Le nom du vent – Patrick Rothfuss

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Improbable mais incroyable !

nom_du_ventLe nom du vent est le premier roman de l’auteur américain Patrick Rothfuss, ainsi que le tome inaugural d’une trilogie, Chronique du tueur de roi (et pour une fois, on est certain qu’elle ne se transformera pas en « trilogie en cinq volumes », pour des raisons que je vais vous expliquer plus loin). Il s’agit en fait du début de l’autobiographie de Kvothe, un aventurier, magicien et musicien légendaire devenu aubergiste (si, si). Il fait son récit à un scribe surnommé Chroniqueur, sur trois jours, chacune de ces journées correspondant à un des romans de la trilogie (vous comprenez donc pourquoi il est impossible d’étendre le nombre de volumes, comme c’est devenu l’énervante habitude ces derniers temps. Par contre, nous avons déjà eu droit à un spin-off, La musique du silence). Les tomes 1 et 2 sont d’ores et déjà parus (et traduits), tandis que le troisième se fait désirer.

Ce roman est précédé d’une grosse réputation. Malgré le fait que le palmarès de Patrick Rothfuss reste pour l’instant modeste en terme de prix littéraires prestigieux, son livre a eu un impact assez considérable. Cette aura est-elle justifiée ? Mais carrément, oui ! Lire la suite

The A(pophis)-Files – épisode 2 : le vaisseau spatial – véhicule, symbole, décor, élément d’intrigue… personnage !

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afiles_3Deuxième épisode de la série des A-Files, ces articles de fond consacrés aux grandes thématiques et aux objets ou créatures emblématiques de la Fantasy et de la Science-Fiction ! Nous poursuivons aujourd’hui l’exploration du thème du voyage spatial, commencée dans l’épisode inaugural. Après avoir parlé des modes de déplacement (plus rapide ou plus lent que la lumière), nous allons cette fois aborder l’objet en-lui même : le vaisseau. Je fais d’ailleurs un petit aparté : en SF (ou plutôt en Science-Fantasy), un astronef n’est pas toujours nécessaire à un déplacement interplanétaire ou interstellaire, car il existe parfois des pouvoirs psychiques permettant à un humain ou un extraterrestre de se déplacer à volonté dans l’espace, par la seule force de son esprit. On pourra penser, par exemple, au diptyque Endymion de Dan Simmons ou à une mini-série de SF récente dont je vais taire le nom histoire de ne pas dévoiler le coup de théâtre final !

Ceci étant posé, nous allons aborder l’objet dans toutes ses dimensions : de simple véhicule ou de symbole à décor, d’élément d’intrigue à… personnage (si, si). Attachez vos ceintures, l’U.S.S Apophis décolle sans plus tarder ! Au passage, vous pouvez retrouver tous les anciens épisodes des A-Files via cette page. Lire la suite

Gagner la guerre – Jean-Philippe Jaworski

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La guerre n’est pas gagnée… enfin pas tout à fait ! 

gagner_la_guerre_jaworskiAvec ce livre, je me retrouve dans une situation inhabituelle. Le credo du Culte d’Apophis, c’est d’être à la pointe, c’est-à-dire de vous proposer des critiques des nouveautés en VF alors que l’encre n’a pas encore fini de sécher, de vous faire découvrir la vraie actualité de la Fantasy (et de la SF) en VO (en allant largement au-delà des sentiers battus et des auteurs bankables, hein), et de vous faire redécouvrir de bons livres oubliés pour une raison x ou y. Bref, il ne consiste pas à vous proposer une recension sur un livre qu’en gros, 90 à 95 % d’entre vous auront déjà lu. Mais bon, vu qu’il y a de la demande (beaucoup), et que pour comprendre ses 12789 épigones, il faut lire le maître (au passage, je saisis mieux, par exemple, un point précis croisé chez Gregory Da Rosa)… Bref, ceci est ma critique de Gagner la guerre, de J.P. Jaworski.

Alors je ne vais pas vous le cacher (et certains d’entre vous l’ont d’ailleurs bien senti), j’y suis vraiment allé à reculons (pour résumer en deux mots à ceux qui ne sont pas des habitués de ce blog : je suis nettement plus adepte de l’écriture directe, efficace, fonctionnelle, caractéristique de la plupart des auteurs anglo-saxons de Fantasy), mais, comme toujours, l’esprit ouvert, sans jugements préconçus et en toute impartialité. Au final, si j’ai pris du plaisir à lire ce livre (et beaucoup plus que je ne l’aurais cru), je ne le qualifierai pas pour autant de chef-d’oeuvre, et ne lui décernerai pas la distinction (enviée, si, si) de (roman) Culte d’Apophis. Il est « juste » très bon (c’est du 4 étoiles, pas 5, quoi). Mais laissez-moi vous expliquer pourquoi et comment j’en suis venu à cette conclusion. Lire la suite

L’œil d’Apophis – Numéro 4

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Eye_of_ApophisQuatrième numéro de la série d’articles l’œil d’Apophis (car rien n’échappe à…) ! Je vous en rappelle le principe : il s’agit d’une courte présentation (pas une critique complète) de romans qui, pour une raison ou une autre, sont passés « sous le radar » des amateurs de SFFF, qui ont été sous-estimés, mal promus par leur éditeur, ont été noyés dans une grosse vague de nouveautés, font partie de sous-genres mal-aimés et pas du tout dans l’air du temps, et j’en passe. Chaque numéro vous présente trois romans : il s’agit aujourd’hui de BIOS de Robert Charles Wilson, Les chroniques des crépusculaires de Mathieu Gaborit (eh oui, un peu de Fantasy dans cette série d’articles, pour une fois !), et Vision aveugle de Peter Watts. Certains d’entre vous seront peut-être étonnés de voir ce dernier titre dans cette liste, vu qu’il s’agit probablement d’un des plus grands-chefs d’oeuvre de la SF (au moins récente). Mais il se trouve que si les vieux loups de mer connaissent évidemment ce livre, ce n’est pas forcément le cas des gens qui lisent un peu de science-fiction par-ci, par-là, mais n’ont pas obligatoirement conscience des romans à lire ab-so-lu-ment.

Au passage, je rappelle que les anciens numéros de l’œil d’Apophis sont disponibles via ce tag. Lire la suite

Blackwing – Ed McDonald

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Pour un roman aussi sombre et lugubre, c’est paradoxalement vraiment brillant !

blackwing_ed_mcdonaldEd McDonald est un auteur anglais, dont Blackwing est à la fois le premier roman et le tome d’ouverture d’un cycle appelé Raven’s Mark (les livres paraîtront à raison d’un par an). Comme nombre de sorties anglo-saxonnes récentes, il se place aux avant-postes des nouvelles formes émergentes de la Fantasy dont je vous parlais dans cet article. Armes à feu, technologie dépassant le stade médiéval, aspect post-apocalyptique, Blackwing est tout à fait dans l’air du temps, surtout si on considère le puissant aspect grimdark (c’est d’ailleurs sous cette étiquette là qu’il est vendu) très à la mode depuis l’émergence du Trône de fer. A ceci près qu’ici, l’inspiration est plus à chercher du côté de Glen Cook, de la guerre froide, de la Première Guerre mondiale et de Joe Abercrombie, voire Daniel Polansky, que chez G.R.R. Martin.

Malgré tout, il ne faudrait surtout pas réduire la prose d’Ed McDonald à ces prestigieuses références : oui, il y a de nombreux points communs avec ses inspirateurs, mais l’auteur a aussi créé un monde et une atmosphère uniques. Pour une première oeuvre, le résultat impressionne franchement, tant le style, les codes et l’intrigue sont maîtrisés. C’est donc avec une réelle impatience que je vais attendre la sortie du tome suivant du cycle !  Lire la suite

Rapprochement à gisement constant – H. Paul Honsinger

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C’est bourré de maladresses, mais qu’est-ce que c’est bien !

honsinger_2Rapprochement à gisement constant est le second tome de la trilogie De haut bord, après Cœurs d’acier, et… Comment ? Oui, c’est son vrai titre. Non, ce n’est pas une blague (en tout cas pas de ma part, même si après le Libration de Becky Chambers -oui, Libration, et pas Libération-, on peut se poser la question de l’existence d’un concours humoristique chez l’Atalante, du genre « le titre le plus improbable »). Oui, ce n’est pas très vendeur, en effet. Non, ça n’a rien à voir avec le titre original (For honor we stand). Vous dites ? Ça vous évoque plus un classeur thématique de process techniques dans une usine sidérurgique moldave qu’une grande aventure spatiale ? Je ne sais pas, je vous laisse la responsabilité de vos propos…

Bon, trêve de plaisanterie. Avant d’entrer dans le vif du sujet, signalons la splendide couverture signée Gene Mollica (c’est le même génie artistique qui a signé celles de la trilogie des Poudremages, qui sont pour moi un chef-d’oeuvre absolu d’expressivité du personnage représenté). Si je devais résumer mon sentiment sur ce roman (et ce n’est pas facile) en une phrase, je dirais qu’il est à la fois très maladroitement écrit par moments, et globalement absolument passionnant. Paradoxal, non ? Mais voyons tout cela plus en détails ! Lire la suite

The A(pophis)-Files – épisode 1 : Plus rapide que la lumière (ou pas)

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afiles_3Avec cet premier épisode, nous inaugurons la série des A-Files, des articles de fond consacrés aux grandes thématiques et aux objets ou créatures emblématiques de la Fantasy et de la Science-Fiction. Et quoi de plus représentatif de cette dernière (à l’exception de certains de ses sous-genres ou courants, mais nous y reviendrons) que le voyage dans l’espace ? Il était donc logique que ce thème fasse l’objet du premier article. Sauf que… il y a tellement de choses à dire que j’ai décidé de scinder cette thématique en plusieurs épisodes : celui d’aujourd’hui sera consacré au déplacement spatial (à la base supraluminique, avec un mot sur l’infraluminique), et un prochain article (pas forcément le suivant, histoire d’alterner un peu avec autre chose) sera consacré aux vaisseaux eux-mêmes (sans compter un article spécial sur les « arches » stellaires).

La thématique de l’exploration spatiale est très profondément ancrée dans la science-fiction, surtout celle des origines. Elle est indissociable du Space Opera de l’âge d’or, et n’entame un recul (net mais temporaire) qu’avec l’arrivée de la Nouvelle Vague de la SF dans les années 60. Pourtant, dès les années 80, les contextes multi-planétaires redeviennent habituels, avec l’émergence du Nouveau Space Opera.

Aujourd’hui, si les modes de déplacement supraluminiques (plus rapides que la lumière) sont la norme en SF, il reste quelques irréductibles, en Hard-SF ou en SF d’Anticipation, qui tentent de décrire des astronefs respectant les limitations édictées par Einstein et les lois physiques telles qu’elles sont actuellement comprises. Ce sont ces différents modes que nous allons aujourd’hui décrire, sans nous attacher aux vaisseaux eux-mêmes (ce qui sera fait ultérieurement).  Lire la suite