lecteur de SF depuis une trentaine d’années, je peux dire que je n’ai vu des histoires aussi ambitieuses qu’une poignée de fois, dont une bonne partie… chez Baxter lui-même.

On pourra aussi citer Tau zero de Poul Anderson ou encore Palimpseste de Charles Stross. Toujours au chapitre références, certains passages font fortement penser à Arthur Clarke ou à Brian Aldiss dans Croisière sans escale. Pour finir, saluons le fait que Baxter ne se contente pas d’extraterrestres « en peluche » et qu’il crée des formes de vie hautement inhabituelles et élaborées, basées sur des défauts topologiques (les Xeelees) ou sur la matière noire (les oiseaux de photinos).

En plus de l’ampleur spatio-temporelle, les personnages (et par extension Baxter lui-même) n’ont vraiment peur de rien : d’un vaisseau subluminique qui va transporter un terminus de trou de ver pendant mille ans de temps de voyage propre pour créer une boucle temporelle de 5 millions d’années à une humaine uploadée afin de créer la base d’une IA qui sert de sonde pour explorer les couches profondes du soleil, on est dans de la Hard SF de très, très haute volée. Les amateurs du genre seront aux anges, tous leurs thèmes favoris (et plus encore !) sont explorés : IA, vaisseaux à générations, trous de ver, manipulations de l’espace-temps, nanotechnologie, eugénisme à la Dune, etc, c’est d’un vrai festival dont il s’agit. Pour autant, même lorsqu’il parle d’astrophysique, de cosmologie ou d’effets relativistes de pointe, Stephen Baxter sait rester assez accessible, et explique clairement les tenants et les aboutissants de la physique qui sert de base à son histoire. Il y a certes quelques passages un poil ardus (métrique de Kerr, effet Lense-Thirring, modifications de la métrique de l’espace au voisinage des cordes cosmiques), mais rien de conséquent ou de bien méchant. Sans compter que rien ne vous oblige à lire ces courts passages « techniques », vous pouvez les sauter sans que cela nuise à la compréhension de l’intrigue.

En résumé

Un vrai festival de la hard SF, une histoire d’une ampleur, d’un souffle et d’une ambition comme on en voit (trop) peu, mais qui sait rester accessible au lecteur (on reste, même dans les passages les plus ardus, nettement en-dessous de quelqu’un comme Greg Egan). Je recommande vivement, tout en sachant quand-même qu’il vaut mieux avoir une nette affinité avec la Hard-SF avant de s’attaquer à ce genre de roman.

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4 réflexions sur “Accrétion – Stephen Baxter

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  3. Merci pour ta critique et plus généralement merci d’aimer la hard SF comme ça me permet de piocher dans tes lectures pour alimenter ma PAL. Sinon le livre est une putain de tuerie ça faisait depuis janvier est la lecture d’existence de david brin que je m’étais pas éclaté autant à lire de la hard SF. Prochain rendez vous avec l’auteur avec évolution (est ce que tu la lu par hasard ?).

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