Atlas des contrées rêvées – Dominique Lanni

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Un concept intéressant, un livre bien écrit et bien illustré, une édition soignée, mais…

J’ai reçu ce livre dans le cadre de l’opération Masse Critique organisée par Babelio. Je remercie d’ailleurs ce site, ainsi que les éditions Arthaud.

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Le guide de l’uchronie – Karine Gobled / Bertrand Campeis

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Complet et pertinent sur le fond, très efficace et agréable à lire sur la forme

uchronie

Ce livre fait partie d’une collection de guides thématiques proposés par les éditions ActuSF, assez détaillés puisque se baladant en gros entre 290 et 350 pages, et consacrés aux littératures de l’imaginaire : uchronie dans le cas présent, mais aussi steampunk, Robert E. Howard, et ainsi de suite.

Les récits uchroniques sont ceux où l’histoire a pris un cours différent de celui pris dans notre monde, suite à un événement appelé Point de divergence. Même si vous ne le savez pas, vous avez probablement tous lu un livre uchronique un jour ou l’autre, ou bien vu un film / une série explorant cette thématique (ne serait-ce que la saga Retour vers le Futur ou Sliders). En France, le pape, le grand expert de l’uchronie est Eric Henriet (qui signe d’ailleurs la préface de cet ouvrage), qui a rédigé deux essais consacrés à ce thème : évidemment, la comparaison est inévitable avec ces derniers, aussi allons-nous nous en débarrasser immédiatement.

Le fond et la forme du Guide et des deux livres de Henriet sont différents : l’essai de ce dernier, notamment, tente d’être le plus exhaustif possible sur l’historique, la définition et les limites du genre. De plus, la présentation des ouvrages fondamentaux de l’uchronie est, chez lui, intégrée au corps du texte. Comme nous sommes sur le point de le voir, des choix très différents ont été effectués sur le Guide,  qui le rendent complémentaire des ouvrages de Henriet sans se substituer à lui. Pour résumer, là où l’oeuvre de ce dernier serait une « encyclopédie » de « 1000 » pages, ultra-complète mais ultra-dense, le Guide est une sorte de « guide du routard uchronique », plus court, mieux ciblé, et surtout beaucoup plus pratique à utiliser.  Lire la suite

What if ? 1 & 2 – Robert Cowley

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D’éminents historiens, principalement militaires, imaginent ce qui aurait pu, ou même dû, être

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D’habitude, ce blog parle uniquement de SFFF et pas d’une de mes passions, à savoir l’histoire, principalement militaire. Mais il se trouve que deux livres, publiés sous la direction de Robert Cowley, sont au carrefour de celle-ci et de l’uchronie, ce qui fait qu’ils ont parfaitement leur place en ces lieux. Mr Cowley, lui-même historien militaire (spécialisé dans les conflits américains et européens s’étendant de la Guerre de Sécession à la Seconde Guerre Mondiale) et fondateur de MHQ, un magazine d’Histoire militaire primé, a convaincu certains de ses collègues (et pas des moindres, comme nous allons le voir) d’imaginer ce qui aurait pu se passer si tel événement historique ne s’était pas déroulé de la même façon, ce qui, par définition, constitue une uchronie.

Par souci de simplicité, j’ai décidé de vous présenter les deux ouvrages au sein d’une seule et même critique. Lire la suite

Gilgamesh, roi d’Ourouk – Robert Silverberg

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Une étonnante réécriture d’un des plus anciens textes au monde

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Robert Silverberg est un des géants de la SF, auteur de romans et nouvelliste très prolifique et titulaire de quatre prix Hugo (le plus prestigieux du genre), trois Locus et six Nebula, excusez du peu !

Ce roman, initialement publié en 1984, est en fait une réécriture (nous développerons plus loin) du plus ancien texte épique au monde (27ème siècle avant J-C !), l’Épopée de Gilgamesh, qui, mille ans avant les douze travaux d’Héraclès, narre ceux du roi Sumérien du même nom. L’auteur comble les blancs du texte antique (il fait du prologue de ce dernier une partie de plus de 100 pages) et change la fin pour que ceux qui connaissent la légende soient tout de même un minimum surpris, mais fondamentalement, c’est la même chose, sous une forme romancée.

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Nuits Cristallines – Greg Egan

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Une nouvelle très abordable de Greg Egan sur le thème de l’intelligence artificielle

nuits_cristallinesLorsque je qualifie cette nouvelle de « très abordable », je pense bien entendu à l’aspect hard-SF habituellement très prononcé dans l’oeuvre d’Egan, mais pas seulement : en effet, l’éditeur Le Belial’ vous propose ce texte, initialement paru dans le numéro 79 de sa revue Bifrost, gratuitement jusqu’à la fin février. Que vous soyez fan d’Egan, comme votre serviteur, ou que vous souhaitiez découvrir son oeuvre, c’est une occasion que vous ne pouvez manquer sous aucun prétexte. J’en profite pour saluer l’initiative de  l’éditeur, qui pratique régulièrement ce genre d’opération.

Mais revenons à nos moutons : je vais partir du principe que vous ne connaissez pas Egan, mais que vous en avez entendu parler : il a la réputation d’être un écrivain de Hard-SF très intéressant, pour ne pas dire visionnaire, mais difficile à lire pour qui n’est pas aussi au fait que lui des avancées à la pointe de la pointe de la pointe des progrès scientifiques. De plus, il a aussi la réputation de sacrifier les personnages et parfois l’intrigue au profit de l’idée scientifique qui sert de squelette à son histoire. En clair, il est plus science que fiction. Enfin, il est globalement (du moins, c’est mon ressenti) plus à l’aise et plus intéressant dans un format court (nouvelle ou novella / roman court) que long (roman). Lire la suite

Les Tombeaux d’Atuan – Ursula Le Guin

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Une digne suite du Sorcier de Terremer, aussi profonde, mais adoptant un surprenant point de vue

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Ce second tome du cycle de Terremer est, à mon avis, la digne suite du premier. C’est un roman comme les éditeurs n’en ont plus sorti jusqu’à une date récente (par exemple avec la collection Une heure-lumière proposée par Le Belial’), c’est-à-dire de moins de 160 pages. Aujourd’hui, on appellerait plutôt ça une novella (terme anglo-saxon, désignant un texte dont la longueur le place entre la nouvelle et le roman) ou un « roman court » (désignation française). Lorsque je l’ai acheté, en 91, les petits livres de Fantasy et de SF de ce type étaient nombreux, chez Moorcock par exemple. De nos jours, ils ne sont que rarement vendus séparément s’ils appartiennent à un cycle, mais plutôt sous forme d’intégrale réunissant une partie significative, voire la totalité, du dit cycle.

Si je parle de la longueur de ce tome 2, ce n’est pas par hasard. En général, on s’attend à ce qu’avec aussi peu de pages, le rythme soit soutenu. Après tout, il faut raconter toute l’histoire en moins de 160 pages. Ce n’est pas réellement le cas ici. Oui, l’histoire a un début, un milieu et une fin, mais non, le rythme n’est pas soutenu. Il y a une certaine accélération vers la pré-fin, on va dire (à part les derniers chapitres), mais rien de réellement trépidant, sauf sur un chapitre peut-être.

Non, en fait, s’il y a aussi peu de pages, c’est que, comme à son habitude, Ursula Le Guin ne donne pas dans l’inutile, ne tire pas à la ligne. Et pourtant, le rythme est très lent au début, et il ne se passe pas grand-chose de trépidant, on décrit essentiellement l’ennuyeuse vie quotidienne du protagoniste. Ce qui pourrait venir contredire le début de ce paragraphe, mais ne le fait pas : le but n’est pas d’électriser le lecteur, d’accrocher son attention, le but est d’installer une atmosphère, ce qui est très différent. D’installer une atmosphère ? « Eh, mais on la connaît l’atmosphère de Terremer, on sait tout de Ged, on a lu le tome 1 ! » devez-vous vous dire. Sauf que… Lire la suite

Anno Dracula – Kim Newman

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Un roman sur le thème du vampire qui… vampirise d’innombrables autres œuvres et le temps du lecteur

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Avant-propos : la littérature vampirique et moi, ou :  bienvenue dans The No-Twilight Zone

Propos liminaire : je ne dénigre en aucun cas les goûts des fans de Twilight ou de Bit-Lit, ni les goûts des lectrices de tel ou tel âge (je ne fais pas de sexisme ou dans le côté vieux con conservateur),  j’estime que tout ressenti (le mien ou le leur) est légitime car personnel. J’exprime simplement mon sentiment, mon opinion, je ne la présente pas comme une vérité absolue. N’hésitez pas à passer cet avant-propos pour aller directement vers la critique du livre, mais il me paraît cependant important pour expliquer dans quel état d’esprit je l’ai abordé.

Je suis ce que l’on pourrait appeler un traditionaliste, voire un ultra-conservateur en matière de littérature Vampirique. Pour moi, un ou une vampire est un Prince de la Nuit, un symbole de terreur, de séduction, de classe et de mort, pas un personnage transparent tant il est inintéressant, se baladant impunément en plein soleil, ne saignant que les animaux parce qu’il est « vampiro-vegan, tu voooois, quoooi » et faisant du détournement de mineure un peu paumée.

Vous l’aurez compris, la simple mention de Twilight me fait entrer dans un certain état d’inconfort. Pour moi, lorsqu’on veut écrire une histoire de vampire, on fait du vampire, c’est-à-dire 1/ qu’on essaye de respecter au-minimum les caractéristiques fondamentales de cette créature (ou bien qu’on a une solide explication pour expliquer l’absence ou la perversion de cette caractéristique) et 2/ qu’on tente de respecter l’esprit des romans fondateurs. Appeler son personnage un vampire alors qu’il ne correspond pas à une (voire deux, si on prend en compte le fait de s’en prendre ou pas aux humains) des caractéristiques déterminantes de la créature, ce n’est pas faire de la littérature vampirique, c’est essayer de donner à son héros un semblant de super-pouvoir dans un roman à but essentiellement sentimental taillé pour l’adolescente ou la « young-adult » (une désignation qui me paraît plus un concept marketing qu’une réalité, et à laquelle je n’adhère pas : pour moi, il y a la littérature jeunesse et la littérature adulte, des lecteurs ados et des lecteurs adultes, point).

Car oui, la littérature et les séries TV de ces 15-20 dernières années ont eu une forte propension à faire du bellâtre devant lequel l’héroïne, forcément adolescente, tombe en pâmoison un être à la fois mystérieux (une variante extrême du brun ténébreux) et doté de capacités hors-normes, une sorte de super-quarterback quoi. De Roswell à Buffy, du vampire à l’extraterrestre, les exemples ne manquent pas. Pour revenir à Twilight, les deux acteurs principaux des adaptations ciné, des géants… en matière d’inexpressivité, pâlots et insipides, au charisme proche de celui d’une amibe ne m’ont certainement pas aidé à changer d’avis.

Je ne reproche pas à Twilight d’avoir cherché l’originalité en matière de vampire, plutôt de dénaturer la créature et le genre. Peter Watts par exemple a créé des vampires très originaux dans Vision Aveugle / Echopraxie. La différence entre Watts et Stephenie Meyer, c’est la richesse des livres de l’un sur tous les plans (personnages, intrigue, écriture, solidité de l’univers) et la pauvreté, en comparaison, des livres de l’autre (ou en comparaison des livres de Rice, Brite, etc).

Désolé pour ce long plaidoyer, mais il me paraissait important et honnête d’expliquer quel état d’esprit était le mien avant de commencer ce roman : bien qu’Anno Dracula date de 1992, depuis Twilight et la Bit-Lit, je suis extrêmement méfiant (et c’est un euphémisme) devant tout roman estampillé « vampire », surtout lorsqu’il est précédé d’une réputation aussi unanimement positive (les avis consensuels éveillent ma méfiance). Ce roman allait-il être à la hauteur de celui de Bram Stoker et de ceux de Anne Rice ? Voici la réponse. Lire la suite